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Investir

Les placements : éditoriaux

Nos experts vous racontent les actualités. Qu'est-ce que l'avenir nous réserve, comment votre argent peut-il vous rapporter plus, les placements sont-ils sûrs ? Ici, vous pouvez lire la vision honnête de nos experts qui se focalisent chaque jour sur les placements.
 

Des temps bizarres pour les investisseurs (août 2011)

Bart DepaemelaereCes dernières semaines, la Bourse ne cesse de cabrioler. Ceci est partiellement dû au comportement des investisseurs eux-mêmes.  En effet, les investisseurs ne sont pas toujours aussi rationnels. Aujourd’hui, ils vendent des placements de peur que la valeur ne baisse. Demain, ils achètent les mêmes actifs de peur de rater une augmentation. Nous sommes donc de l’avis qu’il faut retourner aux fondements: il faut considérer aussi bien le risque que le rendement.

Risque
Le catalyseur de la baisse récente de la Bourse est la diminution de la note des États-Unis par Standard & Poor’s, l’une des agences de notation les plus importantes. D’un point de vue objectif, le changement de la note AAA en AA+ par une seule agence de notation n'est pas vraiment significatif. En plus, la raison du changement n’est pas nouvelle: les dettes publiques sont trop importantes et ne cessent de s’accroître. Dans cette optique, S&P se demande si les É.-U. pourront continuer à respecter leurs obligations.
Les autorités de la Chine et de la Russie (qui a fait faillite en 1998) étaient d’accord avec l’analyse de S&P. On a donc de plus en plus l’impression qu’il s’agit de la politique plutôt de l’économie. En témoigne l’augmentation depuis lors des cours des fonds publics américains.

Comment est-ce possible?
Les investisseurs semblent en conclure surtout que l’importance des efforts économiseurs aux É.-U. (à savoir le Tea Party) et en Europe (l’Allemagne) s’accroît. Ils craignent dès lors que des économies importantes continuent à saper la faible croissance de l’économie et qu’elles mènent même à une récession. Dans ce scénario, les actions seraient affectées le plus. Par conséquent, les investisseurs ont recours à d’autres actifs, comme les fonds publics américains (dont la valeur augmenterait dans ce cas).

Y a-t-il de la lumière au bout du tunnel?
La politique a actuellement un impact important sur la Bourse, tant aux É.-U. qu’en Europe. Tout comme en 2008 (pendant la crise des banques), la Chine profite des faibles positions de l’Europe et des É.-U. pour renforcer sa propre position économique. Nous constatons que ce pays connaît toujours une croissance économique importante ainsi qu’une baisse de l’inflation.
Entre-temps, les prix du pétrole ont reculé de 20 %, alors que la demande n’a jamais été aussi élevée. Les résultats des entreprises, le moteur de la croissance économique, sont également encourageants.
La baisse des cours et l’augmentation des bénéfices ont pour conséquence que les primes de risque des actions se sont énormément accrues. En d’autres termes: les investisseurs veulent une rémunération plus élevée pour le risque qu’ils prennent en investissant dans les actions et non pas dans les investissements à rendement fixe. Concrètement, cela signifie un prix plus bas pour une action de la même entreprise, mais aussi un rendement potentiellement plus élevé à moyen terme.
À des moments similaires dans le passé, un investissement avec une protection (du capital) suffisante s’est avéré particulièrement lucratif, et ce, malgré les diminutions supplémentaires éventuelles dans un avenir proche.

Gezond Beleggen V2 FR 


Ci-après, vous trouverez un aperçu de tous les éditoriaux précédents. Ainsi, vous pouvez comparer nos visions du passé avec la situation actuelle. Vous constaterez que les placements auprès d'Argenta sont des investissements sûrs.

Éditoriaux 2011

  • Une économie sous le choc et un investisseur prudent (juin 2011)
    Bart Depaemelaere

    Au cours des derniers mois, les grands chocs économiques s’enchaînent à un rythme tel que les investisseurs ont à peine le temps de les digérer. Il n’est donc pas inutile de s’arrêter quelques instants pour tenter d’y voir plus clair, en faisant le point sur l’état de notre économie et de ses perspectives.

    Le premier semestre de 2011 a réservé son lot de misères à chaque grande zone économique de la planète : un tremblement de terre suivi d’un tsunami et d’une catastrophe nucléaire au Japon, la résurgence des problèmes de finances publiques dans les pays de la périphérie européenne, un ralentissement possible de la croissance économique ainsi que des catastrophes naturelles aux États-Unis et une surchauffe en Chine. Nous les passons en revue pour vous en mettant en évidence leurs conséquences.

    Le Japon

    Au pays du soleil levant, les séquelles du tremblement de terre disparaissent progressivement. La reconstruction est en marche, soutenue par un budget de 50 milliards d’euros. Ces nouveaux capitaux devraient remettre le patient (économique) sur pied. Mais les problèmes nucléaires à Fukushima restent bien entendu très préoccupants.

    Par certains côtés, le Japon est une Belgique en plus grand. Le pays asiatique a une population encore plus vieillissante, une épargne encore plus abondante et une dette publique encore plus impressionnante. Mais le Japon ne peut pas compter sur la principale arme de la Belgique : l’Allemagne. Un voisin puissant qui est non seulement le plus grand exportateur du monde, mais également une machine économique qui n’a jamais été aussi dynamique. L’entreprise qui a vendu le plus de voitures dans le « pays de Toyota » le mois dernier n’est autre que BMW.

    L’Allemagne et le reste de l’Europe

    En Europe, la crise de l’endettement public atteint son paroxysme. La situation de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande n’est plus une question de manque de liquidité, c’est-à-dire un déficit temporaire de moyens financiers, mais un problème de solvabilité. La faillite d’un État n’implique pas toujours que ce dernier ne dispose plus des moyens nécessaires au remboursement de ses dettes. Un État a en effet toujours la possibilité, quasi illimitée, de s’emparer des biens de ses habitants. Un « État » est en réalité la collection de toutes les richesses situées à l’intérieur des frontières nationales. Les propriétés des habitants garantissent le remboursement des dettes de l’État. La faillite d’un État est donc davantage la conséquence de l’absence de volonté de payer que l’impossibilité de s’acquitter de ses dettes. En guise de comparaison, lors de la faillite de l’État argentin, il y a une décennie, la dette publique ne représentait que 30 % du P.I.B. (produit intérieur brut). En Grèce, ce ratio se situe actuellement à 150 %.

    Pour les Grecs, mais aussi les Portugais et les Irlandais, les limites de l’austérité supportable sont déjà atteintes, voire dépassées. Ces pays restent pourtant confrontés à un déficit budgétaire de 10 %. Il nous paraît naïf de croire que ces pays pourront rembourser « normalement » leurs dettes. Pour donner une idée de l’ampleur du problème, considérez le raisonnement suivant : une dette publique pesant 150 % du PIB et un taux d’intérêt exigé par les marchés de 15 % impliqueraient à terme qu’il faudrait consacrer plus que 40% des dépenses publiques aux charges d’intérêt. Une situation totalement intenable. Le FMI et le reste de l’Europe sont également de cet avis.

    La majorité de ces dettes est détenue par des banques qui restent très fragiles après la crise financière. Il fallait donc assurer plusieurs financements publics pour laisser du temps aux banques de se réorganiser. Et même aujourd’hui, les banques ne semblent pas en mesure de supporter la totalité de la charge de la restructuration de la dette de ces pays.

    Mais tout n’est pas aussi noir qu’il n’y paraît : aujourd’hui, les PIIGS se sont réduits à des PIG. L’Italie et l’Espagne semblent en effet sorties de la zone de danger. Si le problème devient plus aigu pour trois pays (le Portugal, l’Irlande et surtout la Grèce), sa portée géographique s’est réduite.

    Surtout que, depuis quelques mois, les entreprises ont à nouveau le vent en poupe partout dans le monde. Le redressement économique leur permet d’enregistrer, dans de nombreux cas, des bénéfices record. En particulier dans le secteur du luxe, où les résultats sont spectaculaires. Il nous semble donc judicieux aujourd’hui de mettre progressivement l’accent sur les actions de type « value » qui enregistrent de meilleures performances dans la 2e phase du cycle économique que les actions dites de croissance.

    Une remontée des taux d’intérêt à court et à long termes ne sera possible qu’après une solution définitive pour les PIG. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a donné un premier signal sur la normalisation future des taux. Pour la première fois depuis la crise financière, la BCE a décidé une hausse (certes limitée) de 0,25 % de son principal taux directeur. Selon M. Trichet, ce resserrement de la politique monétaire est nécessaire pour endiguer une inflation croissante (autour de 2,8 %). En soi, il est réconfortant de savoir que la BCE estime que l’économie est maintenant assez solide pour digérer cette hausse de taux. Mais au vu du ralentissement de la croissance, surtout dans les pays du sud, il est peu probable que ce premier signal soit suivi rapidement d’un deuxième.

    Les États-Unis

    La plus grande économie du monde reste aux prises avec ses propres problèmes. Au cours des deux dernières années, la forte reprise économique n’a pas permis de relancer les créations d’emploi. Le sentiment de crise reste bien présent. Et le marché immobilier reste fragile, tandis que l’endettement public a grimpé jusqu’à 100 % du P.I.B.

    Les mesures proposées par les démocrates et les républicains, qui reconnaissent la nécessité d’assainir le budget, divergent fondamentalement, les seconds excluant toute espèce de hausse d’impôt. La poursuite (ou non) de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale (FED), dite « quantitative easing 2 » (QE 2), qui consiste à racheter des obligations d’État à long terme et donc à injecter des liquidités dans l’économie, est également sujette à discussion. Les statistiques décevantes du mois de mai (surtout la baisse significative de l’indice ISM, traduisant la confiance des entreprises) donnent déjà des munitions à la FED pour maintenir ses taux à leur niveau actuel (très bas). Même si ces statistiques comprenaient sans doute une composante exceptionnelle, à savoir la fréquence inhabituelle des catastrophes annuelles aux États-Unis. La réparation des dégâts pourrait même donner un coup de pouce supplémentaire à la croissance économique. Mais progressivement, les événements attendus en 2012 vont accaparer toute l’attention, comme les élections présidentielles.

    Les pays émergents

    Où en sont la Chine, le Brésil et l’Inde ? Ces pays continuent à croître à un rythme impressionnant. Même si ce n’est pas toujours au bénéfice de la population (pauvre). L’inflation élevée est la conséquence, d’une part, de la prospérité économique, encore renforcée par une devise artificiellement basse, et d’autre part, de la hausse des prix des matières premières. Le relèvement du taux directeur en Chine a surtout pour but d’éviter la surchauffe de l’économie. Mais la population en souffre doublement : tant par la perte de pouvoir d’achat que par la hausse du taux des emprunts.

    Conclusions pour l’investisseur local

    Aujourd’hui, le développement du monde est clairement à plusieurs vitesses. Les priorités sont donc divergentes : soutenir la croissance, limiter les déficits publics et juguler la pression inflationniste. Et il faut résoudre certains dossiers, comme la crise de la dette qui pèse sur les marchés depuis pas mal de temps. Le second semestre de 2011 promet donc d’être captivant, avec un marché qui vivra sans doute encore quelques mois partagé entre l’espoir et la peur.

    Comment l’investisseur doit-il se comporter dans ce contexte ? En essayant de participer à quelques développements particulièrement prometteurs sans s’exposer à de trop grands risques. Pour nous, ces occasions sont étroitement liées aux évolutions économiques à long terme :

    • La montée en puissance des marchés émergents : la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, etc. verront leur importance encore s’accroître au cours des prochaines années.
    • La hausse de la demande des matières premières : en raison de l’augmentation de la population mondiale et de la prospérité, la demande de matières premières ne peut que progresser. Et cela ne concerne pas seulement le pétrole : la demande de cuivre, d’aluminium, de céréales et d’eau croît toujours plus.
    • Le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie provoqueront, au cours des 20 prochaines années, un glissement important dans notre économie.

    Outre les occasions, il est important de distinguer les vrais risques des dangers en trompe-l’œil. Et de reconnaître ainsi l’impact limité de la Belgique sur notre économie de plus en plus tributaire du dynamisme de l’Allemagne et des marchés émergents. Ceux qui vivaient encore, à la fin des années 1990, à l’intérieur des frontières protégées de la Belgique doivent à présent tenir compte d’un monde global et intégré. Cela présente des occasions considérables mais également de nouveaux risques. La diversification et certaines formes de protection du capital constituent donc des instruments incontournables dans le climat d’investissement actuel.

    Gezond Beleggen V2 FR 


  • Le monde est en mouvement, et votre portefeuille? (mars 2011)
    Bart DepaemelaereEn ce moment, le Japon et la Libye font la une de l’actualité. Ces deux événements, à première vue sans rapport, ont des répercussions communes sur vos placements. Tout d’abord, parce qu’ils charrient une grande incertitude ce qui déplaît souverainement aux marchés. Résultat: les cours intègrent souvent le pire des scénarios. Le réflexe le plus sensé semble donc de vouloir s’écarter de ces risques. Il existe pourtant des opportunités, tant au Japon qu’en Libye.

    Japon: une « réplique » économique favorable pour un pays en léthargie

    Examinons tout d’abord la situation au Japon. Quelles peuvent bien être les opportunités après un tremblement de terre, un tsunami dévastateur et un éventuel cataclysme nucléaire? En soi, chacune de ces trois catastrophes porterait déjà un coup très dur à une économie nationale, surtout dans un pays qui est englué depuis 15 ans dans une situation semi-comateuse. Le Japon est en effet confronté depuis 1995 non seulement à une déflation, mais également à une dette publique abyssale de 200 %. Cela ressemble à s’y méprendre au scénario d’un film catastrophe.

    À court terme, nos choix ne nous portent donc pas vers l’économie japonaise. La reconstruction du pays devra mobiliser des moyens considérables. Cela profitera aux entreprises de construction (infrastructures) de la région et aura également un impact sur l’approvisionnement en matières premières.

    Cette impulsion sera partiellement financée par l’étranger, mais l’énorme épargne japonaise, qui est restée inexploitée pendant 15 ans (ce qui est précisément la cause de la déflation), sera également mise à contribution. Le tremblement de terre pourrait donc bien redonner du tonus à l’économie japonaise. C’est un effet à long terme.

    Libye: un pétrole plus dangereux ou la chance d’une prospérité plus démocratique?

