La guerre commerciale reste au centre de l’attention chez les investisseurs

La réaction brutale des marchés d’actions à l’annonce par Trump (de nouveau via Twitter) de nouvelles taxes à l’importation sur les produits chinois est une nouvelle preuve que les investisseurs continuent à se concentrer sur les développements liés à la guerre commerciale. Il règne en effet une conviction de plus en plus grande que les tensions commerciales forment l’obstacle majeur à une stabilisation et un rétablissement potentiel de la croissance mondiale.

Les banques centrales font leur travail, les entreprises sont toujours prêtes à investir, mais les incertitudes liées au commerce international paralysent de plus en plus d’initiatives dans le monde du business. Si nous considérons l’évolution des indices boursiers, la Chine semble souffrir le plus de cette situation. Cela pourrait encourager Trump à augmenter encore la pression sur l’économie chinoise, tant que les chiffres ne montrent pas d’effets négatifs trop importants sur l’économie américaine.

D’un autre côté la Chine et les États-Unis ont un horizon de temps différent : Pékin peut se permettre de raisonner à long-terme et si nécessaire de traverser une période difficile, tandis que Trump veut à tout prix engranger des résultats avant les élections présidentielles de l’an prochain, et veut surtout éviter une récession. Ce n’est clairement pas un hasard si le président américain adopte soudain un ton plus conciliant à l’égard de la Chine juste au moment où la procédure de destitution à son encontre est lancée. La chance semble grande que les négociations soient relancées en octobre. Les bourses ont immédiatement réagi positivement, en particulier en Europe.

L’économie européenne reste en effet la plus grande victime collatérale de l’épreuve de force entre la Chine et les États-Unis, de même que certains marchés émergents. Les actions du secteur industriel allemand ont en particulier souffert de la reprise des tensions : l’indice de l’activité industrielle se situe à présent en zone de récession. Trump menace de s’en prendre au secteur européen de l’automobile lors du prochain round de taxes à l’importation. L’économie européenne peut vraiment se passer de ces problèmes supplémentaires à l’heure où le drame autour du Brexit s’assombrit de plus en plus.

Les dernières semaines de septembre ont cependant apporté un peu d’espoir sur les marchés en réaction à l’attitude plus constructive de la Chine et des États-Unis sur le commerce : Pékin a repris l’achat d’une série de produits américains tandis que Trump a reporté l’augmentation des tarifs sur une partie des produits chinois. La reprise programmée des négociations en octobre sera indubitablement d’une importance cruciale pour une issue positive de l’année boursière. 

 

Auteur : Expert Argenta Asset Management

Voir plus