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Investir

Les placements : éditoriaux

Nos experts vous racontent les actualités. Qu'est-ce que l'avenir nous réserve, comment votre argent peut-il vous rapporter plus, les placements sont-ils sûrs ? Ici, vous pouvez lire la vision honnête de nos experts qui se focalisent chaque jour sur les placements.
 

La courbe de Laffer, la solution à toutes les questions économiques ? (août 2010)

Bart Depaemelaere

L’économie et le comportement humain.

L’économie et la bourse sont stimulées en grande partie par une analyse numérique des entreprises : combien de ventes, combien de bénéfices, combien d’engagements…
Tous ces chiffres sont convertis en de beaux ratios, qui sont utilisés par les économes et les analystes. Plus ces informations sont correctes, mieux ils pourront estimer si un produit ou service est marqué d’un prix trop élevé ou trop bas. Cependant, un nombre d’éléments « émotionnels » n’est pas pris en considération. On tente de quantifier également ce type de tendances et de l’incorporer dans les évaluations, comme celles sur la confiance des consommateurs et des producteurs.

Le comportement humain reste néanmoins difficile à prévoir. Pour cette raison, il est parfois utile de cataloguer les personnes en fonction de leur position dans le processus économique afin d’expliquer leur comportement. Quelques exemples de ces catégories de personnes sont les consommateurs, les investisseurs, les travailleurs, etc. Ainsi, chaque personne exerce plusieurs rôles en même temps et réagit différemment à d’autres circonstances en fonction de ces rôles. Un exemple : une entreprise licencie 10 % de ses travailleurs. En tant que travailleurs, nous y réagissons de manière très négative. L’entreprise qui nous avait fourni un emploi et un revenu a cessé de le faire. Par contre, en tant qu’investisseurs, nous y réagissons de manière positive : en diminuant ses dépenses, l’entreprise prévoit des bénéfices plus élevés (ou une perte moins importante). Pour l’investisseur, cette décision a des conséquences positives. Cela devient évidemment plus complexe quand cet investisseur est également un travailleur.

L’économie aujourd’hui

Nous constatons que les entreprises exercent actuellement plus d’activités à la suite du redressement économique. Le chômage aux É.-U. et celui en Europe restent néanmoins à un niveau très élevé. La croissance des activités découle dès lors d’une augmentation manifeste de la productivité. En d’autres termes : ce sont surtout les investisseurs qui bénéficient des meilleurs résultats. Le produit afflue principalement vers eux et n’est pas transformé en emplois supplémentaires.

Pourquoi ou comment devrions-nous en tenir compte ? 

La réponse à cette question nous amène à la courbe de Laffer. Selon cette courbe, un taux d’imposition de 0 % ne rapportera rien à l’État (0 % d’une somme considérable est toujours égal à 0). Un taux d’imposition de 100 % ne lui rapportera rien non plus, parce que personne ne veut que le produit de son travail ou de ses investissements revienne intégralement à l’État.

Laffercurve FR

Il faut donc un partage équilibré entre tous les agents économiques (les fournisseurs de capital, les
fournisseurs de travail et l’État) pour réaliser une croissance économique maximale. Tout comme il faut partager de manière équitable les bénéfices des entreprises entre les investisseurs et les travailleurs. Notre position actuelle sur la courbe de Laffer risque de ne pas être optimale.

Aujourd’hui, il y a un déséquilibre en faveur de l'investisseur et donc au détriment du travailleur. Ce déséquilibre procède du fait qu’une entreprise a besoin de deux facteurs de production : le capital et le travail. Le prix de chacun de ces facteurs est déterminé sur le marché. 

Le prix du travail est déterminé sous la forme de salaires. S’il y a un nombre important de demandeurs d’emploi (chômage élevé) et qu’il y a une demande limitée de travailleurs, il est évident que le prix du travail sera (relativement) faible. Dans ce cas, les travailleurs n’auront pas une grande marge de négociation.

Le prix du capital est déterminé par les investisseurs et se situe actuellement à un niveau très élevé. Les investisseurs veulent donc s’attendre à des rendements très élevés avant qu’ils soient prêts à investir. Les rapports cours-bénéfice et les primes de risque sur actions que nous observons actuellement sont comparables à ceux enregistrés au sommet de la crise en 2008. Les prévisions économiques sont beaucoup plus positives. La base fondamentale de notre système est également beaucoup plus stable. Malgré tout cela, les investisseurs ne sont souvent pas prêts à investir sur la bourse.

La courbe de Laffer nous aidera peut-être à en trouver la cause. Si la prise de risques n’est pas pénalisée (taux d’imposition de 0 %), tout le monde prendra des risques, comme en témoignent certaines pratiques de ces dernières années dans le secteur financier. Par contre, si la prise de risques est trop lourdement taxée (100 %), personne ne prendra des risques. Cette taxation est relative. En raison de l'intervention de l'État, les investisseurs ont considéré les placements sur les comptes d’épargne et les comptes à terme comme des placements sans risque. À la suite de la protection promise par l’État en cas de faillite d’une institution, les investisseurs ont reçu une prestation (relativement) élevée pour retirer de l’argent de la circulation. Après quelque temps, cela n’a pas manqué d’intriguer les marchés financiers qui se sont interrogés sur la situation financière de certains États. Paradoxalement, l’illusion de la sécurité des comptes d’épargne est restée intacte. Les placements dans les entreprises étaient par contre considérés comme des placements très risqués, malgré les prévisions plus optimistes.

Il en est résulté un climat dans lequel on prêtait beaucoup d’attention à un nombre de signaux négatifs (à court terme). Un taux d’épargne plus élevé, une consommation plus faible et moins de placements. Par conséquent, la demande des produits des entreprises a diminué et ces entreprises ont disposé de moins de capital.

Les solutions possibles

Comment l’État peut-il réagir ? Et voilà que nous reprenons la courbe de Laffer. Il n’est plus nécessaire de démontrer que le travail est trop lourdement taxé. Ainsi, une diminution du taux d’imposition entraînera même des recettes plus élevées pour l’État. La consommation doit être stimulée, mais il faut également mettre du capital à la disposition des entreprises. Un signal en ce sens pourrait être la limitation de mesures d’économie dans la région septentrionale de l’Europe. Si ce signal est combiné avec une baisse du taux de la BCE et des mesures quantitatives, cela nous permettrait de revitaliser notre économie. 

Une autre solution éventuelle à long terme consiste en la diminution de l’impôt sur la consommation et en l’introduction d’un impôt basé plutôt sur les biens que sur le rendement. Dans ce cas, les propriétaires seraient obligés de chercher un rendement correct en guise de compensation. Ainsi, les impôts peuvent obliger les investisseurs à quitter leur fauteuil et à activer leur patrimoine. Ceci est cependant bien plus qu’une question économique et doit faire l’objet d’un large débat social.

À court terme, nous pouvons donc uniquement constater que la prise de risques (en matière d’actions) est toujours très bien récompensée. Une allocation supplémentaire dans votre portefeuille, dans une bonne proportion, avec une diversification optimale et une mesure de protection appropriée pourrait s’avérer très intéressante. Le marché commence cependant à se montrer attentif à la nécessité de capital d’exploitation et au prix à payer.


Gezond Beleggen V2 FR 

Ci-après, vous trouverez un aperçu de tous les éditoriaux précédents. Ainsi, vous pouvez comparer nos visions du passé avec la situation actuelle. Vous constaterez que les placements auprès d'Argenta sont des investissements sûrs.

Éditoriaux 2010

  • L’eau et les investissements, une combinaison gagnante ? (août 2010)
    Bart Depaemelaere

    Quels thèmes vous intéressent en tant qu’investisseur ? Chez Argenta, nous suivons de près les évolutions les plus récentes, dont l’attention accrue pour la disponibilité d’eau propre.

    Nous nous levons le matin et nous ouvrons le robinet. Conséquence : de l’eau se met à couler. Nous nous brossons les dents, prenons une douche, buvons une tasse de thé puis, avant de partir au travail, nous mettons vite du linge dans la machine à laver. Nous trouvons tout cela normal. Nous ne nous y attardons pas. Ainsi, nous consommons chaque jour des dizaines de litres d’eau potable.

    Cependant, nous ne sommes pas seuls au monde. De plus en plus de personnes consomment de plus en plus d’eau. La demande d’eau augmente. Par conséquent, la quantité disponible d’eau potable devra également augmenter. Est-ce possible ? Comment notre économie peut-elle répondre à cette demande ? Comment pouvez-vous y réagir en tant qu’investisseur ?

