- Votre choix linguistique sera sauvegardé.
- Votre agence sera enregistré.
- Votre session est sécurisée.
- Vous verrez la version standard de notre site web. Le contenu n'est pas adapté à vos préférences.
Rapport trimestriel T4 2025 : Des marchés boursiers résilients malgré le blues du shutdown et la fluctuation des taux d'intérêt.
9 janvier 2026
Auteur: Xander Michielsen, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management
Le dernier trimestre 2025 n'est pas passé inaperçu. Jusqu'à début novembre, les indices boursiers ont progressé régulièrement, soutenus par une croissance économique solide, une inflation maîtrisée et de nouveaux accords commerciaux avec le Japon, la Corée du Sud et la Chine.
Cependant, le sentiment du marché s'est inversé à partir de la mi-novembre. Les doutes quant à la politique future de la banque centrale américaine et la plus longue paralysie des services gouvernementaux de l'histoire des États-Unis ont engendré un climat d'inquiétude. Par ailleurs, l'incertitude croissante concernant la rentabilité des investissements dans l'intelligence artificielle a provoqué un repli temporaire des marchés.
Dans les semaines qui ont suivi, la confiance s'est rétablie et les marchés ont pu repartir à la hausse, l'Europe menant la danse. Le marché boursier chinois, qui a connu un trimestre particulièrement faible, a fait exception.
Le marché obligataire a affiché des résultats mitigés au 4e trimestre. Une grande partie des gains accumulés a été effacée par la pression croissante sur les taux d'intérêt depuis début décembre. Cette situation a été déclenchée par une déclaration marquante au sein la BCE : Isabel Schnabel a laissé entendre qu'une hausse des taux d'intérêt était possible en 2026. Elle a étayé cette hypothèse en affirmant que l'économie européenne était plus résiliente que prévu et connaissait même une croissance supérieure à son potentiel. Cela contraste fortement avec l'idée que la BCE dispose d'une marge de manœuvre pour baisser les taux d'intérêt afin de soutenir l'économie.
Que s'est-il passé dans le monde ?
L’économie mondiale continue de croître, les données macroéconomiques temporairement perturbées
Le blocage des services de l'administration américaine a débuté début octobre et s'est prolongé jusqu'à mi-novembre. Cette impasse politique a non seulement perturbé l'activité économique, mais a également eu un impact considérable sur la disponibilité des données. En raison de l'arrêt de la collecte de données officielles, de nombreuses statistiques économiques sont incomplètes ou difficiles à interpréter, ce qui complique l'analyse des tendances et la prise de décisions politiques.
Les directeurs d’achats sont positifs
La résilience des marchés boursiers est soutenue par une économie mondiale qui poursuit sa croissance régulière. Les indicateurs PMI dans toutes les grandes régions témoignent d'une nouvelle accélération de l'activité économique, notamment en Chine, au Japon et en Inde. Aux États-Unis, les chiffres se sont redressés ces derniers mois grâce à la vigueur du secteur des services. Ce secteur, principal moteur de l'économie américaine, maintient cette dernière à flot. Le secteur manufacturier américain demeure toutefois en phase de repli.
Marché de l’emploi affaibli aux États-Unis, en ligne avec la tendance
Les chiffres de l'emploi aux États-Unis se sont encore dégradés, le taux de chômage s'établissant à 4,6 %, une tendance qui se poursuit depuis un certain temps. Début 2025, plusieurs mesures correctives ont été mises en œuvre, entraînant une baisse significative du nombre d'emplois créés. Ce recul s'explique notamment par les importantes suppressions d'emplois publics décidées par le gouvernement suite aux réformes politiques.
Les chiffres de l'emploi aux États-Unis ont également été fortement perturbés par la paralysie du gouvernement et le manque de données. Par conséquent, les chiffres du chômage doivent être interprétés avec prudence. La première conclusion est que le marché du travail s'affaiblit, mais les chiffres ne sont pas alarmants.