    Quel est le lien entre le Japon et la Libye? Les événements se déroulant dans ce dernier pays menacent également l’économie mondiale. Une guerre civile potentielle dans un pays producteur de pétrole ne peut pas être favorable sur le plan économique. Il existe pourtant ici aussi des opportunités:

    Ces événements offrent une possibilité de normaliser les relations entre l’Ouest (démocratique) et le Moyen-Orient. Une hausse de la consommation, par une meilleure répartition des richesses dans cette région, est également envisageable à moyen ou long terme. Tout comme au Japon, les éventuelles répercussions positives devraient donc surtout se manifester à long terme.

    À court terme, en revanche, ces troubles sociopolitiques provoquent une hausse du coût de l’énergie ce qui freine la croissance économique. Les producteurs de pétrole voient déjà leurs marges bénéficiaires s’étoffer. Et l’énergie alternative a plus que jamais le vent en poupe.

    Et vos placements? Comment pouvez-vous profiter des opportunités sans vous exposer complètement aux dangers susmentionnés? En conservant une diversification saine des risques dans votre portefeuille. Ne mettez donc jamais tous vos œufs dans le même panier. Via Argenta, c’est parfaitement possible, même dans un seul produit clair et bien entendu en respectant toujours votre profil et vos souhaits personnels. Les fonds profilés constituent ainsi la pierre angulaire dynamique de votre portefeuille.

    Aujourd’hui, vous pouvez les compléter avec des accents qui tirent parti des opportunités actuelles, avec ou sans garantie du capital. Ainsi, vous pouvez profiter d’une manière défensive de la hausse de la demande des matières premières via Argenta Fund Plan Click Performer III (et ce, jusqu’à la fin de ce mois).
    Si vous avez le profil d’un investisseur plus dynamique, vous pouvez également profiter de cette évolution via le fonds Carmignac Commodities ou, si vous croyez au potentiel offert par les grands travaux d’infrastructure, incorporer dans votre portefeuille le fonds Rothschild Infrasphere. Investir dans l’énergie est possible également en prévoyant une allocation supplémentaire dans Argenta-Fund Actions Énergie et Secteur Utilités Publiques ou dans Petercam Energy & Resources.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Le Moyen-Orient tient l’économie mondiale sous sa coupe. (février 2011)
    Bart DepaemelaereLes médias sont aujourd’hui à la merci des événements qui se déroulent au Moyen-Orient; les protestations se propagent de pays en pays : Tunisie, Jordanie, Égypte et Libye. Ces événements font penser à la dernière grande révolution politico-sociale : la chute du mur de Berlin. L’impact des bouleversements politiques dans une région aussi explosive que le Moyen-Orient ne peut être sous-estimé surtout en raison de la présence de cette ressource vitale pour notre économie qu’est le pétrole.

    Le monde est plat

    Thomas Friedman décrit dans son livre « The World is Flat » le phénomène de la mondialisation. Dans sa vision d’une économie et même d’un monde de plus en plus globalisés, l’impact des changements ne se limite pas à un pays, ni même à un continent. Les changements notamment économiques intervenus dans une partie du monde auront des conséquences politiques ou sociales sur un autre continent.

    L’exemple le plus flagrant est la hausse du prix du pétrole de l’an passé due à l’activité économique croissante des pays émergents, la Chine en tête. Deux tiers des réserves mondiales de pétrole se trouvent au Moyen-Orient. Cette région s’est avérée particulièrement instable ces 50 dernières années pour des raisons historiques, culturelles et religieuses. Depuis un certain temps, les États-Unis essaient avec raison de diminuer leur forte dépendance pétrolière vis-à-vis de cette région. Un des objectifs des États-Unis est notamment de ne plus devoir importer de pétrole d’ici 2025. Un défi que de nombreuses voix décrivent comme extrêmement difficile à relever. Promouvoir le biodiesel est une façon de diminuer les importations de pétrole. 

    Biodiesel et alimentation

    Le biodiesel apparaît en soi comme un moyen particulièrement attrayant de réduire la dépendance aux importations de pétrole. Le biodiesel peut être produit localement. De plus, son impact écologique est neutre car le CO2 rejeté dans l’atmosphère est d’abord absorbé par les plantes. Appuyer cette démarche entraîne néanmoins aussi quelques effets secondaires indésirables. Un quart des céréales des États-Unis sont ainsi utilisées à des fins énergétiques. Le lien entre le prix des céréales et le prix de l’énergie (lire : le prix du pétrole) se resserre. La flambée du prix des denrées alimentaires l’an passé (de 7 à 8 %) était d’ailleurs largement liée à la hausse du prix du pétrole (10 %).

    Cette hausse frappe surtout les populations économiquement faibles. Cela engendre souvent des troubles (voyez ce qui se passe en Tunisie, Égypte, Jordanie...). Ces troubles sociaux entraînent à leur tour une hausse du prix de l’énergie… Thomas Friedman a donc raison de dire que le monde se globalise peu à peu et que l’impact de changements intervenus au sein d’une collectivité (locale) ne reste pas limité à l’économie de celle-ci. 

    Médias de masse et révolution

    Devons-nous craindre maintenant que les troubles actuels débouchent sur une deuxième révolution iranienne ? La prospérité au Moyen-Orient est encore très inégale comme c’était le cas en Iran dans les années 70. Les régimes libyen, égyptien... sont parvenus à se maintenir en s’appuyant sur une image de l’ennemi radicale et un contrôle militaire omniprésent. Près de 30 ans après la révolution iranienne, les choses n’ont pas beaucoup changé et les mêmes régimes sont bien souvent encore au pouvoir. Ce qui a changé c’est la communication de masse. Celle-ci a permis à la classe moyenne qui a lentement émergé de s’organiser et de défier un pouvoir sclérosé. La protestation s’est avérée indomptable en Tunisie et en Égypte. Malgré des interventions radicales (la mise hors service d’Internet), il est apparu que si le mouvement est suffisamment soutenu par toutes les couches de la population, la protestation ne pouvait plus être contenue. 
    Il apparaît aussi très clairement que le mouvement a surtout été initié par la « jeune classe moyenne », cette partie de la population qui est souvent bien formée et informée. Cela explique que la plupart des protestations soient plutôt non violentes et l’expression d’un courant démocratique. Étant donné que les révolutions semblent être d’inspiration démocratique et non religieuse, une réforme au Moyen-Orient pourrait être très bénéfique pour l’Europe et les États-Unis. 

    États-Unis et Chine

    Les États-Unis craignent toujours le spectre de la révolution iranienne d’il y a 30 ans. La protestation y avait commencé de la même manière. Plus tard, une fraction plus radicale d’inspiration religieuse en avait pris le commandement un peu à la manière de ce qu’avaient fait les Jacobins pendant la Révolution française. La révolution avait débouché sur une république islamique et une flambée du... prix du pétrole.

    Mais le mécontentement gronde aussi dans la deuxième économie du monde (la Chine).  Toutes les couches de la population n’ont pas bénéficié des taux de croissance de 10 % et plus. La croissance économique qui a encore été renforcée par les tensions monétaires en 2008 (augmentation de 30 % de la masse monétaire sur base annuelle) a assuré une position forte aussi bien pendant qu’après la crise bancaire mais a drainé une grande partie de la croissance économique du reste du monde. Ce processus a encore été renforcé par l’émission de billets de la banque centrale américaine. Une grande partie de cet argent a pris la destination de la Chine à cause du taux de change du yuan maintenu artificiellement bas par rapport au dollar.

    Avec un certain retard, c’est maintenant l’économie des États-Unis qui est mise peu à peu sous pression. En Chine, la forte croissance de la masse monétaire entraîne une inflation galopante qui se traduit surtout par la hausse du prix de l’énergie et des denrées alimentaires. On y observe une évolution similaire à celle du Moyen-Orient : une population qui dénonce la répartition inégale des revenus et le manque de participation au processus décisionnel. Le pouvoir chinois réagit vis-à-vis de ceux qui ont initié ce que l’on appelle la « révolution du jasmin » de la même manière que les régimes autoritaires de Tunisie, Jordanie et Libye. Il essaie de diminuer leur impact en filtrant par exemple les messages dans les moteurs de recherche. Reste à savoir si cela arrête réellement le flux d’informations. Le monde est en effet de plus en plus plat. 

    Conclusion

    Nous connaîtrons dans les mois qui viennent des temps particulièrement mouvementés. Ces évolutions politiques provoquent également des remous sur le plan économique. La hausse du prix du pétrole a également fait pression sur les places boursières car les coûts des entreprises ont augmenté. Ceux qui avaient investi dans les produits pétroliers et énergétiques en sont à nouveau sortis gagnants. Même les bourses des pays émergents qui avaient pris ces deux dernières années une solide avance sur l’Europe et les États-Unis sont retombées à des niveaux sensiblement plus bas.

    Une instabilité accrue provoque souvent une vague de ventes et une fuite vers les liquidités et l’or. Pourtant un proverbe bien connu dit : « Il faut acheter au son du canon et vendre au son du clairon ». La croissance économique en Chine, aux États-Unis et en Allemagne, qui constitue le point de départ de toute l’histoire, est en effet toujours intacte à ce jour.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Davos: les perspectives de l’économie mondiale. (février 2011)
    Bart DepaemelaereArgenta vous souhaite une année fructueuse sur le plan des placements

    Chaque année, on attend avec impatience les réflexions et les conclusions de la conférence économique internationale de Davos. Les principaux acteurs et analystes de la planète s’y retrouvent pour examiner la situation de l’économie mondiale en tentant d’en tirer des enseignements pour l’avenir. Lors de la dernière conférence, contrairement à ce que l’on pouvait craindre, le ton était à l’optimisme. Même le célèbre professeur cassandre, Nouriel Roubini, a avancé une analyse nuancée. Il a admis que l’économie mondiale avait connu une reprise plus forte que prévu au cours de ces deux dernières années, et ce, grâce au dynamisme des marchés émergents. D’un autre côté, les grandes puissances économiques traditionnelles (l’Europe et les États-Unis) doivent relever plusieurs défis majeurs. Les participants à Davos attendent également beaucoup d’une révision des principes du commerce international. Les manières dont sont organisées actuellement les importations et les exportations ne sont plus conformes aux réglementations des différents pays. Le défi consiste à créer les conditions et les règles d’une véritable libéralisation du commerce international. Il s’agirait d’un stimulant pour l’ensemble de la planète.

    Les résultats des entreprises sont d’ores et déjà positifs. Au cours des deux dernières années, les entreprises ont procédé à des réorganisations internes qui ont optimisé leur structure de coûts. Pendant cette période, placée encore sous le coup de la crise, les restructurations n’ont pas rencontré de grande résistance syndicale. Résultat: des entreprises déjà rentables le sont devenues encore plus. Pour s’en convaincre, il suffit de constater la forte hausse de la productivité: quelque 10 % sur deux ans. Cela signifie que les coûts de production ont diminué en moyenne de 10 %, ce qui peut conduire à une forte hausse des bénéfices même en cas de prix (ou de chiffre d’affaires) stagnants.

    Aujourd’hui, cette phase de réorganisation est arrivée à son terme. La hausse de la consommation, observée partout dans le monde, est donc une bénédiction. Au cours de la prochaine période, la croissance de la demande ne pourra plus être absorbée par de nouveaux gains de productivité.
    En clair, les entreprises qui veulent croître devront donc embaucher. La période qui s’achève a provoqué un écrémage au sein des entreprises. Un peu comme la faune au sortir de l’hiver. Les survivants, ragaillardis par le printemps, s’échauffent lentement pour l’été.

    Autre évolution positive: le chômage structurel recule, lentement mais sûrement, en Europe comme aux États-Unis. En Allemagne, on assiste même à une transformation spectaculaire. L’économie allemande, qui a eu besoin de beaucoup de temps pour digérer la réunification, sort progressivement de sa léthargie. Les pays dans son voisinage immédiat en profitent le plus. Et c’est le cas de la Belgique. Notre pays a peut-être l’image actuellement d’un navire sans capitaine, mais il avance plus vite que pratiquement tous les autres.

    En outre, on peut se demander si la corrélation entre le chômage et la croissance économique n’est pas surestimée. Certes, le lien intuitif est facile à comprendre: une personne qui perd ou qui risque de perdre son travail consommera moins. De ce point de vue, les chiffres de vente de certains produits sont très étonnants. Ainsi, au cours des deux dernières années, les dépenses de luxe ont progressé considérablement et les entreprises de ce secteur figurent parmi les actions favorites des analystes. Sur le plan de la masse salariale également, l’évolution est impressionnante. Aux États-Unis, par exemple, elle a augmenté de quelque 4 % rien que l’an dernier. En termes macro-économiques, si l’on additionne les salaires, les coûts des matières premières (qui constituent ensemble les charges des entreprises) et les bénéfices de ces entreprises, on obtient l’activité économique d’un pays. Que constate-t-on? Les bénéfices progressent, la masse salariale augmente et les matières premières s’apprécient.

    Où va donc toute cette croissance? Où aboutissent tous les dollars que les autorités américaines et européennes ont investis pour sortir de la crise financière et économique? Réponse: la Chine.

    Il faut dire que la croissance économique observée en Europe et aux États-Unis fait pâle figure par rapport au développement du géant chinois. Avec un taux de croissance à deux chiffres, la Chine est plus que jamais la championne des exportations. Ce qui n’est pas sans danger. Et la Chine prend conscience du fait qu’elle ne pourra pas chaque fois traverser la crise en comptant sur sa puissance exportatrice. Les Américains (et les Européens dans une moindre mesure) continuent à acheter en masse des produits chinois. En réalité, les énormes excédents affichés par la balance commerciale et la balance des paiements de la Chine devraient entraîner une appréciation du yuan. Mais la Chine s’y oppose: elle a arrimé sa monnaie au dollar américain.

    Les États-Unis y répondent en faisant fonctionner la planche à billets à plein régime. Ils stimulent ainsi leur économie de manière artificielle. La croissance qui en résulte, alimentée par un yuan anormalement bas, est une hausse de l’inflation. Après avoir espéré pendant des années (en vain) un yuan plus fort, les États-Unis ont décidé simplement d’exporter l’inflation. Ce qui place la Chine devant un choix: réévaluer le yuan ou remonter les taux d’intérêt. Ces deux mesures réduiraient la position exportatrice de la Chine et la contraindraient à se concentrer sur son marché domestique.