    La population mondiale croissante entraîne une augmentation de la demande d’eau.

    Saviez-vous que la population mondiale a doublé depuis les années 50 du siècle dernier ? Les Nations Unies prévoient que d’ici 2020, nous compterons 7,8 milliards de personnes et que vers 2050, nous serons même 9 milliards !

    Dans la pratique, nous ne ressentons actuellement aucun manque d’eau. Pourtant, de plus en plus souvent, l’eau est appelée « l’or bleu », et ce à juste titre.

    Quelques chiffres.

    • Le volume total sur terre est de 1,4 milliard de km3, dont seulement 35 millions de km3 représentent des sources d’eau douce (potable). Ceci veut dire que seulement 2,5 % du volume total est constitué d’eau douce
    • Par ailleurs, la quantité d’eau potable n’est même pas entièrement accessible. Près de 70 % de la quantité d’eau potable est présente sous forme de glace ou de neiges éternelles dans des zones de montagne, en Antarctique ou dans des régions arctiques. 
    • De plus, les activités de l’homme mettent notre planète sous une pression importante. L’histoire nous apprend qu’il existe un lien étroit entre le développement économique et le développement des sources d’eau.

    Plus la population mondiale augmente, plus la consommation d’eau augmente. D’un point de vue démographique, nous devrons puiser davantage dans ces réserves. Nous devons faire des efforts pour rendre l’eau disponible, comme c’est le cas également pour les autres matières premières. Pensons aux processus d'épuration ou de dessalement. Ce qui la rend différente des autres matières premières comme le pétrole, c’est que l’eau est un élément irremplaçable.

    La prospérité croissante entraîne une augmentation de la consommation d’eau.

    Les pays occidentaux connaissent un gaspillage énorme, les États-Unis occupant la première place. Près de 8 % de la population mondiale vit en Amérique du  Nord. Ces 8 % consomment 20 % de la consommation mondiale d’eau. En Occident, nous gaspillons de plus en plus d’eau, également suite à l’attention accrue pour l’hygiène. L'augmentation du nombre de lave-vaisselle entraîne également une augmentation énorme de la consommation d'eau. Mais il existe de nombreux autres exemples. 

    Saviez-vous qu'en actionnant la chasse d’eau, vous consommez plus d’eau que l’Africain moyen pendant une journée pour cuisiner, nettoyer, se laver et boire ? Les Nations Unies estiment que chaque personne a besoin de 20 à 50 litres d’eau par jour pour subvenir à ses besoins de base tels que boire, faire la cuisine et nettoyer. Dans la pratique, cependant, notre consommation est bien supérieure, car nous ne la consommons pas de manière durable.

    Ces dix dernières années, nous constatons une nette croissance de la prospérité dans des régions situées en dehors de l’Europe et des États-Unis. La Chine en est un exemple éloquent. Cependant, en Amérique latine, une classe moyenne commence également à se former. Ce phénomène est comparable à ce qui s’est passé en Europe après la Seconde Guerre Mondiale. Tout comme ce fut le cas dans les pays occidentaux, ce phénomène entraîne un changement des besoins et des modes de consommation, y compris la consommation d’eau. Non seulement chez les particuliers, mais également dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie, la demande d’eau augmente. Cette évolution menace de devenir un point névralgique pour les économies en développement.

    Comment pouvons-nous y répondre ?

    Les pays occidentaux commencent à prendre conscience de la valeur de l’eau. Ainsi, les autorités stimulent la consommation d’eaux pluviales et essaient de sensibiliser le public à l’impact écologique de la consommation d’eau. À la lumière de la consommation croissante, ces initiatives ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer. Il est incontestable que nous devons apprendre à consommer l’eau d’une manière plus durable.
    D’un autre côté, malgré tous ces efforts, les évolutions démographiques et économiques sont de nature à augmenter la consommation d’eau, notamment en raison des activités supplémentaires des entreprises attirées par ces économies suite à la demande croissante.

    L’augmentation de la demande d’eau entraîne également des activités économiques greffées sur ce phénomène. Il s’agit des activités d’entreprises qui sont chargées de l’épuration et de la distribution d’eau. Elles remplacent et entretiennent les systèmes existants en Occident. Dans les économies en développement, comme la Chine et le Brésil, elles disposent d’un marché en expansion pour leurs activités. L’expansion permet le profit, ce qui vous offre des opportunités en tant qu’investisseur.

    Vous pouvez créer une plus-value à long terme, en investissant dans les entreprises qui :

    1. sont chargées de la distribution d’eau 
    2. produisent des équipements (tels que des canalisations)
      En Occident, ces canalisations doivent être remplacées d’urgence. En Amérique par exemple, un quart des canalisations datent d’il y a plus de 100 ans. Dans les décennies à venir, de nombreux investissements devront avoir lieu. En même temps, dans les pays émergents, ces infrastructures doivent encore être construites entièrement. 
    3. améliorent la qualité de l’eau et la durabilité
      (purification, filtres autonettoyants, irrigation…) 
    4. sont chargées du contrôle de l’eau
      (Par exemple : mesures, collecte et traitement de données pour obtenir une idée de la consommation)

    Outre la naissance de nouvelles économies, le vieillissement de la population et la mondialisation, la disponibilité limitée de l’eau nous placera dans les années à venir devant un nombre de défis importants. Pour vous, investisseur, ces évolutions représentent des opportunités.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Fragmigration (juin 2010)
    Bart DepaemelaereLe soleil se lève à l’est... Mais le pays du soleil levant n’est plus le Japon. Du moins, pas sur le plan économique. Aujourd’hui, les marchés mondiaux regardent la Chine avec envie. Pour les Bourses, la réévaluation de la monnaie chinoise, le Yuan, longtemps attendue, semble être le premier rayon de soleil d’une nouvelle journée. Pourquoi ceci exerce-t-il un impact sur vous ?

    Une grande partie de l’agitation sur les marchés économiques est imputée à l’augmentation démesurée des taux d’endettement des États. Cependant, tous les pays n’ont pas des problèmes. Bien au contraire. Nous constatons actuellement une grande différence entre l’ouest (États-Unis, zone euro) et les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine. Alors que les économies développées accumulent les dettes et semblent prendre du retard face aux pays émergents sur le plan de la croissance économique, les deux sont plus étroitement liés qu’on ne pourrait le penser de prime abord. 

    Capitalisme
    En économie, nous distinguons deux facteurs de production : travail et capital. Depuis la révolution industrielle, nous constatons que le capital joue un rôle de plus en plus important dans le processus économique. Aussi, le 20e siècle peut être appelé à juste titre le « siècle du capitalisme ». En dépit du test qu’il subit actuellement, il s’agit du seul modèle ayant résisté. Même les pays défenseurs des autres systèmes (la Chine, la Russie,...) se sont maintenant convertis.

    Pourtant, le capitalisme n’est pas le même partout. En Russie, l’argent et le pouvoir sont absolus et leur utilisation ne connaît pas de limites. Le résultat est une société qui connaît des contrastes importants. L’évolution du communisme vers le capitalisme a créé une petite classe sociale supérieure. Pour la grande masse, on ne constatait que peu de progrès. En Chine, nous parlons de « capitalisme d'État » dans lequel la « main invisible » du capitalisme est guidée par Pékin, surtout sur le plan des exportations. L’économie chinoise est accusée de viser uniquement une exportation maximale pour se constituer de grandes réserves de valeurs et de métaux nobles. Cette manière de penser date du 17e siècle. À l’époque, la richesse d’un pays était assimilée à la richesse de l’État. Celle-ci était mesurée sur la base de la taille des réserves de cet État. Il en résulte cependant que la richesse reste limitée aux pouvoirs publics et ne parvient pas suffisamment à la population. Le résultat semble donc être que la Chine est riche sans que le Chinois le soit nécessairement.

    À l’ouest, on assimile, suite à notre système démocratique, la richesse d’un pays à la richesse de ses habitants. L’utilisation générale du produit national brut par habitant pour mesurer la richesse en est un exemple clair. Il en résulte cependant qu’en Europe et aux États-Unis, nous obtenons une individualisation de la richesse et (surtout en Europe) une collectivisation des dettes. Dans de nombreux pays européens, les dettes des autorités publiques se trouvent chez les habitants. Ainsi, le créancier le plus important de l’État belge est… le Belge.

