Le guerre en Iran

3 mars 2026

Que s’est-il passé, et pourquoi?

Le 28 février, les hostilités militaires ont repris entre les USA/Israel et l’Iran (« Operation Epic Fury »). Trump a décidé de passer à l’action après avoir rassemblé durant plusieurs semaines une force gigantesque dans la région, pendant que les négociations avec l’Iran n’avançaient pas.

Les États-Unis étaient intervenus brièvement contre 3 installations d’enrichissement nucléaire à Natanz, Fordow et Ispahan en juin dernier lors de la guerre des 12 jours. Mais ici, l'engagement militaire américain est beaucoup plus fort que lors de cette opération. À l’époque, Trump avait forcé les Israéliens à suspendre leur campagne de destruction de la puissance militaire iranienne, offrant ainsi un répit au régime de Téhéran. Aujourd’hui, il justifie l’intervention par le fait que les officiels iraniens auraient tenté de reconstruire leur programme nucléaire et ont continué à développer des missiles à longue portée.

Comme pour le Venezuela, l’objectif semble être probablement un changement politique à la tête de l’Iran. L’administration américaine appelle en effet depuis des semaines les Iraniens à renverser leurs dirigeants. Et les opérations ont déjà abouti à l’élimination du guide suprême et de certains dirigeants de l’appareil militaro-politique du régime.

Quels sont les impacts potentiels?

1/ Extension du conflit

L’Iran effectue des bombardements extensifs d’objectifs théoriquement liés aux États-Unis et à Israël (bases militaires, ambassades…) mais qui se situent dans des pays tiers, essentiellement au Moyen-Orient (Qatar, Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite…). Ces pays ne réagissent pas militairement pour l’instant, mais subissent des conséquences telles que la fermeture de leur espace aérien. Par ailleurs, Israël a repris ses attaques sur le Hezbollah au Liban.

2/ Impact sur les cours de l’énergie

Les efforts iraniens visant à bloquer le détroit d'Ormuz, où transite 20 % de la production pétrolière mondiale, sont une menace réelle pour l’économie mondiale, mais la capacité à mener un blocus total et prolongé demeure une question ouverte à ce stade. Le maintien d'un tel blocus sera compliqué par les difficultés rencontrées par l'armée iranienne ces dernières années. Le minage du détroit constitue un risque à surveiller (pouvant rendre le passage de la quasi-totalité des navires pratiquement impossible), mais son efficacité reste relativement incertaine dans ce contexte. Si l'Iran bloquait physiquement le détroit, les efforts déployés par les États-Unis, le Royaume-Uni et leurs alliés pour briser ce blocus accroîtraient le risque d'un conflit armé s'étendant à la mer.

La simple menace d'un blocus suffira à engendrer un minimum de perturbations (notamment du point de vue des assurances), plusieurs compagnies énergétiques ayant déjà donné l'ordre à leurs pétroliers de ne pas traverser le détroit. Les signaux annonçant des frappes imminentes ces dernières semaines ont entraîné une hausse concomitante des prix du pétrole ; on peut s'attendre à une pression à la hausse supplémentaire dans l'intervalle, tant que les hostilités se poursuivent.

3/ L’impact sur les marchés financiers

Sur les marchés boursiers, l’impact est clairement négatif mais assez limité à l’heure actuelle. La plupart des indices reculent d’environ 2 % au moment d’écrire ces lignes. Plusieurs stratégistes pointent le fait que dans le passé, ce genre d’événements militaires et géopolitiques ont plutôt été l’occasion de profiter des baisses pour faire son marché car elles ont été à chaque fois de courte durée. Beaucoup dépendra de la durée du conflit et de l’impact prolongé ou non sur les prix de l’énergie. Entretemps, les actifs généralement considérés comme des valeurs refuge, comme l’or ou le dollar, progressent.

L’élément positif est que cet événement se produit dans un contexte où l’économie mondiale est généralement en bonne santé et montrait même récemment des signes d’accélération. N’oublions pas non plus que les banques centrales peuvent également décider d’intervenir par des baisses de taux opportunistes, comme elles l’ont déjà fait dans le passé. Même si elles devront également soigneusement évaluer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation mondiale.

Conclusion

Ce genre de choc exogène souligne en tous cas l’importance d’être suffisamment diversifié dans la gestion des portefeuilles, un principe que nous avons l’habitude de soigneusement appliquer au sein d’Argenta Asset Management. Il est également essentiel d'investir dans un fonds adapté à votre profil de risque. Les gestionnaires de fonds d'Argenta Asset Management continueront de suivre de près la situation pour vous.

Nous vous invitons par ailleurs à consulter notre flash mensuel qui sera publié la semaine prochaine pour plus de détails à ce sujet et sur le positionnement des fonds.

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