    Ce marché intérieur chinois fait fantasmer de nombreux économistes: un potentiel à peine exploité d’un milliard de consommateurs. La Chine veille à contenir la surchauffe inflationniste dans la mesure où la hausse des prix affecte en premier lieu les catégories sociales inférieures.
     
    Les économistes la rejoignent sur ce point: il faut lutter contre l’inflation croissante, sous peine de voir naître des troubles. Les hausses de prix concernent surtout les produits alimentaires, ce qui touche donc proportionnellement davantage les classes défavorisées compte tenu de leurs dépenses primaires relativement importantes. Les économistes pointent également certains excès sur le marché immobilier. Aujourd’hui, des villages de béton sont vides, y compris le plus grand centre commercial au monde: le South China Mall à Dongguan. C’est le revers de la médaille de la croissance économique rapide. Le phénomène est universel. En Belgique, il suffit de se rappeler des « travaux inutiles » pendant les années 1970 et 1980 avec ces routes et ponts qui ne menaient nulle part.
    Certains économistes rapprochent la Chine de la situation prévalant actuellement en Espagne. Avec une différence de taille: en Chine, les constructions n’ont pratiquement pas été financées à crédit.

    Notre conseil en 2010 était très clair. Nous le maintenons en 2011: conformément aux analyses développées à Davos, nous privilégions les régions à forte croissance comme le centre de l’Europe occidentale, les marchés émergents et également les États-Unis.

    Le seul élément qui manque actuellement est la confiance. Nous le remarquons à tous les niveaux: politique, économique et financier. Tout signal négatif provoque immédiatement une forte baisse des marchés. Pour l’investisseur, cette situation présente des avantages. La prime de risque sur les actions a progressé, ce qui fait que leurs cours par rapport à leurs bénéfices ont fortement diminué. Cela signifie que l’investisseur se voit offrir de belles perspectives pour sa prise de risque.

    Une chance extraordinaire se présente, selon nous, du côté par exemple des actions de certaines entreprises européennes qui sont de grandes exportatrices vers les marchés émergents, mais dont les cours sont à des niveaux de valorisation européens. Autres secteurs très intéressants à l’heure actuelle: les matières premières, les marchés émergents en tant que tels ainsi que les entreprises qui tirent profit des grandes évolutions socioéconomiques (comme le vieillissement de la population et l’informatisation de la société).

    Argenta reste fidèle à sa politique basée sur les principes des Investissements sains. Nous ne nous contentons pas de pointer le potentiel à exploiter, nous proposons également des solutions pour neutraliser les éventuels dangers. Nous attachons beaucoup d’importance à la diversification, à la protection du capital et à la qualité des informations. Argenta part également d’une évaluation approfondie de votre profil d’investisseur. Vos placements doivent en effet être adaptés non seulement à l’environnement macroéconomique, mais également à vos besoins et souhaits personnels.

    Nous vous souhaitons une année 2011 fructueuse sur le plan des placements.

    Gezond Beleggen V2 FR 

Éditoriaux 2010

  • Perspectives d’avenir. (decembre 2010)
    Bart Depaemelaere

    La crise du crédit a éclaté il y a deux ans d’ici. Les banques ont été sauvées et la crise de l’État semble également conjurée. Certes, des pertes considérables ont été accusées et les prix de l’immobilier ont nettement diminué. L’embrasement financier mondial annoncé n’a toutefois heureusement pas eu lieu. Mais la société a  fondamentalement changé. Quelles sont aujourd’hui les possibilités offertes dans cette « nouvelle réalité »?

    Les chiffres de la bourse et des taux d’intérêt révèlent que nous devons nous attendre à une croissance moins soutenue au cours des prochaines années. Bien que de nombreuses entreprises puissent présenter des chiffres positifs et qu’un calme relatif règne sur le marché, les cours n’augmentent pas. Cependant, la cote boursière de nombreuses entreprises est fondamentalement basse.

    La même dualité se retrouve en ce qui concerne les placements. Nous pensons ici au vieillissement de la population.

    La population occidentale (Europe et États-Unis) présente, sur le plan de l’âge, une structure similaire à la population japonaise des vingt dernières années, laquelle peut dès lors nous en apprendre beaucoup.

    La population active cesse d’augmenter et perd même en importance relative par rapport à la population non active. Les progrès économiques ne se réaliseront donc plus en termes de volume, mais en termes de qualité (productivité).

    Dans le domaine politique également, on prend peu à peu conscience du fait qu’un nombre décroissant d’actifs devra pourvoir au revenu d’un nombre croissant de personnes. Les premières mesures prises dans ce cadre ont consisté à encourager la constitution d’une pension individuelle et d’une pension au sein des entreprises (2e et 3e piliers) pour compléter la pension légale (1er pilier). Quelques décennies plus tard et après de nombreux débats, une autre avancée a été réalisée avec la création du Fonds de vieillissement. Ces mesures ont été prises en supposant que nous devions encore réaliser une croissance économique importante. Contracter quelques dettes sur base de cette croissance escomptée ne semblait donc pas un problème insurmontable.
    Jusqu’à ce qu’arrive Lehmann ... la crise du crédit a alors démontré que le financement par l’emprunt n’était raisonnable que s’il se limitait à un certain niveau. Il était donc clair que ce n’était pas une solution.

    Nier la réalité et contracter des dettes supplémentaires n’est pas une solution non plus. Et trop miser sur l’épargne constitue un danger. C’est comme si, dans notre empressement à enlever la graisse, nous risquions de couper dans la viande. Comme souvent, la solution réside dans le problème. Nous savons que les « baby-boomers » sont non seulement nombreux, mais qu’ils se sont aussi souvent constitués une fortune importante. C’est une génération dorée qui n’a connu que la paix en Europe. Et qui a appris à réaliser des économies. Cette génération a non seulement su profiter des indices boursiers à la hausse et des taux d’intérêt élevés, mais elle a vu ses dettes se réduire grâce à une forte inflation survenue au bon moment. Rarement une génération n’avait profité d’un si grand nombre d’avantages. Elle dispose ainsi de moyens disponibles considérables et, contrairement à l’ancienne génération, elle est disposée à mettre cette prospérité au service de son propre confort. La qualité de vie est pour elle aussi importante que la « quantité de vie ». Les besoins de cette génération sont, en outre, fondamentalement différents de ceux des générations précédentes. On dépense de plus en plus en matière de soins de santé, non seulement pour acheter des médicaments, mais aussi, par exemple, des appareils auditifs, des lunettes, etc.
     
    En outre, nous constatons une nette augmentation dans la structure des dépenses en ce qui concerne les loisirs. Les hobbies et les voyages gagnent en importance. Le logement est le troisième domaine subissant un changement important. La demande en maisons de repos et résidences-services est en constante augmentation.

    En tant qu’investisseur, il est dès lors préférable que vous n’oubliiez pas cette génération dans la composition de votre portefeuille.

    Il est de mise, pour presque tous les fonds, de prêter attention à ces trois sources de changement dans la structure des dépenses et dans la production. Bien que la croissance économique soit en recul, cette approche peut produire un rendement supérieur à la moyenne.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’euro, le dollar et les pièces d’or de saint Nicolas. (novembre 2010)
    Bart Depaemelaere

    À cette époque de l’année, quand on pense « monnaie », ce sont les pièces d’or (en chocolat) de saint Nicolas qui nous viennent à l’esprit. Ces derniers mois, les investisseurs en or n’ont pas tellement été à la fête, malgré une hausse de son cours au début de l’année. En cause : la baisse du dollar par rapport à l’euro. L’investisseur belge raisonne en effet en euros alors que le cours de l’or est exprimé en dollars. Mais la tendance s’est inversée le mois dernier. Qu’est-ce qui a provoqué ce mouvement de yoyo du dollar et de l’euro ? Les problèmes européens sont bien connus. En revanche, les interventions de la Réserve fédérale américaine (FED), sous la forme de Q2 (« quantative easing »), le sont un peu moins. Les médias font même état d’une véritable guerre des taux.

    Pourquoi la FED intervient-elle si massivement ?

    La reprise économique aux États-Unis reste freinée par l’évolution décevante des chiffres du chômage. Le malaise sur le marché immobilier continue par ailleurs à peser sur la croissance. Si les résultats des entreprises sont positifs, le sentiment des agents économiques reste négatif, en raison des nombreuses annonces négatives. Le revers subi par le président américain lors des élections « mid-term », même s’il était prévisible, a également contribué au marasme ambiant.
    Pour stimuler l’économie, la FED a donc baissé ses taux. Mais ce n’était pas suffisant. C’est pourquoi elle a injecté à deux reprises (la seconde fois tout récemment) d’importantes liquidités dans le système. Les opposants à ces mesures rappellent les mots de l’économiste Friedmann : « l’inflation est toujours un phénomène monétaire », un excès de liquidités ne peut déboucher que sur de l’inflation. Ce qui n’est pas pour déplaire à Ben Bernanke, le président de la FED. Au contraire. Les États-Unis sont menacés actuellement davantage par la déflation que par l’inflation. Une petite poussée de fièvre inflationniste soutiendrait même le marché immobilier et encouragerait les ménages à consommer.

    L’augmentation de la masse monétaire ne se traduit pas encore par de l’inflation

    Du moins, pas aux États-Unis. Pour la simple raison que la plus grande union monétaire actuelle n’est pas la zone euro, mais la zone dollar. Les pays qui partagent cette monnaie sont également les deux principales économies du monde : les États-Unis et… la Chine. Les Chinois peuvent bien utiliser le yuan ou le renminbi comme monnaie nationale mais la valeur de cette devise est liée fondamentalement au dollar, au grand dépit des Américains. La Chine a noué un lien symbiotique avec son principal marché d’exportation. En liant les deux devises, le pays peut tirer une grande part de sa croissance économique de ses entreprises exportatrices. Pendant des années, ce mécanisme a bien fonctionné : l’épargnant chinois finançait le crédit qui servait aux Américains à consommer toujours plus.

    Zone euro et zone dollar = la même chose ?

    L’Union monétaire européenne a choisi, il y a dix ans, de ne travailler qu’avec une seule devise, pour favoriser le développement du commerce entre les pays de la zone euro.
    La condition était que les banques nationales transfèrent leurs compétences à une seule banque centrale. Abandonnant ainsi les instruments de politique économique que sont la dévaluation ou la fixation des taux d’intérêt directeurs. Cette zone euro ne pouvait tenir en place que si les économies des États membres convergeaient. Autrement dit que certaines économies ne croissent pas fondamentalement plus vite que d’autres. C’est pourquoi l’on avait instauré les fameux critères de convergence de Maastricht. Aujourd’hui, il faut plutôt parler de divergence profonde. Les États membres plus faibles comme la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Espagne ne peuvent plus suivre le rythme de l’Allemagne.
    La BCE surveille de très près l’évolution de l’inflation, de peur de revivre le cauchemar des années 1930, à savoir l’hyperinflation.
    Pour Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, la situation actuelle est tout sauf simple : doit-il remonter les taux pour que l’économie allemande ne soit pas menacée de surchauffe ou, au contraire, doit-il les baisser à nouveau pour soutenir des pays comme la Grèce ou l’Irlande ? Récemment, les autorités européennes ont imaginé un mécanisme complexe destiné à fournir aux États membres les plus faibles un financement meilleur marché, sans devoir baisser les taux de la BCE. Beaucoup se demandent cependant ce qui se passera dans 3 ans quand les mesures n’auront plus cours. Il serait beaucoup plus bénéfique pour tout le monde qu’une solution structurelle soit trouvée pour les « petits frères en difficulté ».

    Les problèmes de la zone euro sont cependant sans commune mesure avec les différences entre les États-Unis et la Chine, qui constituent le « bloc dollar ». L’économie des premiers croît à quelque 2% tandis que celle de la seconde galope au rythme de 10% par an. Alors que les États-Unis auraient besoin de doper leur économie, ce qu’une petite poussée de l’inflation pourrait favoriser, la Chine doit au contraire éviter toute surchauffe inflationniste.

    Le proche avenir ?

    Malgré leur rhétorique de façade, les États-Unis ne voient que des avantages dans la dépréciation du dollar. La dette extérieure des États-Unis est en effet exprimée en dollars. En cas de poussée inflationniste, le poids de cette dette ne peut donc que diminuer en termes réels. En outre, les matières premières sont également, dans leur grande majorité, traitées en dollars et ne constituent pas une menace pour l’économie. Aujourd’hui, les États-Unis ont décidé de passer à l’action après s’être heurtés à plusieurs reprises au refus chinois de réévaluer le yuan. La Chine veut en effet continuer à croître, non seulement sur son marché domestique, mais également à l’exportation. Au cours des dernières années, la Chine n’était pas seulement le pays champion de la croissance économique, il l’était également de la croissance monétaire.
    Il y a un an et demi, la masse monétaire a progressé de 50% en base annuelle. Ce qui a permis à la Chine de continuer à croître de 8% au milieu d’une crise économique. Cette année, la Chine a cependant refermé progressivement le robinet monétaire au vu d’une croissance économique approchant le taux de 12%, ce qui ne se traduisait plus en activité supplémentaire mais en inflation.  

    Les États-Unis tentent de stimuler leur économie de la même manière. Mais problème : en raison du lien entre les économies américaine et chinoise et de la parité du dollar et du yuan, l’excédent de dollars se dirige progressivement vers l’économie chinoise. Nourrissant une inflation de 10% au niveau des prix des terres agricoles, ce qui exerce une lourde pression à l’intérieur de la Chine encore très agricole. Les autorités chinoises y ont réagi en procédant à des hausses de taux et en imposant aux banques des exigences en capital plus élevées.
    Ces mesures freinent le développement des entreprises, ce qui permet d’écarter la menace de surchauffe mais n’entrave en rien l’inflation des prix alimentaires. La Chine est vraiment devenue un pays à 2 vitesses : une région côtière dont la croissance économique est très rapide et un marché intérieur très rural. La Chine tente à la fois de stimuler son marché domestique et de maintenir sa position d’exportateur. Ce n’est possible qu’avec un yuan sous-évalué. Mais cette position est mise sous plus forte pression encore après les mesures de Q2. Le risque d’une désagrégation de la zone dollar paraît donc aussi grand que celui du  démantèlement de la zone euro.