    Déséquilibres
    La conséquence majeure est l’apparition de déséquilibres importants. Ainsi, la Chine devient petit à petit ‘l’usine’ du monde où tout est fabriqué. L’ouest appelle la Chine à penser davantage à sa propre population. Autrement dit : non seulement produire plus, mais aussi consommer plus. Aujourd’hui, la relation entre la Chine et l’ouest est comparable à celle d’un toxicomane avec son dealer. L’Europe et les États-Unis ne cessent de demander de nouvelles doses. Cependant, la Chine ne peut plus s’arrêter non plus car elle dépend du flux de revenus de l’ouest pour maintenir le niveau de sa croissance. La seule solution consiste à organiser une demande interne en Chine, pour diminuer la dépendance vis-à-vis de l’ouest.

    Récemment, le marché financier s’est cependant posé des questions quant à la crédibilité du toxicomane. Bizarrement, les doutes sont les plus importants du côté de l’ouest. Les Européens se posent des questions quant à la capacité de remboursement de leurs autorités.

    Quelles sont les solutions ?
    En cas d’activité économique égale, la conséquence douloureuse est que les autorités pourront faire moins pour leurs habitants et devront économiser et prélever de nouveaux impôts. L’Allemagne essaie de faire ceci en stimulant surtout les exportations. Elle veut profiter ainsi de la toxicomanie des États-Unis, mais les pays voisins devront également en faire les frais. Ainsi, le toxicomane devient lui-même dealer. Mais il ne s’agit pas d’une solution à long terme. De cette manière, tout est réglé en fonction de cette économie toxicomane, qui, par hasard, est la plus grande du monde. Ce système n’apporte pas des solutions saines. En augmentant le déséquilibre, on augmente également le risque de chocs futurs.

    Ce fantôme noir est-il totalement inévitable ? Une autre solution en Europe pourrait consister à suivre nous-mêmes l’avis que nous donnons à la Chine, c’est -à-dire stimuler la demande intérieure. Aujourd'hui, nous avons un taux d'épargne de 20% : de l'argent qui n’est pas utilisé pour consommer ou investir et qui est donc économiquement inactif. Ainsi, nous tirons un cinquième de l’argent de l’économie. Le capital est extrêmement peu taxé en Europe. C’est surtout le travail qui est taxé. Cet élément pourrait expliquer en partie pourquoi le redressement économique ne s’est pas traduit (surtout en Europe) par une création d’emplois.  La clé se situe entièrement du côté du consommateur européen, qui ne consomme ni n’investit...

    Vous remarquerez sans doute la complexité de la situation économique actuelle. Il y a 20 ans, les orientations étaient claires : capitalisme face au communisme. Aujourd’hui, le monde est nettement plus complexe. Si l’Europe souhaite sortir de l’impasse, certains États membres devront réorganiser en partie les finances publiques, mais s’attaquer également à la problématique du vieillissement de la population.
    Ainsi, nous devrons générer de la valeur économique pendant plus longtemps, ce qui peut vouloir dire que nous devrons travailler plus longtemps. Cependant, trop souvent, ces analyses s’arrêtent uniquement au facteur de production travail et ignorent l'immense richesse que possèdent les ménages. Il en résulte que nous devrons faire travailler davantage notre capital pour nous. Investir sainement constitue une réponse.   

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Vous partez en vacances. Qu’en est-il de votre argent ? (mai 2010)
    Bart Depaemelaere

    Les vacances approchent. Pour beaucoup d’entre nous, une période de calme s’annonce, dans une vie pour le reste agitée. La possibilité de reprendre haleine… Vos investissements s’apaiseront-ils également au cours de cette période ?
    Actuellement, les marchés sont encore très nerveux. En effet, les cours ont quasiment l’aspect des montagnes russes. Depuis deux ans, les hausses et les baisses se sont succédé à grande vitesse. Beaucoup d’argent a été gagné et perdu. Les deux facteurs qui essaient de l’emporter sans cesse l’un sur l’autre sont la crainte et la convoitise.
    Résumons la question : nous avons eu d’abord, de 2003 à 2007, une période de calme, de croissance économique constante et de prospérité croissante. En 2007, il s’est avéré pourtant que cette prospérité, qui semblait accessible à tous, était basée en partie sur des dettes. Les dettes peuvent certes avoir leur utilité. (Nous y reviendrons.) Cependant, les dettes se trouvaient de manière excessive dans une catégorie précise (subprime). Ainsi, elles ont donné lieu à une petite crise de l’immobilier. Les prix ont chuté de 10 à 15 %.
    Où se situait le problème ? Une génération entière de banquiers avaient basé leurs bénéfices sur ces dettes et avaient spéculé avec de l'argent emprunté. Cependant, les banques constituent la pierre angulaire de notre système économique. Une faillite de ces joueurs (ou d’un trop grand nombre d’entre eux) aurait signifié la fin du système capitaliste. C’est pourquoi les seules instances capables d’intervenir sont intervenues : les gouvernements. Ceci a mené dans un premier temps à un redressement clair. Aujourd’hui, cependant, les marchés financiers se demandent à juste titre comment les gouvernements vont rembourser cet argent.

    En particulier la Grèce arrive ici au premier plan. Les autorités grecques ont une dette de plus de 100 % du PNB. L’évolution est cependant encore plus alarmante. Aujourd’hui, le gouvernement grec dépense chaque année 9 % de trop. Par ailleurs, 40 % du PNB grec est composé de dépenses publiques. Par conséquent, la Grèce a reçu de la zone euro une ‘ligne de vie’ : crédit temporaire. Il est clair, cependant, que les Grecs devront fournir de gros efforts pour fondamentalement remettre de l’ordre dans leur administration. Une attitude telle que celle de Guy Mathot (ancien homme politique wallon) – « si la dette publique s’est construite toute seule, elle disparaîtra de la même façon » – ne suffira donc pas. Les Grecs, et dans une moindre mesure le Portugal, l’Espagne et l’Italie, pourront dépenser (épargner) moins dans les années à venir et devront chercher davantage de revenus (impôts).
    L’attitude de l’Allemagne dans ce contexte est cependant très radicale. Les nouvelles normes budgétaires pour les Bundesländer sont particulièrement strictes : pas de déficits. Au niveau national, seul un déficit maximal de 3 % est autorisé. Ces mesures draconiennes sont basées sur la crainte historique d’une hyperinflation (comme ce fut le cas entre les 2 guerres mondiales). Nous risquons cependant de jeter le bébé avec l’eau du bain. Une dette peut également être positive. Par exemple, les crédits hypothécaires permettent aux ménages d’utiliser dès aujourd’hui leurs recettes futures pour l’achat d’une maison, au lieu de devoir louer d’abord pendant 15 ans. La suppression complète des dettes publiques pourrait entraîner également d’autres problèmes. En effet, comment investir sans risques en l’absence d’obligations publiques allemandes ? Comment mesurer le risque sans cet instrument ? Par ailleurs, l’État est l’employeur le plus important et souvent un des consommateurs les plus grands du pays. Trop restreindre celui-ci constitue dès lors une solution particulièrement radicale.     

    Le fait d’empêcher les autorités d’intervenir sur les circonstances économiques, c’est ignorer en partie les leçons de John M. Keynes, qui affirmait que le rôle de l’État est justement d'aplanir les creux les plus profonds et d'écrêter les sommets les plus hauts pour limiter l'effet des variations de la conjoncture économique sur les habitants du pays. Les dépenses liées aux plans de redressement se ressentiront seulement pendant les années à venir. La crainte d’une diminution de la croissance économique en raison des dettes pourrait facilement être résolue (partiellement) grâce aux investissements réalisés. L’histoire nous apprend que l’effet des infrastructures supplémentaires, des engagements etc. n’est visible dans sa totalité qu’au bout de quelques années (effet multiplicateur). Or, dans le passé, des dépenses supplémentaires étaient effectuées uniquement dans les périodes de basse conjoncture. Pour bon nombre de raisons, il était beaucoup plus difficile d’épargner. Aujourd’hui, nous devons nous pencher à nouveau sur le rôle que nous souhaitons octroyer à l’État sur le plan économique.

