Une croissance résiliente maintient les marchés sur la bonne voie

10 septembre 2026

Auteur : Sebastiaan Grenné, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management

Le mois d'août a été caractérisé par des marchés d'actions en légère hausse, mais également par des inquiétudes croissantes concernant les taux d'intérêt, la soutenabilité des valorisations boursières et la situation géopolitique.

Aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq ont poursuivi leur progression, portés par de solides prévisions de bénéfices et par la poursuite des investissements dans l'IA. Parallèlement, les investisseurs se sont montrés plus critiques à l'égard des valorisations des actions technologiques.

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L'attention s'est par ailleurs déplacée vers les marchés obligataires. Les taux d'intérêt à long terme américains et européens sont en hausse en raison d'inquiétudes concernant l'inflation, les déficits budgétaires et une croissance plus élevée. La marge de manœuvre pour des baisses de taux que nous pressentions en début d'année est passée au second plan, cédant la place à la question de savoir quand interviendront les hausses de taux. Cela accentue également la pression sur les taux à long terme.

Que s’est-il passé dans le monde ?

La zone euro 

Ces dernières semaines, nous voyons apparaître davantage de nouvelles économiques positives pour notre région. Après des années de croissance sous pression (cf. la guerre en Ukraine), nous constatons récemment de belles progressions des indicateurs de confiance. L'Allemagne, pilier traditionnel de la zone euro, est en difficulté, mais les enquêtes montrent que le pire devrait être derrière nous. C'est ce que l'on observe dans l'industrie à forte intensité énergétique (chimie, métaux, verre ou raffinage), où nous constatons une tendance à la reprise.

De plus, nous constatons que les prêts nets aux ménages augmentent (un signe précurseur de croissance) et que le taux d'épargne diminue légèrement. La population consacre donc une partie de son épargne à des achats ou à des investissements. Notre taux d'épargne se situe largement au-dessus de celui des États-Unis ; nous disposons donc d'une marge de croissance supplémentaire.

Aux Pays-Bas également, nous observons des signaux positifs. Ainsi, l’Office central de la statistique a signalé que les embauches, les exportations et l'industrie obtiennent des résultats meilleurs que prévu.

Pour les gestionnaires, ce sont des raisons suffisantes pour maintenir leur vision optimiste sur les actions de la zone euro. Depuis le début de l'année, cette perspective positive a été continuellement revue à la hausse, et les chiffres récents renforcent notre opinion.

Les États-Unis

Les États-Unis connaissent également une forte dynamique de croissance. Ainsi, l'indicateur GDP Now de la Fed d'Atlanta pointe vers des mois de croissance prometteurs pour le pays. Cet indice fournit une estimation en temps réel de la croissance du produit national brut réel (revenu total).

Le marché de l'emploi connaît un ralentissement, mais le nombre de nouvelles embauches en juillet ne présente pas d'écart significatif par rapport aux 12 derniers mois. De plus, un marché du travail qui se refroidit freine la croissance des salaires, ce qui soutient les marges bénéficiaires des entreprises.

Il est clair que le développement de l'IA influence l'ensemble de l'économie. Les commandes de biens durables ont augmenté, dépassant ainsi les prévisions. Il s'agit par ailleurs de la quatrième hausse en cinq mois. L'indicateur PMI industriel régional (enquêtes auprès des entreprises) a grimpé à son niveau le plus élevé depuis fin 2021. Un signe clair d'un climat des affaires positif.

La consommation apporte également sa contribution avec une révision à la hausse de la croissance trimestrielle. Les consommateurs se sont également montrés plus positifs à l'égard du marché du travail : la proportion de ceux qui évaluent favorablement les perspectives d'emploi a augmenté en août. 

Comment les marchés ont-ils réagi ? 

Obligations 

Les cours des obligations ont été légèrement sous pression au cours de la période allant de mi-juillet à mi-août : au niveau mondial, nous avons observé une perte limitée.

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Les marchés d'actions font preuve de résilience

Comme vous avez pu le lire dans la partie économique, on observe aujourd'hui une croissance économique résiliente. Cela constitue un terreau fertile et une condition essentielle à un climat boursier sain.

Fait remarquable, l'indice S&P 500 a progressé d'un peu plus de 10 % depuis le début de l'année, tout en étant devenu moins onéreux. La raison réside dans les bénéfices des entreprises : la croissance attendue des bénéfices pour les douze prochains mois a en effet augmenté deux fois plus vite que l'indice lui-même. En conséquence, le ratio cours/bénéfice basé sur les bénéfices attendus (appelé 12-month forward P/E) a diminué.

