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Des marchés solides malgré une volatilité accrue
13 août 2026
Auteur : Sebastiaan Grenné, gestionnaire de fonds chez Argenta Asset Management
Après un 1ersemestre solide, les marchés financiers sont restés résilients en juillet. Les fluctuations se sont toutefois accentuées en raison des tensions géopolitiques, de la hausse des taux obligataires et de l’intérêt persistant pour l’intelligence artificielle. Les bons résultats d’exploitation ont soutenu le sentiment du marché. Dans le même temps, les tensions au Moyen-Orient ont été source d’incertitude. Les annonces d’escalade et de désescalade se sont succédé presque quotidiennement. Début août, des signes d’un éventuel accord concernant le détroit d’Ormuz sont apparus. Cette nouvelle a apaisé les marchés.
Que s’est-il passé dans le monde ?
La croissance mondiale reste intacte, malgré les tensions géopolitiques
L'économie mondiale est restée résiliente en juillet. Des signaux positifs en provenance du secteur industriel, un marché de l’emploi stable et la poursuite des investissements dans l'intelligence artificielle ont soutenu la croissance. Bien que les tensions au Moyen-Orient aient influencé les prix de l'énergie, leur impact économique est resté limité.
États-Unis : la croissance reste solide
L’économie américaine continue de bénéficier d’une consommation soutenue et d’investissements importants dans les infrastructures d’IA. Les résultats trimestriels de plusieurs entreprises technologiques ont confirmé que la demande en solutions d’IA et en infrastructures cloud reste forte.
Europe : le rebond prudent se poursuit
L’Europe reste à la traîne par rapport aux États-Unis, mais plusieurs indicateurs laissent entrevoir un rebond progressif de l’industrie. La hausse des prix de l’énergie reste un sujet de préoccupation, même si la croissance économique reste positive.
Attention portée aux taux d’intérêt et à l’inflation
L’inflation est restée supérieure aux objectifs des banques centrales. De ce fait, l’évolution des taux d’intérêt a continué d’influencer les marchés. Tant aux États-Unis qu’en Europe, les taux d’intérêt à long terme ont encore augmenté. L’incertitude entourant l’inflation et les prix de l’énergie a joué un rôle important à cet égard.
Comment les marchés ont-ils réagi ?
Taux d’intérêt
La hausse des taux d’intérêt à long terme a pesé sur les taux des obligations. Les spreads de crédit des obligations d’entreprise sont restés relativement limités. Cela indique que, pour l’instant, les investisseurs ne s’inquiètent guère de la santé financière des entreprises.
Marchés d’actions : de l’engouement pour l’IA aux résultats concrets
En juillet, les marchés d’actions ont continué d’être soutenus par de solides résultats d’exploitation. Les investisseurs se sont particulièrement intéressés aux entreprises technologiques capables de démontrer que leurs investissements dans l’IA contribuent efficacement à la croissance de leur chiffre d’affaires et du bénéfice.
Évolution au sein du secteur de l’IA
Au sein du secteur technologique, la sélectivité a pris de plus en plus d’importance. Les investisseurs s’intéressent moins aux promesses et plus aux résultats concrets. Des entreprises telles que Microsoft et Amazon ont bénéficié de solides performances liées à l’intelligence artificielle. Dans le même temps, les entreprises affichant des investissements élevés et des retours moins visibles ont fait l’objet d’une évaluation plus critique de la part du marché.
Quelles ont été nos actions au sein des fonds Select ?
Notre vision concernant les fonds essentiels reste globalement inchangée. À l’heure actuelle, nous ne voyons aucune raison de modifier fondamentalement la répartition tactique entre actions et obligations. Au niveau des obligations, nous restons prudents. L’incertitude concernant les taux d’intérêt et l’inflation exige une approche sélective.
Pour les actions, les perspectives restent favorables. Les entreprises continuent d’afficher de solides résultats, non seulement dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais aussi dans des secteurs tels que les services financiers et l’énergie. C’est pourquoi nous conservons une légère préférence pour les valeurs technologiques et financières. Les secteurs de l’énergie, des télécommunications et des entreprises d’utilité publique restent sous-pondérés.
Marchés obligataires
Notre vision concernant les obligations reste prudente. L’inflation, les tensions géopolitiques et les niveaux élevés de dette publique, notamment aux États-Unis, en France et en Italie, restent des sujets de préoccupation majeurs.
Obligations d’État aux États-Unis
Aux États-Unis, nous restons prudents vis-à-vis des durées trop longues. Bien que l’on attende de nouveau une baisse de l’inflation, nous y observons plus de facteurs structurels favorisant l’inflation qu’en Europe.
Quelques exemples : l'économie florissante, un marché de l'emploi dynamique et la politique expansionniste du président Trump, qui a des conséquences sur la dette publique. Ces facteurs peuvent entraîner une hausse de l'inflation et des taux d'intérêt.
C’est pourquoi les durées des obligations détenues dans les fonds ont été raccourcies. Par ailleurs, une partie du portefeuille a été réorientée vers des obligations indexées sur l’inflation.