    Devons-nous nous inquiéter sur notre propre pays la Belgique ? La Belgique possède une dette publique de plus de 100 %. De plus, notre budget n'est pas en équilibre et ne le sera probablement pas dans les 5 années à venir. La Belgique est-elle la Grèce à la Mer du Nord, comme l'affirme Thomas Leysen, président de la FEB ? Dans ce cas, la question qu’il faut se poser est : « Qui sont les autorités ? » La réponse est vous et moi. Nos possessions se portent garantes des obligations contractées par nos autorités.
    Mais quel est le rapport entre ces deux éléments ? De ce point de vue, la différence est frappante : notre dette (importante) ne représente pas même un tiers de nos possessions. Aussi, son remboursement à terme n’est pas remis en cause. Par ailleurs, le Belge dispose toujours d’un taux d’épargne de 20 %. Nos possessions continuent d’augmenter fortement, tandis que l’État belge peut présenter un solde primaire (la différence entre les dépenses et les revenus avant paiement des intérêts) positif, ce qui signifie, en soi, que notre dette diminue. Pour cette raison, la Belgique continue actuellement, en dépit de sa montagne de dettes, à servir d’exemple sur le plan financier international. En termes simples : la Grèce devrait se comporter davantage comme la Belgique. Vous pouvez donc, sans crainte, être fiers d’être Belges.

    Ensemble, la Grèce et l’Allemagne ne représentent qu’un petit rouage dans le paysage économique, même s’ils sont symptomatiques de l’analyse du rôle de l’État. N’oublions cependant pas les autres États. La Chine, dont le gouvernement essaie d’éviter une surchauffe de l’économie, se stabilise actuellement sur un chemin de croissance particulièrement élevé. Les entreprises ont profité de la période écoulée pour dégraisser et sont aujourd’hui en très bonne santé, prêtes à profiter du redressement économique, qui est cependant plus lent. Les taux sont actuellement particulièrement bas, ce qui permet aux entreprises d’emprunter plus facilement et incite les gens à consommer. Aujourd’hui, de très nombreux indicateurs économiques sont au vert. Nous n’attendons plus que les températures grecques !  

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Thèmes d’avenir (mai 2010)

    Danny ReweghsObtenir un rendement supérieur à la moyenne implique désormais d’opérer des choix précis.

    L’an dernier, tous les actifs se sont appréciés : toutes les actions, tous les secteurs, tous les thèmes d’investissement ont repris des couleurs après une chute brutale, elle aussi, généralisée. Le rétablissement global étant arrivé à son terme, il s’agit à présent d’opérer des choix très précis pour continuer à engranger des gains en bourse. Nous avons dressé la liste des thèmes porteurs pour l’avenir :

    Émergence et développementd’une classe moyenne dans les pays en croissance :  depuis 1990, la population mondiale a augmenté de 27 %. Plus impressionnant encore : le revenu mondial a bondi lui de 68 %. En raison, principalement, de l’apparition et du développement de classes moyennes dans les pays émergents. En Chine, le revenu des habitants tout en haut de l’échelle (les premiers 10 %) a déjà été multiplié par 40 depuis 1985. Tendance plus fondamentale : en Asie, les classes moyennes grossissent chaque année de plusieurs millions d’individus.

    Matières premières : dans un précédent numéro, nous avions souligné que la montée en puissance des pays émergents allait de pair avec une hausse considérable de la consommation de matières premières. La Chine y joue un rôle prépondérant. La demande mondiale d’aluminium, de zinc, de cuivre, de nickel, etc. est déterminée, dans une proportion de 40 à 50 % par les besoins de l’Empire du Milieu. Ces matières premières sont destinées à alimenter les investissements colossaux en infrastructures (routes, ponts, etc.), en bâtiments (de nouvelles villes entières sortent de terre) et en usines.

    Agriculture : l’émergence de classes moyennes dans les pays émergents a conduit à une hausse de la consommation de viande de 60 % depuis 1990. En outre, la population mondiale s’accroît chaque année de 75 millions d’âmes. Autant de bouches supplémentaires à nourrir. À l’horizon 2050, il faudra alimenter 9 milliards d’êtres humains. L’augmentation de la superficie des terres cultivables ne suit pas cette progression exponentielle. Elle n’a augmenté que de 12 % au cours des deux dernières décennies. Et le rendement par hectare n’a progressé de 1,3 % au cours des dix dernières années. Ce dernier devrait toutefois s’accroître annuellement de 2,5 % au cours de la prochaine décennie. Mais cela ne sera possible qu’en développant de meilleurs engrais, semences, machines agricoles, produits phytosanitaires, etc.

    Énergie (alternative) : l’année 2009 s’était singularisée par une baisse de la demande de pétrole. Grande Récession oblige. Cette parenthèse est déjà bien refermée. Cette année, la tendance à la hausse de la demande de pétrole a repris son cours. Les prévisions font état d’une hausse annuelle de 1,2 à 1,4 million de barils par jour. Problème : les principaux champs pétroliers, découverts et exploités depuis les années 1960 et 1970, commencent à voir leur production diminuer : l’on prévoit une baisse annuelle de 5 %. Pour découvrir de nouveaux gisements de pétrole et de gaz, des investissements gigantesques sont nécessaires. Or, en raison de la crise, les investissements en exploration ont reculé de 22 % l’an dernier. Ce qui rend plus difficile le renouvellement des réserves. Toujours est-il que le pétrole et le gaz ne pourront pas, à eux seuls, résoudre l’équation des futurs besoins énergétiques de la planète. Il faudra innover à une grande échelle dans le domaine de l’énergie solaire, de l’éolien, de la biomasse, du biocarburant, etc. L’énergie alternative présente également un potentiel de croissance considérable.

    Vieillissement : aujourd’hui, la population mondiale de 6,5 milliards d’êtres humains ne compte « que » 700 millions de personnes âgées de plus de 60 ans. Mais, à l’horizon 2050, cette tranche d’âge en comptera 2 milliards. Les plus de 60 ans dépensent quatre fois plus en médicaments que les jeunes. En outre, ils veulent profiter de leur temps libre. Ainsi, par exemple, la croissance explosive du marché des croisières est due au vieillissement de la population. On peut également citer le thème des maisons de repos : un marché en croissance et le seul dans le secteur immobilier à ne pas avoir été touché par la crise.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’horloge d’investissement : savez-vous à quoi vous en tenir ? (mai 2010)

    Bart DepaemelaereCher investisseur, savez-vous quelle heure il est ?

    Certaines phases de la culture économique impliquent d’autres choix d’investissement. Votre portefeuille est-il bien en phase avec la situation macroéconomique actuelle ?

    Le concept de l’investment clock date de l’année 1937. C’est probablement un des indicateurs les plus connus de la situation de l’économie, la direction probable que suivront les taux, les biens immobiliers et les marchés des actions. L’horloge d’investissement représente les mouvements cycliques de ces marchés dans les cycles à long terme (environ dix ans) et peut ainsi fournir une compréhension pratique du climat d’investissement.

    Que dit l’horloge d’investissement ? Qu’il existe une relation entre la situation économique et certaines classes d’actifs. Dans certaines périodes (qui reviennent toujours), nous prévoyons une outperformance relative de certaines classes comme les liquidités, les actions, les matières premières et l’immobilier. Ce n’est cependant pas un instrument de timing exact, mais plutôt un instrument indiquant dans quel ordre nous pouvons nous attendre à l’outperformance. Par conséquent, il démontre plutôt les tendances, ce qui peut être de très grande valeur. Ainsi, en consultant l’horloge, nous savons quand nous devons déplacer l’accent d’un moyen à un autre, sans perdant de vue notre diversification.

    Un exemple : dans la plupart des cas, le cycle actionnaire est suivi d’une augmentation dans le cycle immobilier, qui est à son tour suivi d’un cycle à rendement fixe, etc.

    Nous pouvons distinguer 4 phases différentes dans un cycle économique :

    Column De investeringsklok (05-2010) - afbeelding 1 

    Voici la représentation en forme d’horloge :

    Column De investeringsklok (05-2010) - afbeelding 2

    Dans chaque cycle, nous pouvons également distinguer plusieurs secteurs qui devraient réaliser une meilleure performance que celle d’autres secteurs. Par exemple dans un cycle à la baisse, les actions de valeur réaliseront une performance (relativement) supérieure à celle des actions de croissance et certains secteurs comme le pharma seront plus intéressants que l’industrie de base. Et vice versa dans une phase à la hausse.

    Lorsque nous consultons l’horloge aujourd’hui, la plupart des économistes situent la situation actuelle entre 6 et 9 heures, en fonction de leur estimation. Cette période correspond à la phase du redressement économique. Quels secteurs réalisent la meilleure performance dans la 2e phase d’un redressement économique ?
    En règle générale, on considère que ce sont les secteurs de l’énergie, l’infrastructure, l’agriculture et les matières premières.
    Il peut donc être très intéressant d’y investir. Les semaines prochaines, nous prêterons une attention particulière à chacun de ces quatre secteurs. 