    Fondamentalement, nous continuons cependant à croire en la croissance et au potentiel de pays comme la Chine, le Brésil, l’Inde, etc. Nous devons cependant veiller à ce que les risques pris soient suffisamment rémunérés.
    Dans l’environnement actuel, il est préférable, pour la grande majorité des investisseurs, que les placements dans ces régions prometteuses soient associés à un mécanisme de contrôle du risque et/ou à une protection du capital. 

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’Histoire repasse-t-elle les placements ? (septembre 2010)
    Bart Depaemelaere

    Quant il s’agit de prendre des décisions, on a tout naturellement tendance à examiner  les expériences passées. Après tout, tirer les leçons de l’Histoire semble relativement simple : il suffit de prendre l’exact contre-pied des stratégies défaillantes. Ce mouvement de balancier, qui consiste en définitive à passer d’un extrême à l’autre, produit rarement de bons résultats. Et il n’en va pas autrement dans le domaine des investissements.

    Certes, l’Histoire peut être bonne conseillère. Tout l’art consiste à tirer les conclusions pertinentes des événements. Et surtout à ne pas se laisser guider par ses émotions. L’investisseur est comme un automobiliste : à trop regarder dans le rétroviseur, il perd de vue le trafic devant lui. Il n’est plus capable d’anticiper, ce qui est la clé de la bonne conduite dans les deux cas. Il ne voit plus, ni les dangers, ni les tournants décisifs. Ainsi, le caractère défensif des actions du secteur télécom pendant la période 2004-2009 a été largement ignoré, les investisseurs gardant en mémoire leur déconfiture en 1999-2000, et c’étaient les actions bancaires qui étaient considérées alors comme des placements de « bon père de famille ». Manquant d’informations pertinentes, animés surtout par leurs « tripes », les investisseurs ont permis la formation de ce que l’on appelle une « bulle financière». Dont l’éclatement a causé les ravages que l’on sait.

    Aujourd’hui, le comportement de l’investisseur et du consommateur s’explique encore partiellement par ces événements. Depuis 2008, les investisseurs ont fui comme la peste tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un placement risqué. Les actionnaires ont payé le prix fort de leur investissement « spéculatif ». À l’inverse, les détenteurs d’obligations et les épargnants sont sortis indemnes, alors qu’ils avaient souvent placé leurs billes dans les mêmes entreprises et ils ont même obtenu un rendement supérieur pour ce risque plus élevé. L’investisseur s’est donc adapté à cette nouvelle réalité. Résultat ? Les taux ont encore été soumis à une plus forte pression. Des obligations de rating C, voire sans rating du tout, ont été reprises dans les portefeuilles sans autre forme de procès. La question pertinente à se poser consiste pourtant à se demander si leur risque est correctement rémunéré. Dans le même temps, les comptes d’épargne ne cessent de se garnir. Les livrets bénéficient il est vrai de la garantie de l’État. Des placements sans risque, donc. Mais en est-on si sûr ? Une partie du marché met en doute la capacité des institutions bancaires de certains pays à faire face à leurs obligations financières. En particulier en Grèce, au Portugal et, dans une plus grande mesure encore, en Espagne. Ces inquiétudes ne sont certainement pas infondées. Les banques espagnoles ont absorbé en effet d’importantes pertes immobilières qui plombent leur bilan. Qui plus est, l’ampleur du secteur bancaire est considérable en Espagne. Tenter de retrouver des situations similaires dans l’Histoire n’est pas simple. 

    Nous vivons donc aujourd’hui dans une « nouvelle réalité ». Ce qui se traduit également dans notre comportement de consommation. Pour les produits de tous les jours, nous nous tournons vers les marques des distributeurs. Ou nous allons chez Colruyt. En revanche, nous semblons ne pas regarder à la dépense pour notre iPad, notre GSM, etc. Contrairement à la logique qui devrait valoir actuellement, le luxe n’est pas le premier poste de dépense sacrifié. C’est même tout le contraire. On assiste à une véritable polarisation de la consommation. Et nous observons le même phénomène du côté des placements. Le rendement et le risque sont désormais passés au crible de notre nouvelle perception. Ainsi, les actions sont considérées comme des placements très risqués (la prime de risque des actions est étonnamment élevée). Comme si les investisseurs exigeaient un « salaire de la peur » pour confier leur argent à des entreprises. Mais ces mêmes investisseurs n’ont aucun problème à acheter des obligations de la même entreprise, en dépit des faibles rendements qu’elles affichent.

    Le comportement des investisseurs européens et belges en particulier s’inscrit tout à fait dans cette « logique ». À leur décharge, il faut pointer leur manque de formation en matière de produits financiers. Le comportement du Belge est le résultat de son expérience (en clair, de ses erreurs). Mais il semble faire amende honorable. Ces dernières années, la « gestion du risque », matière jugée rébarbative et ennuyeuse auparavant, connaît un net regain de popularité.

    Aujourd’hui, pour saisir les opportunités actuelles, notre conseil est clair : basez votre comportement sur des critères objectifs. À long terme, l’évolution du marché est rationnelle. À court terme, le marché est surtout mû par les émotions. Ne vous laissez pas submerger par des vagues d’optimisme ou de pessimisme (toujours exagérées) mais respectez votre profil d’investisseur. Vos placements doivent s’accorder à vos attentes, tant en termes de rendement que de sécurité.

    Par-dessus tout, respectez les fondamentaux de l’art d’investir : diversifiez correctement vos placements, en toutes circonstances. Ces principes constituent d’ailleurs le cœur de notre philosophie en la matière : Argenta est là pour vous aider à « investir sainement ».

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • La courbe de Laffer, la solution à toutes les questions économiques ? (août 2010)
    Bart Depaemelaere

    L’économie et le comportement humain.

    L’économie et la bourse sont stimulées en grande partie par une analyse numérique des entreprises : combien de ventes, combien de bénéfices, combien d’engagements…
    Tous ces chiffres sont convertis en de beaux ratios, qui sont utilisés par les économes et les analystes. Plus ces informations sont correctes, mieux ils pourront estimer si un produit ou service est marqué d’un prix trop élevé ou trop bas. Cependant, un nombre d’éléments « émotionnels » n’est pas pris en considération. On tente de quantifier également ce type de tendances et de l’incorporer dans les évaluations, comme celles sur la confiance des consommateurs et des producteurs.

    Le comportement humain reste néanmoins difficile à prévoir. Pour cette raison, il est parfois utile de cataloguer les personnes en fonction de leur position dans le processus économique afin d’expliquer leur comportement. Quelques exemples de ces catégories de personnes sont les consommateurs, les investisseurs, les travailleurs, etc. Ainsi, chaque personne exerce plusieurs rôles en même temps et réagit différemment à d’autres circonstances en fonction de ces rôles. Un exemple : une entreprise licencie 10 % de ses travailleurs. En tant que travailleurs, nous y réagissons de manière très négative. L’entreprise qui nous avait fourni un emploi et un revenu a cessé de le faire. Par contre, en tant qu’investisseurs, nous y réagissons de manière positive : en diminuant ses dépenses, l’entreprise prévoit des bénéfices plus élevés (ou une perte moins importante). Pour l’investisseur, cette décision a des conséquences positives. Cela devient évidemment plus complexe quand cet investisseur est également un travailleur.

    L’économie aujourd’hui

    Nous constatons que les entreprises exercent actuellement plus d’activités à la suite du redressement économique. Le chômage aux É.-U. et celui en Europe restent néanmoins à un niveau très élevé. La croissance des activités découle dès lors d’une augmentation manifeste de la productivité. En d’autres termes : ce sont surtout les investisseurs qui bénéficient des meilleurs résultats. Le produit afflue principalement vers eux et n’est pas transformé en emplois supplémentaires.

    Pourquoi ou comment devrions-nous en tenir compte ? 

    La réponse à cette question nous amène à la courbe de Laffer. Selon cette courbe, un taux d’imposition de 0 % ne rapportera rien à l’État (0 % d’une somme considérable est toujours égal à 0). Un taux d’imposition de 100 % ne lui rapportera rien non plus, parce que personne ne veut que le produit de son travail ou de ses investissements revienne intégralement à l’État.

    Laffercurve FR

    Il faut donc un partage équilibré entre tous les agents économiques (les fournisseurs de capital, les
    fournisseurs de travail et l’État) pour réaliser une croissance économique maximale. Tout comme il faut partager de manière équitable les bénéfices des entreprises entre les investisseurs et les travailleurs. Notre position actuelle sur la courbe de Laffer risque de ne pas être optimale.

    Aujourd’hui, il y a un déséquilibre en faveur de l'investisseur et donc au détriment du travailleur. Ce déséquilibre procède du fait qu’une entreprise a besoin de deux facteurs de production : le capital et le travail. Le prix de chacun de ces facteurs est déterminé sur le marché. 

    Le prix du travail est déterminé sous la forme de salaires. S’il y a un nombre important de demandeurs d’emploi (chômage élevé) et qu’il y a une demande limitée de travailleurs, il est évident que le prix du travail sera (relativement) faible. Dans ce cas, les travailleurs n’auront pas une grande marge de négociation.

    Le prix du capital est déterminé par les investisseurs et se situe actuellement à un niveau très élevé. Les investisseurs veulent donc s’attendre à des rendements très élevés avant qu’ils soient prêts à investir. Les rapports cours-bénéfice et les primes de risque sur actions que nous observons actuellement sont comparables à ceux enregistrés au sommet de la crise en 2008. Les prévisions économiques sont beaucoup plus positives. La base fondamentale de notre système est également beaucoup plus stable. Malgré tout cela, les investisseurs ne sont souvent pas prêts à investir sur la bourse.

    La courbe de Laffer nous aidera peut-être à en trouver la cause. Si la prise de risques n’est pas pénalisée (taux d’imposition de 0 %), tout le monde prendra des risques, comme en témoignent certaines pratiques de ces dernières années dans le secteur financier. Par contre, si la prise de risques est trop lourdement taxée (100 %), personne ne prendra des risques. Cette taxation est relative. En raison de l'intervention de l'État, les investisseurs ont considéré les placements sur les comptes d’épargne et les comptes à terme comme des placements sans risque. À la suite de la protection promise par l’État en cas de faillite d’une institution, les investisseurs ont reçu une prestation (relativement) élevée pour retirer de l’argent de la circulation. Après quelque temps, cela n’a pas manqué d’intriguer les marchés financiers qui se sont interrogés sur la situation financière de certains États. Paradoxalement, l’illusion de la sécurité des comptes d’épargne est restée intacte. Les placements dans les entreprises étaient par contre considérés comme des placements très risqués, malgré les prévisions plus optimistes.

    Il en est résulté un climat dans lequel on prêtait beaucoup d’attention à un nombre de signaux négatifs (à court terme). Un taux d’épargne plus élevé, une consommation plus faible et moins de placements. Par conséquent, la demande des produits des entreprises a diminué et ces entreprises ont disposé de moins de capital.

    Les solutions possibles

    Comment l’État peut-il réagir ? Et voilà que nous reprenons la courbe de Laffer. Il n’est plus nécessaire de démontrer que le travail est trop lourdement taxé. Ainsi, une diminution du taux d’imposition entraînera même des recettes plus élevées pour l’État. La consommation doit être stimulée, mais il faut également mettre du capital à la disposition des entreprises. Un signal en ce sens pourrait être la limitation de mesures d’économie dans la région septentrionale de l’Europe. Si ce signal est combiné avec une baisse du taux de la BCE et des mesures quantitatives, cela nous permettrait de revitaliser notre économie. 

    Une autre solution éventuelle à long terme consiste en la diminution de l’impôt sur la consommation et en l’introduction d’un impôt basé plutôt sur les biens que sur le rendement. Dans ce cas, les propriétaires seraient obligés de chercher un rendement correct en guise de compensation. Ainsi, les impôts peuvent obliger les investisseurs à quitter leur fauteuil et à activer leur patrimoine. Ceci est cependant bien plus qu’une question économique et doit faire l’objet d’un large débat social.

    À court terme, nous pouvons donc uniquement constater que la prise de risques (en matière d’actions) est toujours très bien récompensée. Une allocation supplémentaire dans votre portefeuille, dans une bonne proportion, avec une diversification optimale et une mesure de protection appropriée pourrait s’avérer très intéressante. Le marché commence cependant à se montrer attentif à la nécessité de capital d’exploitation et au prix à payer.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’eau et les investissements, une combinaison gagnante ? (août 2010)
    Bart Depaemelaere

    Quels thèmes vous intéressent en tant qu’investisseur ? Chez Argenta, nous suivons de près les évolutions les plus récentes, dont l’attention accrue pour la disponibilité d’eau propre.

    Nous nous levons le matin et nous ouvrons le robinet. Conséquence : de l’eau se met à couler. Nous nous brossons les dents, prenons une douche, buvons une tasse de thé puis, avant de partir au travail, nous mettons vite du linge dans la machine à laver. Nous trouvons tout cela normal. Nous ne nous y attardons pas. Ainsi, nous consommons chaque jour des dizaines de litres d’eau potable.

    Cependant, nous ne sommes pas seuls au monde. De plus en plus de personnes consomment de plus en plus d’eau. La demande d’eau augmente. Par conséquent, la quantité disponible d’eau potable devra également augmenter. Est-ce possible ? Comment notre économie peut-elle répondre à cette demande ? Comment pouvez-vous y réagir en tant qu’investisseur ?

    La population mondiale croissante entraîne une augmentation de la demande d’eau.

    Saviez-vous que la population mondiale a doublé depuis les années 50 du siècle dernier ? Les Nations Unies prévoient que d’ici 2020, nous compterons 7,8 milliards de personnes et que vers 2050, nous serons même 9 milliards !

    Dans la pratique, nous ne ressentons actuellement aucun manque d’eau. Pourtant, de plus en plus souvent, l’eau est appelée « l’or bleu », et ce à juste titre.

    Quelques chiffres.

    • Le volume total sur terre est de 1,4 milliard de km3, dont seulement 35 millions de km3 représentent des sources d’eau douce (potable). Ceci veut dire que seulement 2,5 % du volume total est constitué d’eau douce
    • Par ailleurs, la quantité d’eau potable n’est même pas entièrement accessible. Près de 70 % de la quantité d’eau potable est présente sous forme de glace ou de neiges éternelles dans des zones de montagne, en Antarctique ou dans des régions arctiques. 
    • De plus, les activités de l’homme mettent notre planète sous une pression importante. L’histoire nous apprend qu’il existe un lien étroit entre le développement économique et le développement des sources d’eau.

