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Février : résultats d’entreprises, doutes autour de l’IA, incertitude tarifaire et le conflit en Iran
12 mars 2026
Auteur : Sebastiaan Grenné, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management
Février a été un mois mouvementé pour les investisseurs. La saison des résultats était en cours et se révélait prometteuse, mais les opérateurs de marché ont commencé à s'interroger sur les investissements liés à l'IA. La Cour suprême a déclaré illégaux les droits de douane imposés par Trump, replongeant le commerce mondial dans l'incertitude. Et à la fin du mois, la situation a dégénéré : les États-Unis et Israël ont décidé de lancer une attaque contre l'Iran. Que s'est-il passé exactement et quel impact cela a-t-il sur vos investissements chez Argenta ? Vous trouverez tous les détails dans cette mise à jour.
Le conflit au Moyen-Orient
Impossible d'aborder la mise à jour mensuelle sans évoquer l'escalade du conflit au Moyen-Orient. Le 28 février, les États-Unis ont lancé leur 2e intervention militaire majeure de l'année. Après avoir attaqué le Venezuela dans le but d'arrêter le président vénézuélien, ils ont cette fois ciblé l'Iran. Une frappe aérienne de grande envergure a été menée conjointement avec Israël. Grâce au travail de renseignement, les forces américaines et israéliennes ont pu neutraliser, lors d'une seule opération, plusieurs personnalités importantes du régime iranien, dont le Guide suprême, l'ayatollah Khamenei.
Le conflit s'est ensuite rapidement étendu. Selon le gouvernement américain, des milliers de cibles en Iran ont été frappées, l'objectif principal étant d'affaiblir la capacité de riposte du pays : systèmes de défense aérienne, rampes de lancement de missiles, bases de drones et autres infrastructures militaires. L'Iran réagit avec vigueur, attaquant un nombre croissant de cibles qu'il considère liées aux États-Unis ou à Israël, même lorsqu'elles sont situées dans des pays voisins qui n'étaient pas initialement parties prenantes au conflit. Les infrastructures essentielles à l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz sont également visées. Parallèlement, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, voie de passage par laquelle transite environ 20 % du commerce mondial de pétrole.
Le week-end dernier, l'Iran a élu le successeur de l'ayatollah : Mojtaba Khamenei, fils de l'ancien guide suprême. Il est réputé pour sa ligne dure, et il est donc fort probable que l'Iran poursuive sa lutte contre ses opposants, mène des attaques contre ses voisins et tente de perturber davantage le commerce mondial du pétrole. Il est vrai que certaines voix en Iran prônent la négociation et la désescalade, et les récentes attaques ont affaibli une partie de leurs capacités militaires. Pour l'instant, cependant, ces positions modérées ne rencontrent guère de soutien et les contre-attaques se poursuivent sans relâche.
Lundi matin (9 mars), les événements ont provoqué des turbulences sur les marchés financiers. Le prix du pétrole a ouvert en hausse de 30 %, atteignant 120 dollars le baril, et les marchés boursiers asiatiques ont également ouvert en forte baisse. Plus tard dans la matinée, les marchés se sont stabilisés, limitant temporairement les pertes des actions. Le prix du baril de pétrole brut Brent se situe au moment de la rédaction autour de 105 dollars, mais reste très volatil. Dans la soirée, Trump a tenté de calmer les esprits en annonçant que l’intervention militaire était presque terminée, même s’il a ajouté immédiatement que les bombardements s’intensifieraient fortement si l’Iran perturbait les approvisionnements en pétrole. Au final, la confusion règne quant aux vraies intentions du président américain.
Quelles actions de gestion avons-nous prises ?
Une crise pétrolière prolongée représente un risque important pour le scénario positif que nous avions envisagé pour les actions. Nous expliquerons ci-dessous pourquoi ce scénario restait justifié jusqu'alors, mais dès lundi matin, il est devenu évident que le risque d'une crise pétrolière prolongée était devenu trop élevé.
Par conséquent, nous avons décidé de réduire la part des actions dans les fonds. Pour ce faire, nous avons vendu des ETF fortement investis en actions européennes. Nous avons délibérément choisi de réduire ce segment car l'Europe, à l'instar de l'Asie, est particulièrement sensible à la hausse des prix de l'énergie.