Inflation : une possible sous-estimation des chiffres
Les chiffres de l'inflation ont également été faussés par la fermeture des services publics puisqu’aucune donnée n’a été collectée pendant cette période Ces chiffres étaient par conséquent bien inférieurs aux prévisions. En temps normal, ce serait un signe positif, mais l'inflation réelle pourrait être nettement plus élevée. Par ailleurs, l'inflation anticipée a fortement chuté aux États-Unis, ce qui indique que les pressions inflationnistes sont temporaires et pourraient encore s'atténuer.
En Europe, la situation est beaucoup plus claire. L'inflation, tant réelle qu'anticipée, est faible et stable.
La banque centrale américaine poursuit son assouplissement monétaire malgré les données perturbées
La Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé son taux directeur à 2 reprises au 4e trimestre, malgré la rareté des données économiques disponibles en raison de la paralysie des services gouvernementaux. La Fed poursuit un équilibre entre 2 objectifs : un niveau d’inflation acceptable et la protection du marché du travail. La pertinence de ces choix ne se révèlera qu’en 2026. En procédant à des baisses prudentes, la Fed se ménage une marge de manœuvre au cas où l’inflation ne diminuerait pas davantage. Le marché anticipe au moins une nouvelle baisse de taux en 2026.
Les baisses de taux d'intérêt européennes attendues semblent toujours inexistantes, même si ces attentes ont réagi aux propos d'Isabel Schnabel en bougeant à la hausse. Au final, c'est principalement le taux d'intérêt à long terme qui a été affecté.
Les taux européens de long terme repartent à la hausse
Les taux d'intérêt européens ont progressé au 4e trimestre, principalement suite aux déclarations d'Isabel Schnabel lors de son entretien avec Bloomberg début décembre. Mme Schnabel s'est dite « à l'aise » avec les anticipations actuelles du marché, n'excluant pas une hausse des taux en 2026. Ce signal a incité le marché à anticiper une politique monétaire plus restrictive, entraînant une hausse des rendements obligataires et un durcissement des conditions financières.
Cette déclaration a surpris, car la BCE dispose, en principe, d'une marge de manœuvre pour baisser davantage ses taux d'intérêt. Malgré une légère amélioration des indicateurs PMI et de confiance, la croissance demeure très fragile. L'inflation est également maîtrisée et les prévisions tablent sur un nouveau ralentissement l'année prochaine. Une baisse des taux pourrait soutenir davantage la croissance, mais pour l'instant, la BCE maintient sa politique monétaire inchangée.
Le risque d’une politique restrictive en Europe est élevé. La hausse des taux d'intérêt et la faiblesse de la consommation pourraient compromettre une reprise fragile. Les entreprises sont confrontées à des coûts de financement plus élevés, tandis qu'un euro fort nuit aux exportations. Parallèlement, l'Europe exige des investissements massifs dans la défense, la transition énergétique et la digitalisation. Il est difficile de concilier ces impératifs avec une politique monétaire restrictive.
Comment les marchés ont-ils réagi ?
Progression des actions, obligations sous pression en raison de la hausse des taux de long terme
Globalement, les marchés boursiers ont poursuivi leur hausse. La forte performance des actions européennes a été particulièrement remarquable. Les actions indiennes et américaines ont également affiché de bons résultats. À l'inverse, le marché boursier chinois a traversé une période difficile, après une performance parmi les plus solides au trimestre précédent. L'économie chinoise est en difficulté et fortement dépendante des exportations, tandis que le marché intérieur et la consommation chinoise sont en berne.
Au niveau sectoriel, le secteur de la santé a enregistré un net redressement après une longue période de repli. Par ailleurs, les entreprises liées aux matières premières ont profité de la hausse des prix de ces dernières. Le secteur technologique a affiché des performances moyennes, en partie à cause du repli qu'il a connu en novembre.