De plus, cette croissance des bénéfices est largement partagée. Les petites et moyennes entreprises (small and mid caps) en profitent également. C'est une excellente nouvelle, d'autant plus que nos fonds maintiennent une vision positive sur ce segment depuis des mois.

Les actions de gestion dans les fonds

Stratégie obligataire

Pour l'achat d'obligations, les gestionnaires effectuent une analyse détaillée.

  • Allemagne : nous avons réduit notre exposition vers une position neutre sur les titres d'État allemands. Les fonds ainsi libérés ont été utilisés pour acheter des obligations d'État grecques.
  • France, Italie et Belgique : nous adoptons une approche prudente. En ce qui concerne la Belgique, nous considérons cela comme une position défensive temporaire durant les négociations gouvernementales. Bien que celles-ci puissent s'éterniser et peser temporairement sur le cours des obligations, nous tablons sur une issue positive.
  • Pays-Bas, Espagne et Irlande : le ton est plus optimiste pour ces pays. Ce sont des pays solides présentant une marge positive par rapport aux titres allemands et dotés de fondamentaux très robustes.
  • Obligations d'entreprises : outre les obligations d'État, nous détenons des obligations d'entreprises libellées en euros présentant des bilans solides, y compris des titres à haut rendement en provenance de Norvège (avec une couverture de change partielle).
  • États-Unis : une position limitée dans le portefeuille. Nous sommes ici prudents en raison de considérations liées à l'inflation. Nous avons vendu la moitié de ces obligations d'État en plusieurs étapes. En contrepartie, nous avons acheté des obligations offrant une protection contre la hausse des taux d'intérêt : les obligations indexées sur l'inflation ou TIPS (Treasury Inflation-Protected Securities). Nous sommes ainsi partiellement protégés en cas de hausse des anticipations d'inflation.
  • Nous restons positifs à l'égard des obligations des pays émergents en monnaie locale.

Stratégie actions 

Les gestionnaires ont activement ajusté le portefeuille au cours de la période écoulée :

  • Inde : nous avons constitué une position limitée en actions indiennes. Le pays  connaît une forte croissance économique et la croissance des bénéfices y devient de plus en plus visible. Bien que les valorisations restent élevées, elles ont légèrement fléchi récemment. Nous considérons ce marché comme une diversification supplémentaire intéressante au sein du portefeuille d'actions (par exemple, pour faire contrepoids au secteur technologique).
  • Japon : nous avons partiellement réduit notre position en actions japonaises. Cette prudence découle du fait que les bonnes nouvelles sont en grande partie intégrées dans les cours, alors que les risques macroéconomiques augmentent (comme un yen très faible qui pourrait soudainement s'inverser).
  • Corée du Sud & Technologie : au cours des mois de juillet et d'août, nous avons opportunément tiré parti de la volatilité au sein du secteur technologique sud-coréen. Ce marché s'est transformé durant la période écoulée en un pur AI/memory trade avec de nombreuses opportunités d'arbitrage. Nous avons échangé des actions chères contre des alternatives plus abordables et avons profité des écarts de prix entre la Corée du Sud, Taïwan et les États-Unis. Le point crucial ici est que la demande fondamentale pour les applications d'IA reste extrêmement solide, même si certaines valorisations élevées provoquent d'importantes fluctuations de cours (volatilité) à court terme.

Conclusion

Nous conservons une vision optimiste pour les actions, avec une préférence spécifique pour la zone euro et les États-Unis, où le secteur technologique continue de bénéficier d'attentes de bénéfices élevées. De plus, nous portons un regard positif sur le secteur bancaire. En revanche, nous avons pris quelques bénéfices dans le secteur pharmaceutique, ce qui fait que nous y sommes désormais positionnés de manière légèrement positive.

Le ciel est-il donc dégagé de tout nuage ? Bien sûr que non ; les risques guettent toujours au tournant.

  • Les taux d'intérêt : des taux d'intérêt plus élevés peuvent peser sur le rendement des actions.
  • Des attentes de bénéfices élevées : les marges bénéficiaires historiquement élevées et les attentes de marché élevées constituent également des obstacles potentiels à terme.

C'est précisément dans un tel climat que la gestion de patrimoine professionnelle prouve sa valeur : par le biais d'un suivi actif et d'ajustements immédiats si nécessaire. Pour le trimestre à venir, nous restons quoi qu'il en soit modérément optimistes.

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