2e trimestre 2026 : Croissance économique et solides résultats des entreprises

16 juillet 2026

Auteur : Sebastiaan Grenné, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management

Les marchés financiers sont restés très dynamiques au cours du trimestre écoulé. Les développements géopolitiques, l’évolution des anticipations de taux d’intérêt et l’impact de l’intelligence artificielle jouent un rôle important à cet égard. Parallèlement, on observe des différences marquées entre certaines régions, certains secteurs et certaines classes d’actifs. C’est pourquoi une approche d’investissement active et sélective reste essentielle. Dans cet aperçu, vous découvrirez comment les marchés ont évolué et quels choix les gestionnaires de fonds ont opérés au cours du dernier trimestre.

Que s’est-il passé dans le monde ?

Une percée diplomatique au Moyen-Orient

À la mi-juin, les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord sur la cessation des hostilités. Les marchés financiers ont réagi positivement. Le prix du pétrole a baissé à environ 72 dollars le baril, les taux d’intérêt américains à long terme se sont stabilisés juste en dessous de 5 % et les investisseurs ont poussé un soupir de soulagement.

Au cours de la 2e semaine de juillet, de nouvelles attaques réciproques ont eu lieu et le président Trump a déclaré que le cessez-le-feu était rompu. Il est encore difficile de prédire comment la situation va évoluer. Nous restons stratégiquement positionnés pour pouvoir réagir rapidement à tous les scénarios possibles.

La baisse du prix du pétrole apaise l’inflation

La baisse du prix du pétrole atténue la pression sur l’inflation. Une énergie moins chère se traduit souvent par une baisse des coûts pour les entreprises et les consommateurs. Cela réduit également le risque d’un cercle vicieux où la hausse des prix entraîne des augmentations salariales, qui à leur tour entraînent de nouvelles hausses de prix.

Dans le même temps, la baisse des prix de l’énergie soutient la croissance économique. Les banques centrales restent donc vigilantes. Surtout aux États-Unis, où l’économie continue d’afficher des performances remarquablement solides. La banque centrale américaine va-t-elle à nouveau relever ses taux d’intérêt pour régir les risques d’inflation ? Cela pourrait alors entraîner temporairement une volatilité sur les marchés. Une croissance saine, combinée à une inflation maîtrisée, reste un scénario favorable pour les investisseurs.

L’Europe cherche toujours à retrouver son élan

L’économie européenne connaît des difficultés. La hausse des prix de l’énergie pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et augmente les coûts pour les entreprises. De plus, les conséquences de la crise du corona continuent de se faire sentir, ce qui rend la croissance fragile.

La concurrence internationale joue également un rôle. La pression s’intensifie notamment en provenance de la Chine sur certains secteurs industriels européens, tels que l’automobile et la chimie. De ce fait, le redressement économique en Europe reste pour l’instant limité.

Les États-Unis créent à nouveau la surprise

De l’autre côté de l’Atlantique, l’économie continue d’enregistrer de meilleures performances que ce que les analystes attendaient. C’est ce que montre notamment l’Economic Surprise Index, un indicateur qui mesure dans quelle mesure les chiffres économiques sont meilleurs ou pires que les prévisions des analystes. Fin juin, cet indice a atteint son plus haut niveau depuis mi-2023.

Le marché du travail reste lui aussi solide. Au cours des 5 premiers mois de l’année, 569.000 emplois ont été créés, soit nettement plus qu’au cours de la même période l’année dernière. Bien que la croissance de l’emploi ait été légèrement inférieure en juin, le taux de chômage a continué de baisser, passant de 4,3 % à 4,2 %.

Nous restons confiants dans la vigueur des entreprises technologiques innovantes, et en particulier dans celles qui tirent parti de la croissance de l’intelligence artificielle (IA).

Par ailleurs, la demande en semi-conducteurs continue de croître fortement. Les puces constituent aujourd’hui un élément essentiel de pratiquement tous les produits industriels. Les fabricants passent souvent leurs commandes 6 à 12 mois avant de lancer la production. La forte demande actuelle en semi-conducteurs est donc un indicateur précoce d’une nouvelle augmentation de l’activité industrielle et de la croissance économique aux États-Unis.

Comment les marchés ont-ils réagi à cela ?

Marchés obligataires : privilégier la qualité

Au sein des portefeuilles obligataires, nous privilégions les obligations d’État de pays solides de la zone euro, tels que l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique. Les réformes mises en œuvre par différents pouvoirs publics peuvent contribuer, à plus long terme, à une amélioration structurelle des finances des pouvoirs publics et soutenir ainsi la stabilité de ces émissions.

Nous restons prudents vis-à-vis des obligations d’entreprises à haut rendement (high yield). Bien que ces obligations offrent un taux d’intérêt plus élevé, nous estimons que la rémunération supplémentaire ne compense souvent pas suffisamment les risques accrus. Nous faisons toutefois une exception pour certaines obligations norvégiennes, pour lesquelles nous couvrons activement le risque de change.

Les obligations des marchés émergents restent également intéressantes. Elles offrent souvent un taux d’intérêt plus élevé que les obligations d’État européennes, ce qui peut en faire un complément précieux au sein d’un portefeuille obligataire bien diversifié. Les différences en matière de croissance économique, d’inflation et de flux de capitaux offrent à cet égard des opportunités intéressantes.