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’union fait la force (mai 2010)

    Stefan DuchateauLe fait que l’union monétaire européenne serait testée était inévitable et pas nécessairement négatif. En effet, il s’agit d’une zone monétaire réunissant un groupe de pays qui présentent une grande interactivité ou des échanges intracommunautaires importants et de grandes ressemblances du point de vue de leurs objectifs économiques et tentent de les réaliser au moyen d’une politique économique commune. On suppose ici de manière sous-jacente que les pays participants réagiront de manière quelque peu symétrique face aux chocs externes et pourront exploiter ainsi le principe « l’union fait la force » pour pouvoir mieux se défendre dans un environnement économique négatif. Ces pays sont admis au sein d’une telle union où l’on s’attend effectivement, sur la base de critères objectifs, à ce qu’ils réagissent aux chocs externes avec la même discipline et sur la base d’une structure similaire.

    Ces conditions constituaient les « critères de Maastricht », historiquement sévères. À ces conditions d’adhésion venait s’ajouter un pacte de stabilité qui devait veiller au respect, dans le futur, de la discipline budgétaire initiale par les pays participants individuels.

    En l’occurrence, le plus discipliné de tous les participants (l’Allemagne) était le premier à s’écarter, pour des raisons temporaires, conjoncturelles, des limites budgétaires imposées, et ce à la suite de la crise financière qui avait causé un tsunami d’une ampleur inconnue, qui pouvait être intercepté le plus efficacement en absorbant les pertes bancaires par un déficit public croissant : sans doute la seule alternative à ce moment-là, mais moins appropriée aux pays qui avaient déjà connu un examen d’entrée difficile à Maastricht en raison de leurs problèmes structurels internes et de leurs problèmes budgétaires permanents.

    On peut en effet soulever le fait que ces pays avaient passé leurs examens d’entrée avec très peu de brio (et avaient appliqué déjà des opérations comptables contestables sous l’œil du surveillant européen).
    Le raisonnement était cependant qu’au bout d’un certain temps, les avantages de la monnaie unifiée supprimeraient ce handicap – ce qui s’est passé effectivement au cours de la décennie écoulée pour la Grèce, le Portugal etc... avec une impulsion de croissance européenne importante, des taux d’intérêt et une inflation faibles et des améliorations de la production sensées contribuer à l’amélioration de la structure économique. Quoi qu’il en soit, ces avantages l’emportent sur les inconvénients, y compris l’actuel test décisif du système dans sa totalité.

    Cependant, l’onde de choc financière était telle que les maillons les plus faibles du système se sont trouvés confrontés à une forte pression.
    Mais soyons clairs : sans l’euro, des pays tels que la Grèce, le Portugal et sans doute aussi l’Irlande se seraient non seulement trouvés au bord du précipice mais auraient déjà chuté dans les profondeurs.

    Cependant, ce dernier scénario n’est pas obligé de se produire. En dépit de la situation extrêmement inquiétante du budget grec, une solution économique et financière peut être élaborée assez rapidement, à condition qu’on le veuille réellement au niveau européen : un prêt jumbo de la BEI, un paquet de mesures strictes permettant d’éviter les déraillements futurs, un mini Plan Marshall pour compenser les effets secondaires les plus graves et quelques mesures énergiques pour acheter massivement les obligations d’État grecques et créer ainsi un fond pour la chute du cours.

    D’un point de vue politique, les choses sont cependant nettement moins évidentes. La BCE pourrait en effet créer un précédent de sorte que les pays qui rencontrent des problèmes refusent de prendre des mesures structurelles (fassent des économies importantes) parce qu’ils ont la certitude que l’union monétaire européenne se chargera du problème. Toute l’union monétaire risque cependant d’être menacée à terme.
    Ceci explique bien entendu le comportement à première vue obstiné de la BCE et les propos presque arrogants de son président, qui semble ignorer le problème.

    Semble ...
    La BCE (hypothèse bien réfléchie) utilise la force de l’adversaire à son avantage, le message implicite étant « Spéculateurs et alarmistes, réunissez-vous contre la Grèce », de sorte que la BCE puisse obliger l’État grec à prendre des mesures poussées pour dégraisser son appareil d’État inefficace, remettre le budget sur la bonne piste et rendre l’économie grecque plus efficiente. La situation est telle que même les syndicats doivent se réaliser que les grèves et protestations sont vaines.

    Il s’agit bien sûr d’un jeu de poker et bluff que seuls les marchés financiers peuvent jouer avec conviction sans sourciller, sachant que quelques achats bien ciblés d’obligations d’État peuvent causer de lourdes pertes aux spéculateurs.

    D’où l’attitude ce Trichet : une faillite de la Grèce ne constitue pas une option et pour le reste aucun commentaire. La monnaie européenne sera sauvée mais nous n’allons pas à la chasse avec la fanfare en tête et nous souhaitons profiter de la situation pour indiquer que nous souhaitons un retour aux fondements sains de l’euro : la discipline budgétaire et l’efficience dans l’appareil de production.

    Il est clair entre-temps que la BCE veut jouer le jeu jusqu’à l’extrême, mais des mesures irréalistes telles que celles qui ont été décrétées la semaine dernière, ne sont pas non plus utiles aux marchés financiers.

    La crainte d’une extension d’une telle crise n’est jamais très loin. Remarquons toutefois que lors des crises monétaires antérieures telles qu’en Asie, on attirait l’attention sur le risque de contamination, mais ceci ne s’avérait pas être le cas en réalité : uniquement si les pays concernés avaient les mêmes problèmes systématiques et structurels, la crise monétaire frappait dans toute son ampleur. Si tel n’était pas le cas, les spéculateurs se sont vite concentrés sur une autre cible au bout d’une période d’essai.

    Il existe cependant des pays qui ont des problèmes semblables à ceux de la Grèce, tels que le Portugal, mais dans un ordre de grandeur moins important.
    La problématique en Espagne et en Irlande est moins comparable. Les deux pays sont surtout touchés par la crise immobilière. L’Espagne tant sur le plan de l’emploi que sur le plan des pertes financières, l’Irlande surtout en raison du recul des prix, qui se ressent par un effet de levier dans toute l’économie. Cependant, tant l’ordre de grandeur du déficit budgétaire que les dettes publiques peuvent être qualifiés de problème grave mais résoluble qui laisse les différences de taux avec l’Allemagne augmenter sans prendre une proportion dramatique.

    Une spéculation éventuelle contre la dette publique belge semble peu réfléchie. En effet, cette dette est dans une large mesure interne, tandis que le budget belge pourrait même présenter un excédent primaire.
    Le fait que l’économie belge soit confronté de manière disproportionnelle au risque bancaire entraîne le taux sur la dette publique belge vers un niveau plus élevé par rapport au taux allemand – comme ce fut d’ailleurs le cas pendant une période relativement courte en 2009.

    Indéniablement, la BCE fera tout pour que l’union monétaire reste intacte et elle dispose pour cela d’un arsenal considérable. Le moment où cet arsenal doit être utilisé est essentiellement une considération politique, qui dépend du degré d’acceptation des mesures budgétaires draconiennes en Grèce et du degré d’acceptation de l’électorat allemand.

    Les marchés financiers détestent ce genre de considérations politiques et présentent dès lors une grande nervosité, si bien que l’acceptation politique des mesures imposées n’en devient que plus acceptable.

    C’est exactement ce que la BCE désire ...
    Entre-temps, nous nous trouvons à la veille d’un week-end avec des élections importantes, une réunion du G-7, de nombreuses concertations politiques internes et des marchés financiers fermés de manière à pouvoir examiner des mesures sans conséquences financières immédiates.

    Conclusion : le problème grec peut – moyennant les efforts requis – être résolu, mais il faut veiller à ne pas porter atteinte aux fondements d’un euro sain. Une réaction anticipée pourrait être aussi néfaste qu’une réaction tardive.
    La volatilité actuelle sur les marchés reflète ce jeu exaspérant entre la BCE, les diverses autorités et les marchés financiers.

    Il serait irréfléchi de parler déjà d’une période d’achat favorable, mais il est tout aussi inutile de conclure à une réaction de panique. Pour ce qui est des émissions en cours pour les obligations structurées, ceci constitue même un avantage puisque les cours sont maintenant fixés à un niveau inférieur, ce qui engendre donc un potentiel de hausse plus important.
    Attendons de voir ce que le week-end nous réserve. En effet, trop d’options peuvent s’appliquer pour ne pas pouvoir conclure à un problème résoluble.
    L’affaire se corse en tout cas.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Vive l’inflation ! (avril 2010)

    Bart Depaemelaere

    L’inflation est un concept souvent mal compris des investisseurs et des épargnants, mais surtout des consommateurs. Comme certains économistes s’y réfèrent avec inquiétude, il est tout de même intéressant d’examiner quels en sont les dangers potentiels. Une augmentation de l’inflation constitue-t-elle une menace pour le redressement économique ?

