Politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed)

Le revirement de la Fed et le risque d’une récession aux États-Unis

  • À la fin de l’année passée, les investisseurs craignaient que la banque centrale américaine poursuive trop longtemps la suppression progressive de ses mesures incitatives et continue à relever son taux directeur. Les banquiers centraux risquaient ainsi de faire sombrer l’économie américaine dans une récession.
  • Le président de la Fed, Jerome Powell, a confirmé au cours du trimestre écoulé que son institution ne procèderait pas à de nouvelles hausses de son taux directeur. Elle mettra également fin à la réduction progressive automatique du bilan. Ce revirement de la Fed a été accueilli très favorablement par les marchés et a fait repartir les bourses à la hausse.
  • Le 22 mars, on a observé pendant quelques instants une inversion de la courbe des taux. En clair, les taux des obligations d’État américaines à court terme ont été supérieurs, pendant un court laps de temps, aux taux des obligations d’État à long terme. Une situation plutôt rare. Au cours des 75 dernières années, les récessions aux États-Unis ont toujours été précédées par une inversion de la courbe des taux. Elle n’a constitué une fausse alerte qu’une seule fois. Les investisseurs attachent donc beaucoup d’importance à cet indicateur.
  • Il faut toutefois nuancer à cet égard : une courbe des taux inversée ne dit rien sur la durée, ni sur la profondeur de l’éventuelle récession future. En outre, cette fois-ci, la courbe n’a été que très légèrement en territoire négatif et s’est redressée rapidement.
  • Nous devons cependant prendre en compte la possibilité que l’économie américaine tombe en récession au cours des prochaines années. Mais, pour l’heure, les données macroéconomiques que nous suivons de très près ne pointent pas encore dans cette direction. Ainsi, la confiance des directeurs des achats reste forte et la confiance des consommateurs s’est redressée aux États-Unis. Par ailleurs, la banque centrale américaine a clairement indiqué qu’elle soutiendra l’économie si cela s’avère nécessaire.
  • Nous avons également tenu compte du signal négatif de la courbe des taux inversée, avec une éventuelle récession pour conséquence, dans notre allocation d’actifs. Ainsi, nous avons fait passer temporairement à la fin du mois de mars notre pondération en actions de 60 % à 58 % dans le fonds essentiel neutre. Et ce, même si notre modèle prescrit une exposition bien plus élevée aux actions sur la base des données économiques fondamentales et des primes de risque élevées sur les actions.

 

Auteur: Expert Argenta Asset Management

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