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Opportunités sur des marchés incertains
11 juin 2026
Auteur : Sebastiaan Grenné, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management
Les marchés financiers continuent aujourd’hui à jongler entre incertitudes et opportunités. D’un côté, les tensions géopolitiques et la hausse des prix du pétrole alimentent les risques d’inflation, poussant les banques centrales à rester vigilantes. De l’autre, les entreprises — en particulier aux États-Unis, mais aussi en Europe — affichent des résultats solides, tandis que l’activité économique demeure résiliente. Dans cette mise à jour, nous examinons les principales évolutions économiques ainsi que les mouvements au sein des fonds.
Que s’est-il passé dans le monde ?
Les prix du pétrole et la croissance économique maintiennent les marchés en alerte
Het conflict in het Midden-Oosten heeft nog steeds een belangrijke impact op de wereldeconomie. Vooral de hoge olieprijzen blijven een reden tot bezorgdheid. Een beperkter olieaanbod zet een opwaartse druk op de prijzen. Gelukkig kan een deel van de geblokkeerde olie-export vandaag worden opgevangen via alternatieve routes, zoals strategische oliereserves, pijpleidingen en bijkomend transport via vrachtwagens. Zo blijft de wereldwijde bevoorrading voorlopig relatief stabiel.
Les banques centrales
Néanmoins, la nervosité gagne les banques centrales. Ces dernières craignent une spirale des prix alimentée par des salaires plus élevés et des coûts de production en hausse, ce qui ferait encore grimper l’inflation. Dans le sillage de cette inflation plus élevée, les taux d’intérêt ont également progressé, heureusement sans excès.
La banque centrale américaine est elle aussi confrontée à une tâche difficile. L'économie américaine continue d'afficher de bons résultats, ce qui rend plus probable une nouvelle hausse des taux directeurs dans les mois à venir.
L’économie américaine
Cette vigueur économique ressort clairement des chiffres récents. La consommation, l’investissement, les stocks et les dépenses publiques ont contribué ensemble à une croissance de 2 % au premier trimestre sur base annuelle. Par ailleurs, l’indicateur ISM pour l’industrie a atteint 54 points, son plus haut niveau depuis 4 ans. Un score supérieur à 50 indique une poursuite de croissance. L'indicateur ISM est un indicateur économique de référence.
L’indice avancé des semi‑conducteurs de Philadelphie reste également positif, ce qui indique que l'activité industrielle ne connaît pas de ralentissement significatif pour l'instant.
L’économie européenne
L’Europe est plus à la peine. Notre forte dépendance au pétrole joue évidemment contre nous. L’indicateur PMI composite avancé, qui mesure la confiance dans l'industrie et le secteur des services, indique un ralentissement économique supplémentaire. C'est surtout le secteur des services qui est sous pression, avec un indice de 46,2, tandis que l'industrie, avec 51,4, reste tout juste en zone de croissance. La croissance économique en Europe est donc restée modérée au premier trimestre.
Aux Pays-Bas, nous avons par contre récemment observé une baisse du chômage (3,9 %), tandis qu’en Allemagne une légère hausse de l’indicateur ZEW a été constatée, ce qui traduit une évolution plus positive du climat des affaires. Tout n’est donc pas négatif dans notre région. Au contraire, les perspectives issues des analyses PMI montrent une légère amélioration après les congés d’été.
Comment les marchés financiers ont-ils réagi ?
Les solides résultats des entreprises continuent de soutenir les marchés d’actions
En mai, les marchés des actions ont été portés par un élan significatif grâce à une saison des résultats solide. Tant en Europe qu'aux États-Unis, une large majorité d'entreprises ont publié des résultats supérieurs aux prévisions. Les marges bénéficiaires ont également continué de s'améliorer dans presque tous les secteurs américains.
Non seulement les résultats actuels surprennent positivement, mais les perspectives de croissance du chiffre d'affaires et des bénéfices restent également solides. C'est pourquoi le terme « FEMO » (fabulous earnings momentum) apparaît de plus en plus souvent dans la presse financière. Il fait référence à la croissance toujours forte des bénéfices des entreprises.
Une croissance des bénéfices large et robuste
Cela implique également que les marchés boursiers, malgré la hausse des cours, ne sont pas excessivement chers, bien au contraire. Même si les tensions dans le détroit d’Ormuz continuent de faire les gros titres, les marchés restent résilients. Comme mentionné, la croissance des bénéfices reste robuste et largement répartie entre les secteurs.
Valorisations du secteur technologique
Les valorisations dans le secteur technologique restent un sujet très débattu. On voit régulièrement surgir des comparaisons avec la bulle technologique du début des années 2000. Pourtant, selon nous, cette comparaison n'est pas tout à fait pertinente aujourd'hui. Les baisses prolongées sur le marché boursier sont généralement causées par des récessions, une baisse des bénéfices des entreprises et des faiblesses structurelles au sein des entreprises. Nous n'observons actuellement que peu de signes de cela. Au contraire : la croissance des bénéfices reste forte, en particulier dans le secteur des semi-conducteurs.