    Qu’est-ce que l’inflation ?
    L’inflation est le processus par lequel tout devient plus cher. Un produit qui coûtait 100 hier, coûte 102 l’année suivante. Ceci veut donc dire qu’avec la même somme d’argent, nous pouvont acheter davantage aujourd’hui que demain. Ceci nous incite donc à dépenser notre argent maintenant et à ne pas le mettre de côté. Par conséquent, nous devons toujours comparer l’inflation au taux d’intérêt que nous touchons pour notre argent, pour savoir combien nous pourrons réellement acheter en plus si nous mettons notre argent de côté pendant un an.
    Ainsi, un taux d’intérêt de 5% en présence d’une inflation de 3% revient au même qu’un taux de 2% avec une inflation de 0%.

    D’où vient l’inflation ?
    L’inflation a deux causes principales : elle peut être ‘cost-push’ (inflation par les coûts de production) ou ‘demand-pull’ (inflation par la demande). L’inflation ‘cost-push’ est essentiellement le processus par lequel le prix augmente suite à une augmentation du prix de ses composantes (les matières premières, mais aussi le travail ou le taux par exemple). Cette inflation est souvent appelée ‘inflation importée’. Un exemple en est l’augmentation du prix des spaghettis suite à l’augmentation du prix du blé. L’inflation ‘demand-pull’ résulte du simple jeude l’offre et de la demande. L’offre est incapable de suivre (temporairement) l’augmentation de la demande, ce qui entraîne une augmentation du prix.

    D’où vient la peur de l’inflation ?
    Dans les années 30, l’inflation a connu une augmentation galopante, entraînant une augmentation ultrarapide des prix. Des personnes venant acheter du pain en poussant des brouettes remplies d’argent en sont un exemple connu. Un autre exemple est la fixation du prix avant le repas dans les restaurants. Ces images ont traumatisé la Bundesbank, le prédécesseur de notre BCE (Banque centrale européenne). L’objectif centrale de la BCE est de garder le controle sur l’inflation. Aussi, les chances d’un déraillement de l’inflation sont minimes en Europe.

    Que se passe-t-il sans inflation ?
    Une inflation trop forte est négative, mais qu’advient-il sans inflation ? L’économie japonaise a connu une période de 12 années avec une inflation quasi nulle. La conséquence en était que tout restait au mêm prix ou devenait moins cher . Ceci semble être un bienfait en soi, mais entraîne un report de tous les achats : pourquoi acheter aujourd’hui si le prix peut être inférieur demain ? De ce fait, la demande de biens a diminué, les entreprises japonaises se sont mises à produire moins et ont licencié des travailleurs pour faire diminuer les coûts. Face à cette incertitude, les Japonais se sont mis à dépenser encore moins... un cercle vicieux. 

    Situation actuelle
    Aujourd’hui, nous assistons pour la première fois à une nouvelle augmentation de l’inflation depuis 2008. Nous devons nous poser les questions suivantes : d’où vient cette inflation et celle-ci constitue-t-elle une menace pour le redressement économique ? L’inflation actuelle résulte essentiellement de l’augmentation du prix des matières premières. Les entreprises ont encore suffisamment de capacité pour augmenter l’offre. Qui plus est, le terme de crise est souvent utilisé à tort ou à raison ou utilisé abusivement pour diminuer les coûts. L’ambiance de crise fait que l’opposition de la part des syndicats ou des travailleurs est faible.
    Ainsi, de nombreuses entreprises ont pu dégraisser fortement ces dernières années est sont devenues nettement plus productives. Les marges bénéficiaires ont ainsi pu être maintenues et même augmentées. Dès lors, de nombreuses sociétés sont en meilleure forme actuellement qu’il y a 2 ou 3 ans.
    Mais l’augmentation du prix des matières premières constitue-t-elle un problème fondamental ? Tant que cette augmentation n’est pas trop brusque, la réponse est non. Mieux encore, une augmentation nous oblige à chercher des alternatives pour le pétrole par exemple. Une augmentation du prix du pétrole nous incite par exemple à devenir plus créatifs et conscients de la nécessité de trouver des alternatives. L’inflation nous permet également de répercuter les améliorations sur le consommateur, ce qui nous permet d’évoluer.
    Disons donc : vive l’inflation, mais dans les limites du raisonnable !

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Gare aux Grecs, surtout s’ils nous apportent des mets trop gratinés. (mars 2010)

    Bart Depaemelaere

    Les marchés financiers vivent aujourd’hui une version inédite d’une tragédie grecque. La Bourse s'inquiète du chômage qui sévit dans ce pays et peut-être plus encore du travail effectué par les autorités grecques.

    En Grèce, trente siècles après la guerre de Troie, l’Histoire semble vouloir repasser les plats. Plutôt indigestes. Les Grecs avaient réussi, il y a près de dix ans, à pénétrer dans la « forteresse euro » en usant de leurs gros sabots (sous la forme de statistiques macro-économiques tronquées). Ils esquivaient ainsi le glaive implacable des critères d’adhésion à l’union monétaire fixés dans le Traité de Maastricht. Or, ces normes avaient pour but de s’assurer que tous les pays désirant entrer dans la zone euro présentent des finances publiques suffisamment stables pour assurer une relative cohésion des économies de la nouvelle union monétaire. Après avoir découvert récemment que les statistiques « à la grecque » étaient aussi friables que le pain du même nom, les marchés ont craint, tour à tour, une sortie de la Grèce de la zone euro, une désagrégation progressive de la zone euro (avec l’Espagne comme prochain sortant potentiel) et un coup d'arrêt à la reprise économique en cours sur le Vieux continent.

    Pourquoi une tragi-comédie grecque tourne-t-elle au drame dans tous les temples de la finance ?
    Parce que le deuxième acte de la plus grande crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale met cette fois au-devant de la scène les autorités publiques. Et elles n’ont plus le beau rôle. Dans le premier acte, elles avaient tout mis en œuvre pour que le système bancaire ne sombre pas corps et biens, en injectant par ailleurs des sommes considérables dans le circuit économique pour le faire redémarrer. Les autorités monétaires ont baissé les taux d’intérêt et les gouvernements ont dépensé sans compter. Résultats : dans de nombreux pays, les déficits publics atteignent aujourd’hui des sommets. Jusqu’il y a peu, les dieux de l’Olympe financière ne s’étaient guère penchés sur la question. Bercés par la pensée dominante, « sovereign states don’t go bankrupt », les États ne font pas faillite.

    Mais, au fond, qu’est-ce que l’État, sinon la collectivité des hommes. Faillible, comme on le sait. Les marchés ont donc commencé à douter de leurs certitudes. « Si l’État grec ment sur sa situation réelle, à qui peut-on encore accorder sa confiance ? », telle était l’interrogation sur les marchés. Et si les marchés ont bien en horreur une chose, c’est l’incertitude. Il n’en fallait pas plus pour lancer la spéculation contre l’État grec. .

    La Grèce peut-elle miner à elle seule la reprise économique ?
    La réponse est clairement non. Mais si des faits similaires apparaissent, par exemple, pour le Portugal, l’Italie et l’Espagne, on est en droit de le craindre. La simple évocation de cette éventualité a instillé un profond doute dans l’esprit des investisseurs. Et à cela s’ajoutent les annonces sur la poursuite de la montée du chômage. Tout cela concourt à une correction sévère des marchés.

    Si les craintes suscitées par la situation grecque paraissent sans doute exagérées, qu’en est-il du chômage ?
    Ici aussi, il s’agit de nuancer, surtout en Europe. Les crises économiques se déroulent par vagues. La dernière vague est toujours constituée par une hausse du chômage. Ce retard par rapport au reste de l’économie est appelé « jobhoarding » : les entreprises « stockent » leurs emplois jusqu’à ce qu'elles ne puissent pas faire autrement que de les supprimer. Le chômage est donc un facteur dit « retardé » qui nous en dit plus sur la gravité de la situation antérieure que sur l’avenir.