    Plus la population mondiale augmente, plus la consommation d’eau augmente. D’un point de vue démographique, nous devrons puiser davantage dans ces réserves. Nous devons faire des efforts pour rendre l’eau disponible, comme c’est le cas également pour les autres matières premières. Pensons aux processus d'épuration ou de dessalement. Ce qui la rend différente des autres matières premières comme le pétrole, c’est que l’eau est un élément irremplaçable.

    La prospérité croissante entraîne une augmentation de la consommation d’eau.

    Les pays occidentaux connaissent un gaspillage énorme, les États-Unis occupant la première place. Près de 8 % de la population mondiale vit en Amérique du  Nord. Ces 8 % consomment 20 % de la consommation mondiale d’eau. En Occident, nous gaspillons de plus en plus d’eau, également suite à l’attention accrue pour l’hygiène. L'augmentation du nombre de lave-vaisselle entraîne également une augmentation énorme de la consommation d'eau. Mais il existe de nombreux autres exemples. 

    Saviez-vous qu'en actionnant la chasse d’eau, vous consommez plus d’eau que l’Africain moyen pendant une journée pour cuisiner, nettoyer, se laver et boire ? Les Nations Unies estiment que chaque personne a besoin de 20 à 50 litres d’eau par jour pour subvenir à ses besoins de base tels que boire, faire la cuisine et nettoyer. Dans la pratique, cependant, notre consommation est bien supérieure, car nous ne la consommons pas de manière durable.

    Ces dix dernières années, nous constatons une nette croissance de la prospérité dans des régions situées en dehors de l’Europe et des États-Unis. La Chine en est un exemple éloquent. Cependant, en Amérique latine, une classe moyenne commence également à se former. Ce phénomène est comparable à ce qui s’est passé en Europe après la Seconde Guerre Mondiale. Tout comme ce fut le cas dans les pays occidentaux, ce phénomène entraîne un changement des besoins et des modes de consommation, y compris la consommation d’eau. Non seulement chez les particuliers, mais également dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie, la demande d’eau augmente. Cette évolution menace de devenir un point névralgique pour les économies en développement.

    Comment pouvons-nous y répondre ?

    Les pays occidentaux commencent à prendre conscience de la valeur de l’eau. Ainsi, les autorités stimulent la consommation d’eaux pluviales et essaient de sensibiliser le public à l’impact écologique de la consommation d’eau. À la lumière de la consommation croissante, ces initiatives ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer. Il est incontestable que nous devons apprendre à consommer l’eau d’une manière plus durable.
    D’un autre côté, malgré tous ces efforts, les évolutions démographiques et économiques sont de nature à augmenter la consommation d’eau, notamment en raison des activités supplémentaires des entreprises attirées par ces économies suite à la demande croissante.

    L’augmentation de la demande d’eau entraîne également des activités économiques greffées sur ce phénomène. Il s’agit des activités d’entreprises qui sont chargées de l’épuration et de la distribution d’eau. Elles remplacent et entretiennent les systèmes existants en Occident. Dans les économies en développement, comme la Chine et le Brésil, elles disposent d’un marché en expansion pour leurs activités. L’expansion permet le profit, ce qui vous offre des opportunités en tant qu’investisseur.

    Vous pouvez créer une plus-value à long terme, en investissant dans les entreprises qui :

    1. sont chargées de la distribution d’eau 
    2. produisent des équipements (tels que des canalisations)
      En Occident, ces canalisations doivent être remplacées d’urgence. En Amérique par exemple, un quart des canalisations datent d’il y a plus de 100 ans. Dans les décennies à venir, de nombreux investissements devront avoir lieu. En même temps, dans les pays émergents, ces infrastructures doivent encore être construites entièrement. 
    3. améliorent la qualité de l’eau et la durabilité
      (purification, filtres autonettoyants, irrigation…) 
    4. sont chargées du contrôle de l’eau
      (Par exemple : mesures, collecte et traitement de données pour obtenir une idée de la consommation)

    Outre la naissance de nouvelles économies, le vieillissement de la population et la mondialisation, la disponibilité limitée de l’eau nous placera dans les années à venir devant un nombre de défis importants. Pour vous, investisseur, ces évolutions représentent des opportunités.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Fragmigration (juin 2010)
    Bart DepaemelaereLe soleil se lève à l’est... Mais le pays du soleil levant n’est plus le Japon. Du moins, pas sur le plan économique. Aujourd’hui, les marchés mondiaux regardent la Chine avec envie. Pour les Bourses, la réévaluation de la monnaie chinoise, le Yuan, longtemps attendue, semble être le premier rayon de soleil d’une nouvelle journée. Pourquoi ceci exerce-t-il un impact sur vous ?

    Une grande partie de l’agitation sur les marchés économiques est imputée à l’augmentation démesurée des taux d’endettement des États. Cependant, tous les pays n’ont pas des problèmes. Bien au contraire. Nous constatons actuellement une grande différence entre l’ouest (États-Unis, zone euro) et les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine. Alors que les économies développées accumulent les dettes et semblent prendre du retard face aux pays émergents sur le plan de la croissance économique, les deux sont plus étroitement liés qu’on ne pourrait le penser de prime abord. 

    Capitalisme
    En économie, nous distinguons deux facteurs de production : travail et capital. Depuis la révolution industrielle, nous constatons que le capital joue un rôle de plus en plus important dans le processus économique. Aussi, le 20e siècle peut être appelé à juste titre le « siècle du capitalisme ». En dépit du test qu’il subit actuellement, il s’agit du seul modèle ayant résisté. Même les pays défenseurs des autres systèmes (la Chine, la Russie,...) se sont maintenant convertis.

    Pourtant, le capitalisme n’est pas le même partout. En Russie, l’argent et le pouvoir sont absolus et leur utilisation ne connaît pas de limites. Le résultat est une société qui connaît des contrastes importants. L’évolution du communisme vers le capitalisme a créé une petite classe sociale supérieure. Pour la grande masse, on ne constatait que peu de progrès. En Chine, nous parlons de « capitalisme d'État » dans lequel la « main invisible » du capitalisme est guidée par Pékin, surtout sur le plan des exportations. L’économie chinoise est accusée de viser uniquement une exportation maximale pour se constituer de grandes réserves de valeurs et de métaux nobles. Cette manière de penser date du 17e siècle. À l’époque, la richesse d’un pays était assimilée à la richesse de l’État. Celle-ci était mesurée sur la base de la taille des réserves de cet État. Il en résulte cependant que la richesse reste limitée aux pouvoirs publics et ne parvient pas suffisamment à la population. Le résultat semble donc être que la Chine est riche sans que le Chinois le soit nécessairement.

    À l’ouest, on assimile, suite à notre système démocratique, la richesse d’un pays à la richesse de ses habitants. L’utilisation générale du produit national brut par habitant pour mesurer la richesse en est un exemple clair. Il en résulte cependant qu’en Europe et aux États-Unis, nous obtenons une individualisation de la richesse et (surtout en Europe) une collectivisation des dettes. Dans de nombreux pays européens, les dettes des autorités publiques se trouvent chez les habitants. Ainsi, le créancier le plus important de l’État belge est… le Belge.

    Déséquilibres
    La conséquence majeure est l’apparition de déséquilibres importants. Ainsi, la Chine devient petit à petit ‘l’usine’ du monde où tout est fabriqué. L’ouest appelle la Chine à penser davantage à sa propre population. Autrement dit : non seulement produire plus, mais aussi consommer plus. Aujourd’hui, la relation entre la Chine et l’ouest est comparable à celle d’un toxicomane avec son dealer. L’Europe et les États-Unis ne cessent de demander de nouvelles doses. Cependant, la Chine ne peut plus s’arrêter non plus car elle dépend du flux de revenus de l’ouest pour maintenir le niveau de sa croissance. La seule solution consiste à organiser une demande interne en Chine, pour diminuer la dépendance vis-à-vis de l’ouest.

    Récemment, le marché financier s’est cependant posé des questions quant à la crédibilité du toxicomane. Bizarrement, les doutes sont les plus importants du côté de l’ouest. Les Européens se posent des questions quant à la capacité de remboursement de leurs autorités.

    Quelles sont les solutions ?
    En cas d’activité économique égale, la conséquence douloureuse est que les autorités pourront faire moins pour leurs habitants et devront économiser et prélever de nouveaux impôts. L’Allemagne essaie de faire ceci en stimulant surtout les exportations. Elle veut profiter ainsi de la toxicomanie des États-Unis, mais les pays voisins devront également en faire les frais. Ainsi, le toxicomane devient lui-même dealer. Mais il ne s’agit pas d’une solution à long terme. De cette manière, tout est réglé en fonction de cette économie toxicomane, qui, par hasard, est la plus grande du monde. Ce système n’apporte pas des solutions saines. En augmentant le déséquilibre, on augmente également le risque de chocs futurs.

    Ce fantôme noir est-il totalement inévitable ? Une autre solution en Europe pourrait consister à suivre nous-mêmes l’avis que nous donnons à la Chine, c’est -à-dire stimuler la demande intérieure. Aujourd'hui, nous avons un taux d'épargne de 20% : de l'argent qui n’est pas utilisé pour consommer ou investir et qui est donc économiquement inactif. Ainsi, nous tirons un cinquième de l’argent de l’économie. Le capital est extrêmement peu taxé en Europe. C’est surtout le travail qui est taxé. Cet élément pourrait expliquer en partie pourquoi le redressement économique ne s’est pas traduit (surtout en Europe) par une création d’emplois.  La clé se situe entièrement du côté du consommateur européen, qui ne consomme ni n’investit...

    Vous remarquerez sans doute la complexité de la situation économique actuelle. Il y a 20 ans, les orientations étaient claires : capitalisme face au communisme. Aujourd’hui, le monde est nettement plus complexe. Si l’Europe souhaite sortir de l’impasse, certains États membres devront réorganiser en partie les finances publiques, mais s’attaquer également à la problématique du vieillissement de la population.
    Ainsi, nous devrons générer de la valeur économique pendant plus longtemps, ce qui peut vouloir dire que nous devrons travailler plus longtemps. Cependant, trop souvent, ces analyses s’arrêtent uniquement au facteur de production travail et ignorent l'immense richesse que possèdent les ménages. Il en résulte que nous devrons faire travailler davantage notre capital pour nous. Investir sainement constitue une réponse.   

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Vous partez en vacances. Qu’en est-il de votre argent ? (mai 2010)
    Bart Depaemelaere

    Les vacances approchent. Pour beaucoup d’entre nous, une période de calme s’annonce, dans une vie pour le reste agitée. La possibilité de reprendre haleine… Vos investissements s’apaiseront-ils également au cours de cette période ?
    Actuellement, les marchés sont encore très nerveux. En effet, les cours ont quasiment l’aspect des montagnes russes. Depuis deux ans, les hausses et les baisses se sont succédé à grande vitesse. Beaucoup d’argent a été gagné et perdu. Les deux facteurs qui essaient de l’emporter sans cesse l’un sur l’autre sont la crainte et la convoitise.
    Résumons la question : nous avons eu d’abord, de 2003 à 2007, une période de calme, de croissance économique constante et de prospérité croissante. En 2007, il s’est avéré pourtant que cette prospérité, qui semblait accessible à tous, était basée en partie sur des dettes. Les dettes peuvent certes avoir leur utilité. (Nous y reviendrons.) Cependant, les dettes se trouvaient de manière excessive dans une catégorie précise (subprime). Ainsi, elles ont donné lieu à une petite crise de l’immobilier. Les prix ont chuté de 10 à 15 %.
    Où se situait le problème ? Une génération entière de banquiers avaient basé leurs bénéfices sur ces dettes et avaient spéculé avec de l'argent emprunté. Cependant, les banques constituent la pierre angulaire de notre système économique. Une faillite de ces joueurs (ou d’un trop grand nombre d’entre eux) aurait signifié la fin du système capitaliste. C’est pourquoi les seules instances capables d’intervenir sont intervenues : les gouvernements. Ceci a mené dans un premier temps à un redressement clair. Aujourd’hui, cependant, les marchés financiers se demandent à juste titre comment les gouvernements vont rembourser cet argent.

    En particulier la Grèce arrive ici au premier plan. Les autorités grecques ont une dette de plus de 100 % du PNB. L’évolution est cependant encore plus alarmante. Aujourd’hui, le gouvernement grec dépense chaque année 9 % de trop. Par ailleurs, 40 % du PNB grec est composé de dépenses publiques. Par conséquent, la Grèce a reçu de la zone euro une ‘ligne de vie’ : crédit temporaire. Il est clair, cependant, que les Grecs devront fournir de gros efforts pour fondamentalement remettre de l’ordre dans leur administration. Une attitude telle que celle de Guy Mathot (ancien homme politique wallon) – « si la dette publique s’est construite toute seule, elle disparaîtra de la même façon » – ne suffira donc pas. Les Grecs, et dans une moindre mesure le Portugal, l’Espagne et l’Italie, pourront dépenser (épargner) moins dans les années à venir et devront chercher davantage de revenus (impôts).
    L’attitude de l’Allemagne dans ce contexte est cependant très radicale. Les nouvelles normes budgétaires pour les Bundesländer sont particulièrement strictes : pas de déficits. Au niveau national, seul un déficit maximal de 3 % est autorisé. Ces mesures draconiennes sont basées sur la crainte historique d’une hyperinflation (comme ce fut le cas entre les 2 guerres mondiales). Nous risquons cependant de jeter le bébé avec l’eau du bain. Une dette peut également être positive. Par exemple, les crédits hypothécaires permettent aux ménages d’utiliser dès aujourd’hui leurs recettes futures pour l’achat d’une maison, au lieu de devoir louer d’abord pendant 15 ans. La suppression complète des dettes publiques pourrait entraîner également d’autres problèmes. En effet, comment investir sans risques en l’absence d’obligations publiques allemandes ? Comment mesurer le risque sans cet instrument ? Par ailleurs, l’État est l’employeur le plus important et souvent un des consommateurs les plus grands du pays. Trop restreindre celui-ci constitue dès lors une solution particulièrement radicale.     