C'est là que réside la grande différence par rapport à la bulle Internet des années 2000, à l'époque où de nombreuses entreprises technologiques ne réalisaient pratiquement aucun bénéfice. Aujourd'hui, le secteur technologique repose justement sur des entreprises rentables, affichant de solides taux de croissance et des bilans sains.
Nous interprétons donc le repli de l'indice technologique du vendredi 6 juin davantage comme une rotation sectorielle temporaire que comme le début d’une correction généralisée du marché. Les investisseurs se tournent ainsi en partie vers les entreprises industrielles, le secteur de la santé, les matériaux et les valeurs financières.
Qu’avons-nous fait dans les fonds essentiels ?
Actions européennes
Au cours des derniers mois, nous sommes devenus plus positifs à l'égard des actions de la zone euro. La forte croissance des bénéfices des entreprises européennes a joué un rôle important à cet égard. De plus, selon les gestionnaires de fonds, les actions européennes restent attractives en termes de valorisation. Un renforcement accru de la coopération européenne, notamment à la suite des élections hongroises, pourrait également contribuer à un redressement industriel en Europe. Par ailleurs, les fonds d'infrastructure européens soutiennent la croissance économique, d'autant plus que le gouvernement allemand encourage leur déploiement accéléré.
C'est pourquoi nous avons augmenté la pondération des actions européennes au sein du portefeuille, en investissant notamment dans des entreprises de construction et des banques.
Prises de bénéfices
Ces achats ont été en partie financés par des prises de bénéfices en Inde et en Asie du Sud-Est. Les prix élevés du pétrole pénalisent ces régions. En Inde, des facteurs politiques et économiques jouent également un rôle. Le Premier ministre Modi peine à conserver un large soutien pour ses réformes, tandis que la monnaie indienne est sous pression. Dans le même temps, la bourse indienne reste relativement survalorisée.
Au sein du secteur technologique, nous avons réalisé des prises de bénéfices partielles. En raison des solides performances des entreprises de semi-conducteurs et des sociétés bénéficiant de la vague d’investissements dans l’IA, la pondération des actions technologiques avait fortement augmenté. Bien que nous restons convaincus du potentiel à long terme de l’intelligence artificielle, les gestionnaires ont jugé opportun de sécuriser une partie des bénéfices accumulés. Le secteur reste toutefois surpondéré dans le portefeuille.
Obligations
La position en obligations des marchés émergents libellées en devises fortes, principalement en dollars, a également été légèrement diminuée. Les bénéfices réalisés et la forte volatilité du dollar ont constitué la base de cette décision.
La couronne norvégienne a connu une forte hausse cette année, soutenue par la hausse des prix du pétrole et son impact positif sur l'économie norvégienne. De ce fait, les obligations d'entreprises scandinaves ont également enregistré de solides performances. Afin de limiter les fluctuations de change imprévues, le risque de change sur la couronne norvégienne a été couvert, tandis que l'exposition à l'économie scandinave a été maintenue.
Les obligations d'entreprises européennes restent attractives aujourd'hui. Des résultats d'exploitation solides et des primes de risque plus élevées soutiennent cette classe d'actifs. C'est pourquoi nous avons continué à investir dans des obligations d'entreprises européennes de qualité. En fonction de leur qualité, celles-ci offrent actuellement des taux d'intérêt compris entre environ 3,5 % et près de 6 %, des niveaux que nous n'avions plus observés depuis des années. La sélectivité reste ici cruciale, tant en termes de qualité de crédit que de durée.
Au sein d’un fonds mixte, ces taux d’intérêt plus élevés offrent à nouveau une réserve importante contre d’éventuelles fluctuations sur les marchés des actions. En termes financiers, on parle de corrélation négative : les obligations peuvent offrir une protection lorsque les marchés des actions sont temporairement sous pression.
Au sein d'Argenta Select, nous avons légèrement renforcé notre position en obligations d'entreprises scandinaves, tout en couvrant intégralement le risque de change. Par ailleurs, l'exposition aux obligations d'État des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'Espagne a été réduite. Avec les fonds ainsi libérés, nous avons investi dans des obligations d'entreprises de qualité en euros et avons légèrement renforcé notre position en obligations d'État françaises.
Au sein de la position en matières premières, l'investissement dans l'uranium a été encore renforcé. En effet, la demande d'uranium est moins sensible aux fluctuations de prix que celle d'autres métaux industriels. Dès que les réacteurs nucléaires sont opérationnels, l'uranium reste indispensable à leur fonctionnement, quel que soit son prix. Parallèlement, les investissements ont été insuffisants pendant des années du côté de l'offre, ce qui, selon les gestionnaires, rend l'uranium intéressant en tant qu'investissement à long terme.
Conclusion
Nous conservons une approche légèrement positive sur les marchés, tout en mettant en place des mesures de protection supplémentaires contre une éventuelle hausse de l'inflation. En effet, une inflation plus élevée s'accompagne souvent d'une hausse des taux d'intérêt, ce qui peut peser tant sur les obligations que sur le marché des actions. C'est pourquoi nous continuons à suivre de près l'évolution de l'économie et les risques de marché.
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