    Il ne s’agit pas toutefois d’en négliger les effets négatifs pour la situation présente. Une personne dont l’emploi semble menacé ou qui craint une hausse de ses impôts (pour combler des déficits publics plus importants) aura plus tendance à épargner qu’à consommer, ralentissant ainsi la reprise économique. C’est surtout vrai dans les pays qui présentent une dette publique élevée. C’est la raison pour laquelle l’évolution de la consommation est scrutée à la loupe dans ces pays. Si les ménages réduisent leur consommation, nous risquons de retomber dans une spirale négative. Les derniers chiffres à ce sujet semblent cependant indiquer que la consommation n’a pas rechuté jusqu’à présent. Et peut-être que la période que nous traversons actuellement apparaîtra même, dans quelque temps, comme ayant offert des opportunités d'achat intéressantes sur les marchés.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Une nouvelle année, un nouveau début ! (janvier - février 2010)

    Bart Depaemelaere

    La psychologie humaine est une chose étrange. Nous sommes toujours à la recherche d’une fin et d’un nouveau début. Le 1er janvier est un parfait exemple d’un nouveau début, surtout lorsqu’il s’agit d’une nouvelle décennie. Regardons ce que nous réserve la nouvelle année.

    Pour commencer, analysons les changements fondamentaux par rapport au 31 décembre.

    L’investisseur est encore extrêmement frileux et investit peu dans les actions. Les événements de 2008 l’ont vraiment marqué. À ce jour, les actualités prêtent uniquement attention à l’emploi. L’emploi est cependant un indicateur retardé. Les actualités nous parlent de la gravité de la crise mais ne donnent aucune indication pour l’avenir. Toutefois, même les chiffres portant sur l’emploi sont mieux que prévu. Le recul de l’emploi aux États-Unis était même le moins important depuis le début de la crise.

    Malgré ces sentiments de négativisme, nous constatons que l’investisseur est optimiste à long terme. Il prévoit que les entreprises enregistreront des bénéfices, qu’elles croîtront. Il s’attend à ce que les rendements à long terme soient supérieurs à ceux à court terme. Il sera cependant à long terme parfois confronté à des périodes de baisse des rendements.
    Ainsi, les mouvements de la bourse sont comme toujours influencés par la lutte éternelle entre l’angoisse et la cupidité.

    Quel sentiment prendra le dessus en 2010 ?
    Analysons les éléments décisifs. Étant donné qu’actuellement les taux d’intérêt sont à court terme particulièrement bas, l’argent rapporte peu ou rien. Puis, vu que les prévisions économiques sont plutôt modérées, nous estimons que les taux augmenteront peu en 2010. Durant cette période de faible relance économique, les banques centrales hésiteront à revoir les taux à la hausse.

    Est-ce que les bourses auront cette année vraiment besoin d’une forte relance économique ?
    Une relance économique plutôt modérée semble être une meilleure option pour l’Occident étant donné que cela permettra aux marchés des actions de disposer durant plus longtemps d’argent « bon marché » (argent presque gratuit après déduction de l’inflation). Les entreprises en Europe et aux États-Unis ont fait de sérieuses économies puisqu’ils s’attendaient au pire. Ainsi, les bénéfices des entreprises augmenteront sensiblement même si la reprise est modérée. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises se maintiennent en dessous de la valeur comptable. En d’autres termes: si nous vendons tout, si nous payons toutes nos dettes, nous disposerons de plus d’argent comparé à ce que nous offre la bourse.

    Aucune croissance n’est alors prévue pour 2010 ?
    La plus forte croissance sera celle des pays en expansion, tels que la Chine, le Brésil, la Russie, l’Indonésie et l’Inde. Ces pays se caractérisent par leur potentiel qui est lié à une croissance réelle. Nous sommes ainsi convaincus que les investissements dans ces pays porteront leurs fruits à plus long terme.

    Quelles sont les différences fondamentales par rapport à l’année dernière ?
    En 2009, l’économie a avant tout été stimulée par les dépenses publiques. Le consommateur n’a pas beaucoup dépensé. Néanmoins, c’est monsieur tout le monde qui influence le plus la relance économique. Qu’avons-nous constaté durant la période de fin d’année? Les personnes ont recommencé à dépenser. Les achats de fin d’année ont battu tous les records. Il semble que la confiance en l’économie soit de retour.

    Donc que de bonnes nouvelles pour 2010. Ou non ? Une relance économique trop importante pourrait mettre fin à cette reprise. Si la relance économique est trop forte, l’inflation pourrait augmenter et de ce fait, les banques centrales devraient revoir les taux à la hausse. Pour l’instant, ceci est peu probable mais comment pouvons-nous nous protéger en tant qu’investisseur? Le vieil adage s’applique comme toujours: ne placez jamais tous vos œufs dans le même panier: n’investissez donc pas uniquement dans les actions. Intégrez suffisamment d’obligations et de cash ainsi que des matières premières dans votre portefeuille. Si l’inflation augmente cette année, les matières premières faisant partie de votre portefeuille pourraient vous réserver une belle surprise. Ne vous laissez donc pas uniquement guider par l’angoisse en 2010.

    Que pouvons-nous vous souhaiter pour 2010 ?
    Une bonne santé, pour vous et vos investissements ! 

    Gezond Beleggen V2 FR 

Éditoriaux 2009

  • La crise est morte, vive la crise ! (novembre 2009)

    Bart Depaemelaere

    Qu’avez-vous appris jusqu’à présent de la crise des crédits? Avez-vous entre-temps cerné les fluctuations de la Bourse ou préférez-vous rester aux aguets ?

    Les réflexions sur l’économie datent de l’antiquité. La Bible renvoyait déjà aux sept années de vaches grasses et sept années de vaches maigres. Cependant, l’économie en tant que science est beaucoup plus récente. L’économie nous permet d’utiliser les éléments du passé ainsi que les phénomènes actuels afin d’émettre des prévisions sur l’avenir. À l’instar des sept années de la Bible, nous essayons de détecter des fluctuations économiques afin de prévoir l’avenir. Nous faisons d’une part des analyses plutôt limitées et techniques pour quelques actions et d’autre part nous essayerons de comprendre le fonctionnement global de la macroéconomie ou des interventions des autorités.

    Ainsi, l’économiste Joseph Schumpeter considère que l’économie progresse constamment et est caractérisée par des périodes appelées la destruction créatrice. De ce fait, la destruction d’une technologie déterminée permet d’en développer une nouvelle. À titre d’exemple, les polaroids ont été remplacés par la photographie digitale. Les entreprises n’ayant pas participé aux nouvelles tendances, disparaissent sans plus.

    Durant ces deux dernières années, la destruction a été omniprésente sous la forme de la crise des crédits. Schumpeter pensait que cette période n’était pas forcément négative à condition que nous nous rappelions la leçon.

    Qu’avez-vous appris de la présente période ?
    La période économique entre 2003 et 2007 était comme un rêve devenu réalité pour les investisseurs. Toutefois, le réveil a été bien brutal pour bon nombre d’entre eux. Les diminutions de 30, 40, voire 50 % ont incité beaucoup de personnes à recourir de façon permanente aux espèces. Cependant, repenser à cette période révolue peut être utile. Grâce à l’augmentation de la productivité et aux taux d’intérêts bas, les années 2003 à 2007 ont représenté une période de croissance comparable à celle après la deuxième Guerre mondiale. L’investisseur a appris de ces deux périodes que le non-investissement peut également avoir un coût. En ne suivant pas l’augmentation, vous ratez certaines opportunités. Ce phénomène s’est fortement manifesté durant le mois de mars de la présente année. Les bourses ont augmenté de 30, 40, voire 50 %.

    Que faire à présent? Les cours, sont-ils élevés ou non ? Devons-nous investir ou encaisser les bénéfices ?
    Tout dépend de ce que nous avons appris de la dernière période de destruction créatrice. En analysant la période de l’année 2000 jusqu’à présent, nous constatons que des bénéfices mirobolants peuvent être obtenus grâce à la bourse mais que les risques sont à l’avenant. Quels avantages peuvent être tirés des thèmes prometteurs tels que le vieillissement, les pays émergents, l’énergie, etc., sans avoir à les observer quotidiennement ?

    La solution consiste souvent à limiter les effets négatifs à la perte des bénéfices réalisés. La valeur de la protection du capital est souvent sous-estimée. Elle est considérée inutile durant de bonnes périodes et insuffisante (par rapport aux bénéfices escomptés) durant de mauvaises périodes. Nous oublions néanmoins que ce genre de construction nous permet de nous concentrer sur des rendements attrayants sans avoir à prendre trop de risques durant une période caractérisée par un taux d’intérêt bas mais par une économie qui remonte. Comme le dit l’adage, nous apprenons plus de nos erreurs que de nos succès. Ainsi, les erreurs commises en 2007 et en 2008 nous inspirent de l’espoir. 