Les marchés d’actions restent résilients

Les marchés d’actions à l’échelle mondiale ont poursuivi leur tendance haussière au cours du dernier trimestre, malgré les tensions géopolitiques, les craintes inflationnistes et l’incertitude entourant la politique de taux d’intérêt des banques centrales.

Les évolutions au sein du secteur de l’IA entraînent également régulièrement des fluctuations sur le marché boursier. Le sentiment général est toutefois resté positif, soutenu par une économie mondiale résiliente et des résultats d’exploitation solides.

Un climat boursier plus diversifié

Les investisseurs américains élargissent progressivement leur champ d’intérêt. Outre les entreprises technologiques bien connues, ils recherchent de plus en plus souvent des opportunités dans l’industrie, les secteurs défensifs et les petites sociétés cotées en bourse.

Ces entreprises profitent elles aussi de la forte activité économique et des investissements dans l’intelligence artificielle. Il en résulte un climat boursier plus diversifié, où les rendements boursiers ne sont plus déterminés par un nombre restreint d’entreprises technologiques.

L’Europe mérite plus d’attention

Les actions européennes ont également affiché de solides performances. Les investisseurs internationaux recherchent de plus en plus souvent des marchés présentant des valorisations attractives et des perspectives de bénéfice favorables.

Bien que le sentiment à l’égard de l’Europe soit parfois prudent, la région dispose d’atouts majeurs. Des secteurs tels que l’aéronautique et l’aérospatiale, l’industrie pharmaceutique et la recherche comptent parmi les meilleurs au monde. Par ailleurs, les investissements dans les infrastructures, les énergies renouvelables et la défense soutiennent diverses entreprises européennes.

Dans notre sélection, nous accordons une attention particulière aux entreprises de qualité actives notamment dans les infrastructures énergétiques, la construction et les services financiers.

Prudence vis-à-vis du Japon

Le marché d’actions japonais a connu un premier semestre solide et a atteint des sommets historiques. Il convient désormais de faire preuve d’une plus grande prudence.

La banque centrale japonaise se trouve dans une phase de transition au cours de laquelle elle ajuste progressivement sa politique de taux d’intérêt. Parallèlement, la faiblesse du yen, la hausse des anticipations d’inflation et les tensions commerciales internationales sont sources d’incertitude supplémentaire. Après les forts accroissements du cours observés ces derniers temps, de nombreux investisseurs institutionnels consolident une partie de leurs gains.

Nous avons nous aussi réduit notre exposition au Japon.

Opportunités en dehors des marchés traditionnels

Plusieurs marchés émergents profitent des investissements à l’échelle mondiale dans l’intelligence artificielle. Non seulement les entreprises technologiques, mais aussi celles qui font partie de la chaîne de valeur au sens large peuvent en tirer parti.

En ce qui concerne l’Inde, nous restons pour l’instant plus prudents. Les valorisations y sont relativement élevées, tandis que les tensions commerciales, les fluctuations des taux de change et les flux de capitaux internationaux peuvent être source d’incertitude supplémentaire.

Quelles ont été nos actions au sein des fonds Select ?

La combinaison d’une forte croissance économique et de résultats d’exploitation solides justifie, selon nous, toujours une attitude positive à l’égard des actions.

Après que le cours du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril pendant le conflit au Moyen-Orient, nous avons pris nos bénéfices sur notre position. Suite au récent recul du cours du pétrole vers les 72 dollars le baril, nous avons réalisé une réduction de cet investissement. Les tensions géopolitiques persistent, ce qui rend tout à fait plausible une nouvelle hausse du cours du pétrole.

L’Amérique latine reste une région intéressante sur le marché des actions.

Voici quelques raisons :

  • des valorisations attractives ;
  • des perspectives de bénéfices favorables ;
  • une position forte en tant que producteur de matières premières ;
  • un intérêt croissant de la part des investisseurs internationaux.

Le Brésil joue un rôle important par la présente et fait donc partie de notre portefeuille.

Au cours du 2e trimestre, nous avons également pris une position sur l’uranium. Cet investissement s’inscrit dans le contexte d’une attention croissante portée à l’indépendance énergétique et d’un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire en tant que source d’énergie stable et à faible empreinte carbone.

À la fin du trimestre, nous avons de nouveau accru notre position sur l’or.

Bien que l’or ait été sous pression cette année, les facteurs structurels favorables restent selon nous intacts :

  • les banques centrales continuent de diversifier leurs réserves ;
  • l’or conserve son rôle de protection contre l’incertitude ;
  • le métal précieux contribue à la diversification d’un portefeuille mixte.

Conclusion

Nous continuons de croire en un portefeuille diversifié, composé d’un mélange équilibré d’obligations de qualité et d’actions soigneusement sélectionnées. Nous nous concentrons sur les régions et les secteurs présentant de solides perspectives de croissance structurelle, sans pour autant perdre de vue les risques. Dans un monde en mutation rapide, la discipline, la diversification et la sélectivité restent, selon nous, les piliers essentiels de la gestion de fonds.

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