    Le fait d’empêcher les autorités d’intervenir sur les circonstances économiques, c’est ignorer en partie les leçons de John M. Keynes, qui affirmait que le rôle de l’État est justement d'aplanir les creux les plus profonds et d'écrêter les sommets les plus hauts pour limiter l'effet des variations de la conjoncture économique sur les habitants du pays. Les dépenses liées aux plans de redressement se ressentiront seulement pendant les années à venir. La crainte d’une diminution de la croissance économique en raison des dettes pourrait facilement être résolue (partiellement) grâce aux investissements réalisés. L’histoire nous apprend que l’effet des infrastructures supplémentaires, des engagements etc. n’est visible dans sa totalité qu’au bout de quelques années (effet multiplicateur). Or, dans le passé, des dépenses supplémentaires étaient effectuées uniquement dans les périodes de basse conjoncture. Pour bon nombre de raisons, il était beaucoup plus difficile d’épargner. Aujourd’hui, nous devons nous pencher à nouveau sur le rôle que nous souhaitons octroyer à l’État sur le plan économique.

    Devons-nous nous inquiéter sur notre propre pays la Belgique ? La Belgique possède une dette publique de plus de 100 %. De plus, notre budget n'est pas en équilibre et ne le sera probablement pas dans les 5 années à venir. La Belgique est-elle la Grèce à la Mer du Nord, comme l'affirme Thomas Leysen, président de la FEB ? Dans ce cas, la question qu’il faut se poser est : « Qui sont les autorités ? » La réponse est vous et moi. Nos possessions se portent garantes des obligations contractées par nos autorités.
    Mais quel est le rapport entre ces deux éléments ? De ce point de vue, la différence est frappante : notre dette (importante) ne représente pas même un tiers de nos possessions. Aussi, son remboursement à terme n’est pas remis en cause. Par ailleurs, le Belge dispose toujours d’un taux d’épargne de 20 %. Nos possessions continuent d’augmenter fortement, tandis que l’État belge peut présenter un solde primaire (la différence entre les dépenses et les revenus avant paiement des intérêts) positif, ce qui signifie, en soi, que notre dette diminue. Pour cette raison, la Belgique continue actuellement, en dépit de sa montagne de dettes, à servir d’exemple sur le plan financier international. En termes simples : la Grèce devrait se comporter davantage comme la Belgique. Vous pouvez donc, sans crainte, être fiers d’être Belges.

    Ensemble, la Grèce et l’Allemagne ne représentent qu’un petit rouage dans le paysage économique, même s’ils sont symptomatiques de l’analyse du rôle de l’État. N’oublions cependant pas les autres États. La Chine, dont le gouvernement essaie d’éviter une surchauffe de l’économie, se stabilise actuellement sur un chemin de croissance particulièrement élevé. Les entreprises ont profité de la période écoulée pour dégraisser et sont aujourd’hui en très bonne santé, prêtes à profiter du redressement économique, qui est cependant plus lent. Les taux sont actuellement particulièrement bas, ce qui permet aux entreprises d’emprunter plus facilement et incite les gens à consommer. Aujourd’hui, de très nombreux indicateurs économiques sont au vert. Nous n’attendons plus que les températures grecques !  

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Thèmes d’avenir (mai 2010)

    Danny ReweghsObtenir un rendement supérieur à la moyenne implique désormais d’opérer des choix précis.

    L’an dernier, tous les actifs se sont appréciés : toutes les actions, tous les secteurs, tous les thèmes d’investissement ont repris des couleurs après une chute brutale, elle aussi, généralisée. Le rétablissement global étant arrivé à son terme, il s’agit à présent d’opérer des choix très précis pour continuer à engranger des gains en bourse. Nous avons dressé la liste des thèmes porteurs pour l’avenir :

    Émergence et développementd’une classe moyenne dans les pays en croissance :  depuis 1990, la population mondiale a augmenté de 27 %. Plus impressionnant encore : le revenu mondial a bondi lui de 68 %. En raison, principalement, de l’apparition et du développement de classes moyennes dans les pays émergents. En Chine, le revenu des habitants tout en haut de l’échelle (les premiers 10 %) a déjà été multiplié par 40 depuis 1985. Tendance plus fondamentale : en Asie, les classes moyennes grossissent chaque année de plusieurs millions d’individus.

    Matières premières : dans un précédent numéro, nous avions souligné que la montée en puissance des pays émergents allait de pair avec une hausse considérable de la consommation de matières premières. La Chine y joue un rôle prépondérant. La demande mondiale d’aluminium, de zinc, de cuivre, de nickel, etc. est déterminée, dans une proportion de 40 à 50 % par les besoins de l’Empire du Milieu. Ces matières premières sont destinées à alimenter les investissements colossaux en infrastructures (routes, ponts, etc.), en bâtiments (de nouvelles villes entières sortent de terre) et en usines.

    Agriculture : l’émergence de classes moyennes dans les pays émergents a conduit à une hausse de la consommation de viande de 60 % depuis 1990. En outre, la population mondiale s’accroît chaque année de 75 millions d’âmes. Autant de bouches supplémentaires à nourrir. À l’horizon 2050, il faudra alimenter 9 milliards d’êtres humains. L’augmentation de la superficie des terres cultivables ne suit pas cette progression exponentielle. Elle n’a augmenté que de 12 % au cours des deux dernières décennies. Et le rendement par hectare n’a progressé de 1,3 % au cours des dix dernières années. Ce dernier devrait toutefois s’accroître annuellement de 2,5 % au cours de la prochaine décennie. Mais cela ne sera possible qu’en développant de meilleurs engrais, semences, machines agricoles, produits phytosanitaires, etc.

    Énergie (alternative) : l’année 2009 s’était singularisée par une baisse de la demande de pétrole. Grande Récession oblige. Cette parenthèse est déjà bien refermée. Cette année, la tendance à la hausse de la demande de pétrole a repris son cours. Les prévisions font état d’une hausse annuelle de 1,2 à 1,4 million de barils par jour. Problème : les principaux champs pétroliers, découverts et exploités depuis les années 1960 et 1970, commencent à voir leur production diminuer : l’on prévoit une baisse annuelle de 5 %. Pour découvrir de nouveaux gisements de pétrole et de gaz, des investissements gigantesques sont nécessaires. Or, en raison de la crise, les investissements en exploration ont reculé de 22 % l’an dernier. Ce qui rend plus difficile le renouvellement des réserves. Toujours est-il que le pétrole et le gaz ne pourront pas, à eux seuls, résoudre l’équation des futurs besoins énergétiques de la planète. Il faudra innover à une grande échelle dans le domaine de l’énergie solaire, de l’éolien, de la biomasse, du biocarburant, etc. L’énergie alternative présente également un potentiel de croissance considérable.

    Vieillissement : aujourd’hui, la population mondiale de 6,5 milliards d’êtres humains ne compte « que » 700 millions de personnes âgées de plus de 60 ans. Mais, à l’horizon 2050, cette tranche d’âge en comptera 2 milliards. Les plus de 60 ans dépensent quatre fois plus en médicaments que les jeunes. En outre, ils veulent profiter de leur temps libre. Ainsi, par exemple, la croissance explosive du marché des croisières est due au vieillissement de la population. On peut également citer le thème des maisons de repos : un marché en croissance et le seul dans le secteur immobilier à ne pas avoir été touché par la crise.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’horloge d’investissement : savez-vous à quoi vous en tenir ? (mai 2010)

    Bart DepaemelaereCher investisseur, savez-vous quelle heure il est ?

    Certaines phases de la culture économique impliquent d’autres choix d’investissement. Votre portefeuille est-il bien en phase avec la situation macroéconomique actuelle ?

    Le concept de l’investment clock date de l’année 1937. C’est probablement un des indicateurs les plus connus de la situation de l’économie, la direction probable que suivront les taux, les biens immobiliers et les marchés des actions. L’horloge d’investissement représente les mouvements cycliques de ces marchés dans les cycles à long terme (environ dix ans) et peut ainsi fournir une compréhension pratique du climat d’investissement.

    Que dit l’horloge d’investissement ? Qu’il existe une relation entre la situation économique et certaines classes d’actifs. Dans certaines périodes (qui reviennent toujours), nous prévoyons une outperformance relative de certaines classes comme les liquidités, les actions, les matières premières et l’immobilier. Ce n’est cependant pas un instrument de timing exact, mais plutôt un instrument indiquant dans quel ordre nous pouvons nous attendre à l’outperformance. Par conséquent, il démontre plutôt les tendances, ce qui peut être de très grande valeur. Ainsi, en consultant l’horloge, nous savons quand nous devons déplacer l’accent d’un moyen à un autre, sans perdant de vue notre diversification.

    Un exemple : dans la plupart des cas, le cycle actionnaire est suivi d’une augmentation dans le cycle immobilier, qui est à son tour suivi d’un cycle à rendement fixe, etc.

    Nous pouvons distinguer 4 phases différentes dans un cycle économique :

    Column De investeringsklok (05-2010) - afbeelding 1 

    Voici la représentation en forme d’horloge :

    Column De investeringsklok (05-2010) - afbeelding 2

    Dans chaque cycle, nous pouvons également distinguer plusieurs secteurs qui devraient réaliser une meilleure performance que celle d’autres secteurs. Par exemple dans un cycle à la baisse, les actions de valeur réaliseront une performance (relativement) supérieure à celle des actions de croissance et certains secteurs comme le pharma seront plus intéressants que l’industrie de base. Et vice versa dans une phase à la hausse.

    Lorsque nous consultons l’horloge aujourd’hui, la plupart des économistes situent la situation actuelle entre 6 et 9 heures, en fonction de leur estimation. Cette période correspond à la phase du redressement économique. Quels secteurs réalisent la meilleure performance dans la 2e phase d’un redressement économique ?
    En règle générale, on considère que ce sont les secteurs de l’énergie, l’infrastructure, l’agriculture et les matières premières.
    Il peut donc être très intéressant d’y investir. Les semaines prochaines, nous prêterons une attention particulière à chacun de ces quatre secteurs. 

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • L’union fait la force (mai 2010)

    Stefan DuchateauLe fait que l’union monétaire européenne serait testée était inévitable et pas nécessairement négatif. En effet, il s’agit d’une zone monétaire réunissant un groupe de pays qui présentent une grande interactivité ou des échanges intracommunautaires importants et de grandes ressemblances du point de vue de leurs objectifs économiques et tentent de les réaliser au moyen d’une politique économique commune. On suppose ici de manière sous-jacente que les pays participants réagiront de manière quelque peu symétrique face aux chocs externes et pourront exploiter ainsi le principe « l’union fait la force » pour pouvoir mieux se défendre dans un environnement économique négatif. Ces pays sont admis au sein d’une telle union où l’on s’attend effectivement, sur la base de critères objectifs, à ce qu’ils réagissent aux chocs externes avec la même discipline et sur la base d’une structure similaire.

    Ces conditions constituaient les « critères de Maastricht », historiquement sévères. À ces conditions d’adhésion venait s’ajouter un pacte de stabilité qui devait veiller au respect, dans le futur, de la discipline budgétaire initiale par les pays participants individuels.

    En l’occurrence, le plus discipliné de tous les participants (l’Allemagne) était le premier à s’écarter, pour des raisons temporaires, conjoncturelles, des limites budgétaires imposées, et ce à la suite de la crise financière qui avait causé un tsunami d’une ampleur inconnue, qui pouvait être intercepté le plus efficacement en absorbant les pertes bancaires par un déficit public croissant : sans doute la seule alternative à ce moment-là, mais moins appropriée aux pays qui avaient déjà connu un examen d’entrée difficile à Maastricht en raison de leurs problèmes structurels internes et de leurs problèmes budgétaires permanents.

    On peut en effet soulever le fait que ces pays avaient passé leurs examens d’entrée avec très peu de brio (et avaient appliqué déjà des opérations comptables contestables sous l’œil du surveillant européen).
    Le raisonnement était cependant qu’au bout d’un certain temps, les avantages de la monnaie unifiée supprimeraient ce handicap – ce qui s’est passé effectivement au cours de la décennie écoulée pour la Grèce, le Portugal etc... avec une impulsion de croissance européenne importante, des taux d’intérêt et une inflation faibles et des améliorations de la production sensées contribuer à l’amélioration de la structure économique. Quoi qu’il en soit, ces avantages l’emportent sur les inconvénients, y compris l’actuel test décisif du système dans sa totalité.

    Cependant, l’onde de choc financière était telle que les maillons les plus faibles du système se sont trouvés confrontés à une forte pression.
    Mais soyons clairs : sans l’euro, des pays tels que la Grèce, le Portugal et sans doute aussi l’Irlande se seraient non seulement trouvés au bord du précipice mais auraient déjà chuté dans les profondeurs.

    Cependant, ce dernier scénario n’est pas obligé de se produire. En dépit de la situation extrêmement inquiétante du budget grec, une solution économique et financière peut être élaborée assez rapidement, à condition qu’on le veuille réellement au niveau européen : un prêt jumbo de la BEI, un paquet de mesures strictes permettant d’éviter les déraillements futurs, un mini Plan Marshall pour compenser les effets secondaires les plus graves et quelques mesures énergiques pour acheter massivement les obligations d’État grecques et créer ainsi un fond pour la chute du cours.

    D’un point de vue politique, les choses sont cependant nettement moins évidentes. La BCE pourrait en effet créer un précédent de sorte que les pays qui rencontrent des problèmes refusent de prendre des mesures structurelles (fassent des économies importantes) parce qu’ils ont la certitude que l’union monétaire européenne se chargera du problème. Toute l’union monétaire risque cependant d’être menacée à terme.
    Ceci explique bien entendu le comportement à première vue obstiné de la BCE et les propos presque arrogants de son président, qui semble ignorer le problème.

    Semble ...
    La BCE (hypothèse bien réfléchie) utilise la force de l’adversaire à son avantage, le message implicite étant « Spéculateurs et alarmistes, réunissez-vous contre la Grèce », de sorte que la BCE puisse obliger l’État grec à prendre des mesures poussées pour dégraisser son appareil d’État inefficace, remettre le budget sur la bonne piste et rendre l’économie grecque plus efficiente. La situation est telle que même les syndicats doivent se réaliser que les grèves et protestations sont vaines.

    Il s’agit bien sûr d’un jeu de poker et bluff que seuls les marchés financiers peuvent jouer avec conviction sans sourciller, sachant que quelques achats bien ciblés d’obligations d’État peuvent causer de lourdes pertes aux spéculateurs.

    D’où l’attitude ce Trichet : une faillite de la Grèce ne constitue pas une option et pour le reste aucun commentaire. La monnaie européenne sera sauvée mais nous n’allons pas à la chasse avec la fanfare en tête et nous souhaitons profiter de la situation pour indiquer que nous souhaitons un retour aux fondements sains de l’euro : la discipline budgétaire et l’efficience dans l’appareil de production.