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • La crise est passée ! Vraiment ? (octobre 2009)

    Bart Depaemelaere

    La crise semble derrière nous. Ah oui ? Il semble surtout que cela dépende de l’interlocuteur à qui l’on parle. Mais qui a raison finalement ?

    Vous le saurez en lisant ce qui suit.

    Au cours de ces deux dernières années, nous avons connu la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Les banques, que l'on croyait les pierres angulaires de notre système financier, ont vacillé sur leurs bases. Et certaines ont sombré corps et âmes. La faillite de Lehman Brothers, que l’on pensait inimaginable, a créé une angoisse extrême qui s'est répandue comme un virus à l'ensemble du système économique.

    Résultat ? Une chute vertigineuse des bourses, un chômage galopant, des finances publiques qui prennent l'eau de toutes parts. En quelques mois, des banques ont été rachetées à vil prix ou ont déposé leur bilan, des patrons ont dû démissionner alors que de solides bonus continuaient à être versés aux traders. L'an dernier, les journalistes ne manquaient pas de sujets pour faire les gros titres de leurs manchettes. Les unes des journaux étaient surtout riches de « mauvaises » nouvelles économiques.


    La crise semble derrière nous. À moins que cela ne dépende de l'interlocuteur à qui l'on s'adresse ? La plupart des économistes font état d'une amélioration : la confiance des entreprises se redresse, les rapports cours/bénéfices des actions cotées en bourse ont retrouvé des niveaux sains et les primes de risque diminuent. À l’appui de leurs dires, de savantes formules que l’on ne comprend souvent pas plus que les produits dérivés qui ont été à l’origine de la crise. D’autres économistes développent un autre discours, plus pessimiste, en soulignant les effets négatifs d’un chômage élevé, d’institutions défaillantes, voire en faillite. Pour ces derniers, nous sommes confrontés à la crise de notre génération.


    Qui a raison ? Analyser l’économie et surtout la prévoir n'est pas très éloigné de l'exercice des 6 hommes aveugles cherchant à décrire un éléphant : l'un sent la patte et y voit un pilier, l'autre touche la queue et jure que c’est un bâton, le troisième saisit sa trompe en lui trouvant des allures de serpent, etc. Pour avoir une vision correcte de l'éléphant, les aveugles auraient dû partager leurs différentes expériences.


    Nous devons nous aussi rassembler tous les fragments du tableau pour nous forger une image objective de l’économie. Nous focaliser sur l’un ou l’autre aspect, positif ou négatif, nous conduirait à tirer des conclusions totalement fausses de la situation.


    Les indicateursprécurseurs nous donnent une image de la situation telle qu’elle se présentera dans un délai de 6 à 9 mois. Les indices de confiance des consommateurs et des producteurs en font partie : ils expriment le sentiment vécu par ces agents économiques. Les primes de risque (qui traduisent les espérances de gain si l’on investit en actions plutôt qu’en obligations d’État) et les perspectives bénéficiaires des entreprises traduisent aussi souvent très bien ce que l’on peut attendre de l’économie à court terme. Tous ces signaux sont au vert en ce moment.


    Mais ce tableau de bord resterait incomplet si nous ne parlions pas des indicateurs retardés (lagging). L’un d’entre eux : le chômage. C'est logique : le chômage, qui est la conséquence d'une activité économique en recul, a moins de valeur prédictive que des indicateurs précurseurs. Mais nous ne pouvons pas pour autant le rayer d'un trait de plume.


    L’économie mondiale reste sous perfusion : les finances publiques soutiennent l'activité à bout de bras. Notre patient ne semble pas encore être en mesure de repartir tout seul malgré tous les signaux positifs que nous captons déjà.


    Pour qu’il puisse le faire, d’autres facteurs doivent agir. Le consommateur doit reprendre le relais des gouvernements comme moteur de l’économie. La confiance des consommateurs indique qu'on commence à en prendre le chemin. Mais que fera ce même consommateur s'il perd son emploi ? Continuera-t-il à consommer ?


    Nos conseils se fondent donc sur une opinion nuancée du climat actuel. Des opportunités apparaissent mais il reste des pièges à éviter. Et respectez également le principe Argenta :


    investissez toujours avec bon sens. Assurez une bonne répartition de votre portefeuille, sur le plan des actifs (actions, obligations, trésorerie, matières premières, etc.) mais aussi dans le temps. Les dates de début et de l'échéance ne doivent pas coïncider pour tous vos placements.


    Maintenant que nous savons comment investir, il est tout aussi important de savoir dans quoi nous devons placer notre épargne. C’est votre profil d’investisseur qui doit déterminer la majorité de vos placements. Ce profil traduit dans quelle mesure vous préférez le rendement à la sécurité ou inversement.


    Vous compléterez votre stratégie par quelques thèmes d’investissement bien choisis. Ainsi, les pays à forte croissance comme la Chine, le Brésil et l’Inde sont appelés à devenir les moteurs de l’économie du 21e siècle. C’est un thème possible. Autre angle d'attaque : les matières premières dont les stocks (bon marché) sont limités mais dont la demande ne cesse d'augmenter. Dans ce même contexte, l'énergie est également un secteur présentant des perspectives intéressantes de croissance. En réalité, Argenta propose des solutions pour chaque niche. Des produits toujours sélectionnés auprès des gestionnaires les plus performants. Vous pouvez ainsi toujours séparer le bon grain de l’ivraie.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Market timing, le Tour de France et les investissements (juin 2009)
    Bart Depaemelaere

    Le market timing est la notion qui décrit le fait d’acheter et de vendre précisément au bon moment. Cette notion est connue essentiellement des investisseurs en actions. L’histoire nous apprend qu’à long terme, la Bourse rapporte davantage que n’importe quel autre investissement. Cependant, l’achat d’actions exige un timing excellent, sans quoi l’investisseur risque non seulement de voir s’échapper le bénéfice, mais aussi de subir de sérieuses pertes.

    Ces deux affirmations, ainsi que le dilemme qui en résulte pour l’investisseur, sont bien connus. Les scientifiques ont tenté de trouver des solutions telles que les cycles de Kondratieff, des systèmes de timing du marché basés sur des indicateurs précurseurs, d’autres ont choisi les trackers sur indices. Le Graal du market timing n’a pas encore été trouvé à ce jour.

    Actuellement, les investisseurs se trouvent à nouveau prisonniers entre la crainte et la convoitise. Ces dernières semaines, toutes les bourses ont augmenté, les grands pécheurs en tête : les banques et assureurs. Tout semble aller à l’encontre de toute logique : les nouvelles restent mauvaises, la situation est critique mais pas grave. Les autres savent-ils plus que nous ? Mister Market a-t-il une nouvelle fois été plus malin que vous ? Tout semble aller dans ce sens. Comment est-ce possible ?

    Les cyclotouristes rêvent parfois du Tour de France. Cependant, personne ne songe réellement à s’attaquer aux athlètes superentraînés, gonflés artificiellement et équipés de matériel supérieur. Quel serait le résultat si vous participiez au prologue avec votre citybike ? Pouvez-vous vous imaginer que vous arriviez sur les Champs Elysées en maillot jaune ? Réellement ?

    Pourtant, de nombreux d’entre nous nourrissent la même fantaisie lorsqu’il s’agit d’investir. Nous engageons le combat face aux professionnels qui, non seulement, obtiennent les informations beaucoup plus rapidement, mais en plus peuvent réagir plus rapidement. Pendant que vous êtes au bureau, pendant que vous dormez (les bourses asiatiques sont ouvertes lorsque la majorité d’entre nous profitent de leur sommeil) ou même lorsque vous êtes en vacances, les professionnels sont debout sur les pédales. Lorsque le Tour de France commence, ne commencez pas à faire la course vous-même, mais misez sur Lance Armstrong, sur Carlos Sastre, ...

    Que cela signifie-t-il sur le plan des investissements ?

    Choisissez les gestionnaires de fonds qui ont remporté plusieurs étapes, qui ont souvent porté le maillot à pois et le maillot jaune, qui ont donc déjà fait leurs preuves d’année en année. Un exemple ? Carmignac Gestion. Argenta vous propose déjà depuis l’année passée des fonds de ce gestionnaire français.

    Gezond Beleggen V2 FR 

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