Le dernier trimestre 2025 a été marqué par d'importantes fluctuations sur les marchés obligataires : une tendance positive durant les premiers mois, avant une nouvelle hausse des taux d'intérêt.
Les fonds essentiels
Tous les compartiments des fonds essentiels ont de nouveau généré des rendements positifs au cours du dernier trimestre. Le segment actions, en particulier, a contribué à ces résultats, ce qui explique la forte progression des fonds dynamiques. Toutefois, les choix d'investissements actifs au sein du portefeuille obligataire ont également joué un rôle important, malgré la hausse générale des taux d'intérêt.
Comment sommes-nous positionnés pour 2026 ?
Nous anticipons un nouvel assouplissement du taux directeur américain en 2026, complété par des mesures de relance budgétaire. Les bénéfices des entreprises et la consommation demeurent solides, ce qui nous rend de nouveau optimistes quant aux actions américaines.
Le marché boursier européen a connu une très bonne année, mais cela s'explique principalement par une réévaluation plutôt que par une croissance spectaculaire des bénéfices. La croissance économique en Europe demeure faible. Si la BCE peut encore baisser ses taux d'intérêt, certains préconisent une hausse. Cette situation accroît l'incertitude quant à la politique monétaire. Par ailleurs, la récente hausse des taux d'intérêt à long terme réduit l’oxygène financière, mais crée aussi des opportunités au sein du portefeuille obligataire européen.
Conclusion
Le 4e trimestre a été marqué par une certaine volatilité : un démarrage en force, porté par la hausse des marchés d’actions et une croissance solide, a été suivi d’une correction due à l’incertitude entourant la politique américaine, la paralysie des services gouvernementaux et les doutes concernant l’intelligence artificielle. Le sentiment des investisseurs s’est finalement redressé, l’Europe menant la danse et la Chine constituant le maillon faible.
Les obligations ont subi des pressions en raison de la hausse des taux d’intérêt à long terme, consécutive aux signaux restrictifs de la BCE, mais un positionnement actif a permis de bien gérer ces remous. Tous les fonds essentiels ont clôturé en territoire positif, les fonds dynamiques affichant des rendements supérieurs grâce aux actions.
Perspectives 2026 : La croissance mondiale demeure modérément positive, la banque centrale américaine poursuit sa politique monétaire accommodante, tandis que la politique de la BCE reste incertaine. Cette situation crée des opportunités sur les actions américaines (petites et moyennes capitalisations) et dans une gestion sélective des obligations européennes, complétée par des choix judicieux d’obligations d’entreprises scandinaves à haut rendement et d’obligations d’État des marchés émergents.
Lire plus
-
Après l’épisode volatil, le rallye de Noël ?
5 décembre 2025L'incertitude quant à la politique de la banque centrale américaine, la montée des tensions géopolitiques, la plus longue paralysie de l'administration américaine de l'histoire et les inquiétudes liées à une possible surévaluation des grandes entreprises technologiques ont rendu les marchés boursiers particulièrement volatils en novembre. Après une forte hausse des actions mondiales au cours des six derniers mois, les trois premières semaines de novembre ont été marquées par une correction brutale.
-
Le marathon asiatique de Donald Trump
7 novembre 2025Le mois d’octobre, tout comme septembre, n’a pas freiné l’enthousiasme des investisseurs malgré sa mauvaise réputation. Les bourses sont toujours portées par la combinaison favorable d’une économie en croissance modérée et d’une inflation encore raisonnable en dépit de la guerre commerciale. Les obligations ont dans leur ensemble également connu un mois positif.
-
Rapport trimestriel Q3 2025 : Un trimestre épargné par les remous
10 octobre 2025Alors que les mois d’été, et surtout le mois de septembre, sont souvent redoutés pour les risques de correction des marchés d’actions, rien de tout cela ne s’est produit cette année. Les indices boursiers ont régulièrement progressé, avec des nouveaux records à la clef aux États-Unis. Le marché obligataire a évolué de manière plus contrastée, mais sans grand tumulte.