    Il est clair entre-temps que la BCE veut jouer le jeu jusqu’à l’extrême, mais des mesures irréalistes telles que celles qui ont été décrétées la semaine dernière, ne sont pas non plus utiles aux marchés financiers.

    La crainte d’une extension d’une telle crise n’est jamais très loin. Remarquons toutefois que lors des crises monétaires antérieures telles qu’en Asie, on attirait l’attention sur le risque de contamination, mais ceci ne s’avérait pas être le cas en réalité : uniquement si les pays concernés avaient les mêmes problèmes systématiques et structurels, la crise monétaire frappait dans toute son ampleur. Si tel n’était pas le cas, les spéculateurs se sont vite concentrés sur une autre cible au bout d’une période d’essai.

    Il existe cependant des pays qui ont des problèmes semblables à ceux de la Grèce, tels que le Portugal, mais dans un ordre de grandeur moins important.
    La problématique en Espagne et en Irlande est moins comparable. Les deux pays sont surtout touchés par la crise immobilière. L’Espagne tant sur le plan de l’emploi que sur le plan des pertes financières, l’Irlande surtout en raison du recul des prix, qui se ressent par un effet de levier dans toute l’économie. Cependant, tant l’ordre de grandeur du déficit budgétaire que les dettes publiques peuvent être qualifiés de problème grave mais résoluble qui laisse les différences de taux avec l’Allemagne augmenter sans prendre une proportion dramatique.

    Une spéculation éventuelle contre la dette publique belge semble peu réfléchie. En effet, cette dette est dans une large mesure interne, tandis que le budget belge pourrait même présenter un excédent primaire.
    Le fait que l’économie belge soit confronté de manière disproportionnelle au risque bancaire entraîne le taux sur la dette publique belge vers un niveau plus élevé par rapport au taux allemand – comme ce fut d’ailleurs le cas pendant une période relativement courte en 2009.

    Indéniablement, la BCE fera tout pour que l’union monétaire reste intacte et elle dispose pour cela d’un arsenal considérable. Le moment où cet arsenal doit être utilisé est essentiellement une considération politique, qui dépend du degré d’acceptation des mesures budgétaires draconiennes en Grèce et du degré d’acceptation de l’électorat allemand.

    Les marchés financiers détestent ce genre de considérations politiques et présentent dès lors une grande nervosité, si bien que l’acceptation politique des mesures imposées n’en devient que plus acceptable.

    C’est exactement ce que la BCE désire ...
    Entre-temps, nous nous trouvons à la veille d’un week-end avec des élections importantes, une réunion du G-7, de nombreuses concertations politiques internes et des marchés financiers fermés de manière à pouvoir examiner des mesures sans conséquences financières immédiates.

    Conclusion : le problème grec peut – moyennant les efforts requis – être résolu, mais il faut veiller à ne pas porter atteinte aux fondements d’un euro sain. Une réaction anticipée pourrait être aussi néfaste qu’une réaction tardive.
    La volatilité actuelle sur les marchés reflète ce jeu exaspérant entre la BCE, les diverses autorités et les marchés financiers.

    Il serait irréfléchi de parler déjà d’une période d’achat favorable, mais il est tout aussi inutile de conclure à une réaction de panique. Pour ce qui est des émissions en cours pour les obligations structurées, ceci constitue même un avantage puisque les cours sont maintenant fixés à un niveau inférieur, ce qui engendre donc un potentiel de hausse plus important.
    Attendons de voir ce que le week-end nous réserve. En effet, trop d’options peuvent s’appliquer pour ne pas pouvoir conclure à un problème résoluble.
    L’affaire se corse en tout cas.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Vive l’inflation ! (avril 2010)

    Bart Depaemelaere

    L’inflation est un concept souvent mal compris des investisseurs et des épargnants, mais surtout des consommateurs. Comme certains économistes s’y réfèrent avec inquiétude, il est tout de même intéressant d’examiner quels en sont les dangers potentiels. Une augmentation de l’inflation constitue-t-elle une menace pour le redressement économique ?

    Qu’est-ce que l’inflation ?
    L’inflation est le processus par lequel tout devient plus cher. Un produit qui coûtait 100 hier, coûte 102 l’année suivante. Ceci veut donc dire qu’avec la même somme d’argent, nous pouvont acheter davantage aujourd’hui que demain. Ceci nous incite donc à dépenser notre argent maintenant et à ne pas le mettre de côté. Par conséquent, nous devons toujours comparer l’inflation au taux d’intérêt que nous touchons pour notre argent, pour savoir combien nous pourrons réellement acheter en plus si nous mettons notre argent de côté pendant un an.
    Ainsi, un taux d’intérêt de 5% en présence d’une inflation de 3% revient au même qu’un taux de 2% avec une inflation de 0%.

    D’où vient l’inflation ?
    L’inflation a deux causes principales : elle peut être ‘cost-push’ (inflation par les coûts de production) ou ‘demand-pull’ (inflation par la demande). L’inflation ‘cost-push’ est essentiellement le processus par lequel le prix augmente suite à une augmentation du prix de ses composantes (les matières premières, mais aussi le travail ou le taux par exemple). Cette inflation est souvent appelée ‘inflation importée’. Un exemple en est l’augmentation du prix des spaghettis suite à l’augmentation du prix du blé. L’inflation ‘demand-pull’ résulte du simple jeude l’offre et de la demande. L’offre est incapable de suivre (temporairement) l’augmentation de la demande, ce qui entraîne une augmentation du prix.

    D’où vient la peur de l’inflation ?
    Dans les années 30, l’inflation a connu une augmentation galopante, entraînant une augmentation ultrarapide des prix. Des personnes venant acheter du pain en poussant des brouettes remplies d’argent en sont un exemple connu. Un autre exemple est la fixation du prix avant le repas dans les restaurants. Ces images ont traumatisé la Bundesbank, le prédécesseur de notre BCE (Banque centrale européenne). L’objectif centrale de la BCE est de garder le controle sur l’inflation. Aussi, les chances d’un déraillement de l’inflation sont minimes en Europe.

    Que se passe-t-il sans inflation ?
    Une inflation trop forte est négative, mais qu’advient-il sans inflation ? L’économie japonaise a connu une période de 12 années avec une inflation quasi nulle. La conséquence en était que tout restait au mêm prix ou devenait moins cher . Ceci semble être un bienfait en soi, mais entraîne un report de tous les achats : pourquoi acheter aujourd’hui si le prix peut être inférieur demain ? De ce fait, la demande de biens a diminué, les entreprises japonaises se sont mises à produire moins et ont licencié des travailleurs pour faire diminuer les coûts. Face à cette incertitude, les Japonais se sont mis à dépenser encore moins... un cercle vicieux. 

    Situation actuelle
    Aujourd’hui, nous assistons pour la première fois à une nouvelle augmentation de l’inflation depuis 2008. Nous devons nous poser les questions suivantes : d’où vient cette inflation et celle-ci constitue-t-elle une menace pour le redressement économique ? L’inflation actuelle résulte essentiellement de l’augmentation du prix des matières premières. Les entreprises ont encore suffisamment de capacité pour augmenter l’offre. Qui plus est, le terme de crise est souvent utilisé à tort ou à raison ou utilisé abusivement pour diminuer les coûts. L’ambiance de crise fait que l’opposition de la part des syndicats ou des travailleurs est faible.
    Ainsi, de nombreuses entreprises ont pu dégraisser fortement ces dernières années est sont devenues nettement plus productives. Les marges bénéficiaires ont ainsi pu être maintenues et même augmentées. Dès lors, de nombreuses sociétés sont en meilleure forme actuellement qu’il y a 2 ou 3 ans.
    Mais l’augmentation du prix des matières premières constitue-t-elle un problème fondamental ? Tant que cette augmentation n’est pas trop brusque, la réponse est non. Mieux encore, une augmentation nous oblige à chercher des alternatives pour le pétrole par exemple. Une augmentation du prix du pétrole nous incite par exemple à devenir plus créatifs et conscients de la nécessité de trouver des alternatives. L’inflation nous permet également de répercuter les améliorations sur le consommateur, ce qui nous permet d’évoluer.
    Disons donc : vive l’inflation, mais dans les limites du raisonnable !

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Gare aux Grecs, surtout s’ils nous apportent des mets trop gratinés. (mars 2010)

    Bart Depaemelaere

    Les marchés financiers vivent aujourd’hui une version inédite d’une tragédie grecque. La Bourse s'inquiète du chômage qui sévit dans ce pays et peut-être plus encore du travail effectué par les autorités grecques.

    En Grèce, trente siècles après la guerre de Troie, l’Histoire semble vouloir repasser les plats. Plutôt indigestes. Les Grecs avaient réussi, il y a près de dix ans, à pénétrer dans la « forteresse euro » en usant de leurs gros sabots (sous la forme de statistiques macro-économiques tronquées). Ils esquivaient ainsi le glaive implacable des critères d’adhésion à l’union monétaire fixés dans le Traité de Maastricht. Or, ces normes avaient pour but de s’assurer que tous les pays désirant entrer dans la zone euro présentent des finances publiques suffisamment stables pour assurer une relative cohésion des économies de la nouvelle union monétaire. Après avoir découvert récemment que les statistiques « à la grecque » étaient aussi friables que le pain du même nom, les marchés ont craint, tour à tour, une sortie de la Grèce de la zone euro, une désagrégation progressive de la zone euro (avec l’Espagne comme prochain sortant potentiel) et un coup d'arrêt à la reprise économique en cours sur le Vieux continent.

    Pourquoi une tragi-comédie grecque tourne-t-elle au drame dans tous les temples de la finance ?
    Parce que le deuxième acte de la plus grande crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale met cette fois au-devant de la scène les autorités publiques. Et elles n’ont plus le beau rôle. Dans le premier acte, elles avaient tout mis en œuvre pour que le système bancaire ne sombre pas corps et biens, en injectant par ailleurs des sommes considérables dans le circuit économique pour le faire redémarrer. Les autorités monétaires ont baissé les taux d’intérêt et les gouvernements ont dépensé sans compter. Résultats : dans de nombreux pays, les déficits publics atteignent aujourd’hui des sommets. Jusqu’il y a peu, les dieux de l’Olympe financière ne s’étaient guère penchés sur la question. Bercés par la pensée dominante, « sovereign states don’t go bankrupt », les États ne font pas faillite.

    Mais, au fond, qu’est-ce que l’État, sinon la collectivité des hommes. Faillible, comme on le sait. Les marchés ont donc commencé à douter de leurs certitudes. « Si l’État grec ment sur sa situation réelle, à qui peut-on encore accorder sa confiance ? », telle était l’interrogation sur les marchés. Et si les marchés ont bien en horreur une chose, c’est l’incertitude. Il n’en fallait pas plus pour lancer la spéculation contre l’État grec. .

    La Grèce peut-elle miner à elle seule la reprise économique ?
    La réponse est clairement non. Mais si des faits similaires apparaissent, par exemple, pour le Portugal, l’Italie et l’Espagne, on est en droit de le craindre. La simple évocation de cette éventualité a instillé un profond doute dans l’esprit des investisseurs. Et à cela s’ajoutent les annonces sur la poursuite de la montée du chômage. Tout cela concourt à une correction sévère des marchés.

    Si les craintes suscitées par la situation grecque paraissent sans doute exagérées, qu’en est-il du chômage ?
    Ici aussi, il s’agit de nuancer, surtout en Europe. Les crises économiques se déroulent par vagues. La dernière vague est toujours constituée par une hausse du chômage. Ce retard par rapport au reste de l’économie est appelé « jobhoarding » : les entreprises « stockent » leurs emplois jusqu’à ce qu'elles ne puissent pas faire autrement que de les supprimer. Le chômage est donc un facteur dit « retardé » qui nous en dit plus sur la gravité de la situation antérieure que sur l’avenir.

    Il ne s’agit pas toutefois d’en négliger les effets négatifs pour la situation présente. Une personne dont l’emploi semble menacé ou qui craint une hausse de ses impôts (pour combler des déficits publics plus importants) aura plus tendance à épargner qu’à consommer, ralentissant ainsi la reprise économique. C’est surtout vrai dans les pays qui présentent une dette publique élevée. C’est la raison pour laquelle l’évolution de la consommation est scrutée à la loupe dans ces pays. Si les ménages réduisent leur consommation, nous risquons de retomber dans une spirale négative. Les derniers chiffres à ce sujet semblent cependant indiquer que la consommation n’a pas rechuté jusqu’à présent. Et peut-être que la période que nous traversons actuellement apparaîtra même, dans quelque temps, comme ayant offert des opportunités d'achat intéressantes sur les marchés.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Une nouvelle année, un nouveau début ! (janvier - février 2010)

    Bart Depaemelaere

    La psychologie humaine est une chose étrange. Nous sommes toujours à la recherche d’une fin et d’un nouveau début. Le 1er janvier est un parfait exemple d’un nouveau début, surtout lorsqu’il s’agit d’une nouvelle décennie. Regardons ce que nous réserve la nouvelle année.

    Pour commencer, analysons les changements fondamentaux par rapport au 31 décembre.

    L’investisseur est encore extrêmement frileux et investit peu dans les actions. Les événements de 2008 l’ont vraiment marqué. À ce jour, les actualités prêtent uniquement attention à l’emploi. L’emploi est cependant un indicateur retardé. Les actualités nous parlent de la gravité de la crise mais ne donnent aucune indication pour l’avenir. Toutefois, même les chiffres portant sur l’emploi sont mieux que prévu. Le recul de l’emploi aux États-Unis était même le moins important depuis le début de la crise.

    Malgré ces sentiments de négativisme, nous constatons que l’investisseur est optimiste à long terme. Il prévoit que les entreprises enregistreront des bénéfices, qu’elles croîtront. Il s’attend à ce que les rendements à long terme soient supérieurs à ceux à court terme. Il sera cependant à long terme parfois confronté à des périodes de baisse des rendements.
    Ainsi, les mouvements de la bourse sont comme toujours influencés par la lutte éternelle entre l’angoisse et la cupidité.

    Quel sentiment prendra le dessus en 2010 ?
    Analysons les éléments décisifs. Étant donné qu’actuellement les taux d’intérêt sont à court terme particulièrement bas, l’argent rapporte peu ou rien. Puis, vu que les prévisions économiques sont plutôt modérées, nous estimons que les taux augmenteront peu en 2010. Durant cette période de faible relance économique, les banques centrales hésiteront à revoir les taux à la hausse.