La crise au Moyen-Orient a naturellement des répercussions sur les investissements alternatifs des fonds Select. Cela se traduit principalement par une forte hausse des prix de l'énergie, l'Iran ayant réussi à paralyser une grande partie du commerce mondial du pétrole et du gaz. En début d'année, nous avons commencé à nous positionner sur les produits pétroliers. Les prix de ces produits ont fortement augmenté ces dernières semaines.
Par ailleurs, les fonds restent investis dans les métaux précieux. L'or constitue traditionnellement une valeur refuge solide en période de crises géopolitiques. Cependant, à long terme, l'or peut nous offrir une certaine diversification si le climat se détériore. En revanche, la position sur l'argent a été presque entièrement liquidée. La volatilité de l'argent a atteint un tel niveau qu'il est difficile de compter sur lui comme valeur refuge. Cela se reflète également dans le prix de l'argent : malgré la baisse du dollar, il a chuté depuis le début du conflit.
Malgré les perspectives favorables que nous avions envisagées pour les actions jusqu'alors, nous avons considérablement réduit la pondération des actions au sein des fonds Select en février, avant même le début du conflit. Cette décision a été prise pour des raisons de gestion des risques : dans le contexte actuel d'incertitude des marchés, il ne nous semblait plus justifié de maintenir une exposition excessive aux actifs risqués. Par conséquent, l'allocation en actifs risqués (actions et matières premières) a été réduite.
Nous conservons temporairement en liquidités les capitaux provenant des ventes d'actions réalisées début mars, afin de pouvoir réagir rapidement à toute évolution de la situation. Nous suivons de près plusieurs développements :
- Des négociations officielles auront-elles lieu entre les États-Unis et l'Iran ? Pour l'instant, seules des rumeurs circulent, et aucune confirmation officielle n'a été apportée. Au contraire, la communication agressive des autorités des 2 pays ne fait qu'attiser le conflit.
- Une solution sera-t-elle trouvée pour le transport maritime commercial dans le détroit d'Ormuz ? À l'heure actuelle, l'Iran semble avoir effectivement bloqué ce passage crucial pour le commerce mondial du pétrole.
- Observe-t-on des signes d'escalade, ou au contraire de désescalade ? De plus en plus de pays du Moyen-Orient s'impliquent-ils dans le conflit ? Quelle est la réaction de l'Europe ? Et quelle est la capacité de l'Iran à lancer des contre-attaques ?
- Enfin, nous surveillons de près les indicateurs techniques des marchés financiers. Observe-t-on des signes de capitulation totale ? Pourrions-nous assister à une véritable vague de ventes paniques ?
Février 2026
Alors que le conflit au Moyen-Orient monopolise l'attention, on en oublierait presque qu'il y a eu aussi un certain nombre de développements sur les marchés financiers le mois dernier, sans lien avec les événements militaires.
Malgré les tensions géopolitiques, février a été un mois positif pour les marchés d’actions mondiaux. Libellés en euros, ces derniers ont progressé de 1,4 %.
Les obligations ont affiché de bonnes performances le mois dernier, notamment les obligations d'État très sensibles aux variations des taux d'intérêt.
Les obligations d'entreprises bénéficiant d'une notation de crédit élevée ont également affiché une performance positive. Seules les obligations à haut rendement – des obligations d'entreprises dont la notation de crédit est plus faible – ont sous-performé. Ces catégories d'obligations ont souvent tendance à accuser un retard en période d'incertitude économique.
Conclusion
L'escalade du conflit au Moyen-Orient provoque actuellement des bouleversements exceptionnels sur les marchés financiers. Parallèlement, comme expliqué précédemment, il est essentiel de ne pas perdre de vue les fondamentaux économiques sous-jacents et la performance des entreprises.
C’est précisément pourquoi vous pouvez compter sur les gestionnaires de fonds d’Argenta Asset Management, surtout en ces temps incertains. Nous suivons de près l’évolution de la situation, analysons son impact potentiel et l’intégrons dans la composition optimale de votre portefeuille d’investissement.
La situation actuelle souligne une fois de plus l'importance d'un portefeuille bien diversifié, géré activement et adapté à votre profil de risque personnel.
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