    Est-ce que les bourses auront cette année vraiment besoin d’une forte relance économique ?
    Une relance économique plutôt modérée semble être une meilleure option pour l’Occident étant donné que cela permettra aux marchés des actions de disposer durant plus longtemps d’argent « bon marché » (argent presque gratuit après déduction de l’inflation). Les entreprises en Europe et aux États-Unis ont fait de sérieuses économies puisqu’ils s’attendaient au pire. Ainsi, les bénéfices des entreprises augmenteront sensiblement même si la reprise est modérée. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises se maintiennent en dessous de la valeur comptable. En d’autres termes: si nous vendons tout, si nous payons toutes nos dettes, nous disposerons de plus d’argent comparé à ce que nous offre la bourse.

    Aucune croissance n’est alors prévue pour 2010 ?
    La plus forte croissance sera celle des pays en expansion, tels que la Chine, le Brésil, la Russie, l’Indonésie et l’Inde. Ces pays se caractérisent par leur potentiel qui est lié à une croissance réelle. Nous sommes ainsi convaincus que les investissements dans ces pays porteront leurs fruits à plus long terme.

    Quelles sont les différences fondamentales par rapport à l’année dernière ?
    En 2009, l’économie a avant tout été stimulée par les dépenses publiques. Le consommateur n’a pas beaucoup dépensé. Néanmoins, c’est monsieur tout le monde qui influence le plus la relance économique. Qu’avons-nous constaté durant la période de fin d’année? Les personnes ont recommencé à dépenser. Les achats de fin d’année ont battu tous les records. Il semble que la confiance en l’économie soit de retour.

    Donc que de bonnes nouvelles pour 2010. Ou non ? Une relance économique trop importante pourrait mettre fin à cette reprise. Si la relance économique est trop forte, l’inflation pourrait augmenter et de ce fait, les banques centrales devraient revoir les taux à la hausse. Pour l’instant, ceci est peu probable mais comment pouvons-nous nous protéger en tant qu’investisseur? Le vieil adage s’applique comme toujours: ne placez jamais tous vos œufs dans le même panier: n’investissez donc pas uniquement dans les actions. Intégrez suffisamment d’obligations et de cash ainsi que des matières premières dans votre portefeuille. Si l’inflation augmente cette année, les matières premières faisant partie de votre portefeuille pourraient vous réserver une belle surprise. Ne vous laissez donc pas uniquement guider par l’angoisse en 2010.

    Que pouvons-nous vous souhaiter pour 2010 ?
    Une bonne santé, pour vous et vos investissements ! 

    Gezond Beleggen V2 FR 

Éditoriaux 2009

  • La crise est morte, vive la crise ! (novembre 2009)

    Bart Depaemelaere

    Qu’avez-vous appris jusqu’à présent de la crise des crédits? Avez-vous entre-temps cerné les fluctuations de la Bourse ou préférez-vous rester aux aguets ?

    Les réflexions sur l’économie datent de l’antiquité. La Bible renvoyait déjà aux sept années de vaches grasses et sept années de vaches maigres. Cependant, l’économie en tant que science est beaucoup plus récente. L’économie nous permet d’utiliser les éléments du passé ainsi que les phénomènes actuels afin d’émettre des prévisions sur l’avenir. À l’instar des sept années de la Bible, nous essayons de détecter des fluctuations économiques afin de prévoir l’avenir. Nous faisons d’une part des analyses plutôt limitées et techniques pour quelques actions et d’autre part nous essayerons de comprendre le fonctionnement global de la macroéconomie ou des interventions des autorités.

    Ainsi, l’économiste Joseph Schumpeter considère que l’économie progresse constamment et est caractérisée par des périodes appelées la destruction créatrice. De ce fait, la destruction d’une technologie déterminée permet d’en développer une nouvelle. À titre d’exemple, les polaroids ont été remplacés par la photographie digitale. Les entreprises n’ayant pas participé aux nouvelles tendances, disparaissent sans plus.

    Durant ces deux dernières années, la destruction a été omniprésente sous la forme de la crise des crédits. Schumpeter pensait que cette période n’était pas forcément négative à condition que nous nous rappelions la leçon.

    Qu’avez-vous appris de la présente période ?
    La période économique entre 2003 et 2007 était comme un rêve devenu réalité pour les investisseurs. Toutefois, le réveil a été bien brutal pour bon nombre d’entre eux. Les diminutions de 30, 40, voire 50 % ont incité beaucoup de personnes à recourir de façon permanente aux espèces. Cependant, repenser à cette période révolue peut être utile. Grâce à l’augmentation de la productivité et aux taux d’intérêts bas, les années 2003 à 2007 ont représenté une période de croissance comparable à celle après la deuxième Guerre mondiale. L’investisseur a appris de ces deux périodes que le non-investissement peut également avoir un coût. En ne suivant pas l’augmentation, vous ratez certaines opportunités. Ce phénomène s’est fortement manifesté durant le mois de mars de la présente année. Les bourses ont augmenté de 30, 40, voire 50 %.

    Que faire à présent? Les cours, sont-ils élevés ou non ? Devons-nous investir ou encaisser les bénéfices ?
    Tout dépend de ce que nous avons appris de la dernière période de destruction créatrice. En analysant la période de l’année 2000 jusqu’à présent, nous constatons que des bénéfices mirobolants peuvent être obtenus grâce à la bourse mais que les risques sont à l’avenant. Quels avantages peuvent être tirés des thèmes prometteurs tels que le vieillissement, les pays émergents, l’énergie, etc., sans avoir à les observer quotidiennement ?

    La solution consiste souvent à limiter les effets négatifs à la perte des bénéfices réalisés. La valeur de la protection du capital est souvent sous-estimée. Elle est considérée inutile durant de bonnes périodes et insuffisante (par rapport aux bénéfices escomptés) durant de mauvaises périodes. Nous oublions néanmoins que ce genre de construction nous permet de nous concentrer sur des rendements attrayants sans avoir à prendre trop de risques durant une période caractérisée par un taux d’intérêt bas mais par une économie qui remonte. Comme le dit l’adage, nous apprenons plus de nos erreurs que de nos succès. Ainsi, les erreurs commises en 2007 et en 2008 nous inspirent de l’espoir. 

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • La crise est passée ! Vraiment ? (octobre 2009)

    Bart Depaemelaere

    La crise semble derrière nous. Ah oui ? Il semble surtout que cela dépende de l’interlocuteur à qui l’on parle. Mais qui a raison finalement ?

    Vous le saurez en lisant ce qui suit.

    Au cours de ces deux dernières années, nous avons connu la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Les banques, que l'on croyait les pierres angulaires de notre système financier, ont vacillé sur leurs bases. Et certaines ont sombré corps et âmes. La faillite de Lehman Brothers, que l’on pensait inimaginable, a créé une angoisse extrême qui s'est répandue comme un virus à l'ensemble du système économique.

    Résultat ? Une chute vertigineuse des bourses, un chômage galopant, des finances publiques qui prennent l'eau de toutes parts. En quelques mois, des banques ont été rachetées à vil prix ou ont déposé leur bilan, des patrons ont dû démissionner alors que de solides bonus continuaient à être versés aux traders. L'an dernier, les journalistes ne manquaient pas de sujets pour faire les gros titres de leurs manchettes. Les unes des journaux étaient surtout riches de « mauvaises » nouvelles économiques.


    La crise semble derrière nous. À moins que cela ne dépende de l'interlocuteur à qui l'on s'adresse ? La plupart des économistes font état d'une amélioration : la confiance des entreprises se redresse, les rapports cours/bénéfices des actions cotées en bourse ont retrouvé des niveaux sains et les primes de risque diminuent. À l’appui de leurs dires, de savantes formules que l’on ne comprend souvent pas plus que les produits dérivés qui ont été à l’origine de la crise. D’autres économistes développent un autre discours, plus pessimiste, en soulignant les effets négatifs d’un chômage élevé, d’institutions défaillantes, voire en faillite. Pour ces derniers, nous sommes confrontés à la crise de notre génération.


    Qui a raison ? Analyser l’économie et surtout la prévoir n'est pas très éloigné de l'exercice des 6 hommes aveugles cherchant à décrire un éléphant : l'un sent la patte et y voit un pilier, l'autre touche la queue et jure que c’est un bâton, le troisième saisit sa trompe en lui trouvant des allures de serpent, etc. Pour avoir une vision correcte de l'éléphant, les aveugles auraient dû partager leurs différentes expériences.


    Nous devons nous aussi rassembler tous les fragments du tableau pour nous forger une image objective de l’économie. Nous focaliser sur l’un ou l’autre aspect, positif ou négatif, nous conduirait à tirer des conclusions totalement fausses de la situation.


    Les indicateursprécurseurs nous donnent une image de la situation telle qu’elle se présentera dans un délai de 6 à 9 mois. Les indices de confiance des consommateurs et des producteurs en font partie : ils expriment le sentiment vécu par ces agents économiques. Les primes de risque (qui traduisent les espérances de gain si l’on investit en actions plutôt qu’en obligations d’État) et les perspectives bénéficiaires des entreprises traduisent aussi souvent très bien ce que l’on peut attendre de l’économie à court terme. Tous ces signaux sont au vert en ce moment.


    Mais ce tableau de bord resterait incomplet si nous ne parlions pas des indicateurs retardés (lagging). L’un d’entre eux : le chômage. C'est logique : le chômage, qui est la conséquence d'une activité économique en recul, a moins de valeur prédictive que des indicateurs précurseurs. Mais nous ne pouvons pas pour autant le rayer d'un trait de plume.


    L’économie mondiale reste sous perfusion : les finances publiques soutiennent l'activité à bout de bras. Notre patient ne semble pas encore être en mesure de repartir tout seul malgré tous les signaux positifs que nous captons déjà.


    Pour qu’il puisse le faire, d’autres facteurs doivent agir. Le consommateur doit reprendre le relais des gouvernements comme moteur de l’économie. La confiance des consommateurs indique qu'on commence à en prendre le chemin. Mais que fera ce même consommateur s'il perd son emploi ? Continuera-t-il à consommer ?


    Nos conseils se fondent donc sur une opinion nuancée du climat actuel. Des opportunités apparaissent mais il reste des pièges à éviter. Et respectez également le principe Argenta :


    investissez toujours avec bon sens. Assurez une bonne répartition de votre portefeuille, sur le plan des actifs (actions, obligations, trésorerie, matières premières, etc.) mais aussi dans le temps. Les dates de début et de l'échéance ne doivent pas coïncider pour tous vos placements.


    Maintenant que nous savons comment investir, il est tout aussi important de savoir dans quoi nous devons placer notre épargne. C’est votre profil d’investisseur qui doit déterminer la majorité de vos placements. Ce profil traduit dans quelle mesure vous préférez le rendement à la sécurité ou inversement.


    Vous compléterez votre stratégie par quelques thèmes d’investissement bien choisis. Ainsi, les pays à forte croissance comme la Chine, le Brésil et l’Inde sont appelés à devenir les moteurs de l’économie du 21e siècle. C’est un thème possible. Autre angle d'attaque : les matières premières dont les stocks (bon marché) sont limités mais dont la demande ne cesse d'augmenter. Dans ce même contexte, l'énergie est également un secteur présentant des perspectives intéressantes de croissance. En réalité, Argenta propose des solutions pour chaque niche. Des produits toujours sélectionnés auprès des gestionnaires les plus performants. Vous pouvez ainsi toujours séparer le bon grain de l’ivraie.

    Gezond Beleggen V2 FR 

  • Market timing, le Tour de France et les investissements (juin 2009)
    Bart Depaemelaere

    Le market timing est la notion qui décrit le fait d’acheter et de vendre précisément au bon moment. Cette notion est connue essentiellement des investisseurs en actions. L’histoire nous apprend qu’à long terme, la Bourse rapporte davantage que n’importe quel autre investissement. Cependant, l’achat d’actions exige un timing excellent, sans quoi l’investisseur risque non seulement de voir s’échapper le bénéfice, mais aussi de subir de sérieuses pertes.

    Ces deux affirmations, ainsi que le dilemme qui en résulte pour l’investisseur, sont bien connus. Les scientifiques ont tenté de trouver des solutions telles que les cycles de Kondratieff, des systèmes de timing du marché basés sur des indicateurs précurseurs, d’autres ont choisi les trackers sur indices. Le Graal du market timing n’a pas encore été trouvé à ce jour.

    Actuellement, les investisseurs se trouvent à nouveau prisonniers entre la crainte et la convoitise. Ces dernières semaines, toutes les bourses ont augmenté, les grands pécheurs en tête : les banques et assureurs. Tout semble aller à l’encontre de toute logique : les nouvelles restent mauvaises, la situation est critique mais pas grave. Les autres savent-ils plus que nous ? Mister Market a-t-il une nouvelle fois été plus malin que vous ? Tout semble aller dans ce sens. Comment est-ce possible ?

    Les cyclotouristes rêvent parfois du Tour de France. Cependant, personne ne songe réellement à s’attaquer aux athlètes superentraînés, gonflés artificiellement et équipés de matériel supérieur. Quel serait le résultat si vous participiez au prologue avec votre citybike ? Pouvez-vous vous imaginer que vous arriviez sur les Champs Elysées en maillot jaune ? Réellement ?

    Pourtant, de nombreux d’entre nous nourrissent la même fantaisie lorsqu’il s’agit d’investir. Nous engageons le combat face aux professionnels qui, non seulement, obtiennent les informations beaucoup plus rapidement, mais en plus peuvent réagir plus rapidement. Pendant que vous êtes au bureau, pendant que vous dormez (les bourses asiatiques sont ouvertes lorsque la majorité d’entre nous profitent de leur sommeil) ou même lorsque vous êtes en vacances, les professionnels sont debout sur les pédales. Lorsque le Tour de France commence, ne commencez pas à faire la course vous-même, mais misez sur Lance Armstrong, sur Carlos Sastre, ...

    Que cela signifie-t-il sur le plan des investissements ?

    Choisissez les gestionnaires de fonds qui ont remporté plusieurs étapes, qui ont souvent porté le maillot à pois et le maillot jaune, qui ont donc déjà fait leurs preuves d’année en année. Un exemple ? Carmignac Gestion. Argenta vous propose déjà depuis l’année passée des fonds de ce gestionnaire français.

    Gezond Beleggen V2 FR 

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