Les obligations TIPS (US Treasury Inflation-Protected Securities) sont des obligations d’État américaines qui offrent une protection contre l’inflation. Tant le montant du coupon que le capital peuvent évoluer en fonction d’un indice d’inflation (par exemple, l’indice des prix à la consommation américain ou CPI). Leur principale caractéristique est que le montant investi est ajusté en fonction de l’inflation.
Obligations d’État en Europe
En Europe, les préférences vont aux obligations d’État des Pays-Bas, de l’Allemagne, de l’Espagne et du Portugal. Ces pays allient une évolution relativement saine de leur dette à des rendements attrayants.
Nous adoptons une position légèrement plus modérée dans des pays comme la France et l’Italie, en raison de la dette publique plus élevée et de l’incertitude politique.
Obligations d’entreprises
En ce qui concerne les obligations d’entreprises, l’approche reste sélective. La rémunération supplémentaire par rapport aux obligations d’État est à un niveau historiquement bas. C’est pourquoi l’accent est principalement mis sur les obligations d’entreprises scandinaves de qualité.
Marchés d’actions
La combinaison du contexte macroéconomique et des valorisations boursières nous conduit à une position légèrement surpondérée en actions.
Dans ces secteurs, nous optons pour une surpondération :
Technologie
Malgré une exposition réduite, la technologie reste l’un de nos secteurs préférés.
Les dépenses d’investissement (CapEx) indiquent que les investissements dans les infrastructures d’IA continueront d’augmenter. Les hyperscalers (géants technologiques proposant des services cloud, de la puissance de calcul et du stockage de données) enregistrent une croissance bénéficiaire de près de 30 %, avec une forte visibilité sur leurs perspectives. De plus, leurs actions sont bon marché.
Secteur financier
Les banques européennes profitent du contexte actuel des taux d’intérêt et de la solidité de leurs bilans. Le secteur a récemment affiché de solides performances et présente des valorisations attractives (moins cher que leurs homologues américaines). Elles offrent également un rendement de dividende attractif et procèdent à des rachats d’actions.
Les banques de Wall Street ont publié la semaine dernière de très bons résultats trimestriels : JP Morgan, Goldman Sachs, Citigroup et Bank of America ont par exemple fait état d’un chiffre d’affaires combiné issu des opérations sur actions de 19 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 72 % par rapport à l’année dernière.
Parallèlement, on constate que les investisseurs internationaux voient plus d’intérêt pour le secteur bancaire, notamment en raison d’une rotation partielle au détriment du secteur technologique.
Santé
La santé reste un pilier défensif important au sein du portefeuille. La demande en médicaments et en soins médicaux reste stable, ce qui garantit des bénéfices récurrents et stables, même en période de ralentissement économique.
Par ailleurs, le vieillissement de la population à l’échelle mondiale entraîne une hausse structurelle de la demande en soins médicaux, en traitements des maladies chroniques et en solutions de santé innovantes.
En Europe notamment, le secteur offre une stabilité supplémentaire grâce à un environnement de soins plus réglementé et plus prévisible.
Matières premières
Pétrole
Après les baisses de prix précédentes, nous avons réinvesti dans le pétrole Brent.
Cette position s'est ensuite révélée favorable, les cours du pétrole ayant de nouveau connu une augmentation (passant de 73 dollars le baril à 90 dollars le 28 juillet).
- Les tensions géopolitiques persistent.
- Le prix du pétrole semblait sous-évalué.
- D'autres achats ont été effectués lors de phases de faiblesse du marché.
Or
Nous avons également racheté de l’or.
Le moment s'est avéré moins propice pour l'instant, car le cours de l'or a continué à baisser après la constitution de la position. Les gestionnaires continuent toutefois de voir des arguments en faveur d'un rebond.
- Incertitude géopolitique
- Achats par les banques centrales
- Diversification
Nous avons partiellement diminué notre position sur plusieurs autres matières premières. Nous avons pris nos bénéfices après les solides performances enregistrées plus tôt dans l'année.
Conclusion
La croissance économique se maintient. Des signaux positifs en provenance du secteur industriel, la poursuite des investissements dans l’intelligence artificielle et un commerce international vigoureux soutiennent l’économie.
À ce jour, le conflit avec l’Iran n’a qu’un impact limité sur la croissance économique. Les marchés continuent de tabler sur un éventuel accord. Ni les États-Unis ni l’Iran n’ont intérêt à une nouvelle escalade.
L’évolution de l’inflation reste un sujet de préoccupation majeur. Les cours du pétrole jouent à cet égard un rôle important. La banque centrale américaine reste vigilante, mais ne laisse pour l’instant entrevoir aucune nécessité de resserrer sa politique monétaire à court terme. De nouvelles informations seront disponibles en septembre.
En termes d’obligations, nous restons prudents et sélectifs.
Sur le marché des actions, nous restons légèrement surpondérés. Là aussi, nous faisons des choix ciblés. Au sein du thème de l’IA, l’attention se déplace progressivement vers les services financiers, les logiciels et d’autres parties du marché qui, jusqu’à présent, avaient moins retenu l’attention.
En Europe également, les prévisions de bénéfices continuent d’évoluer favorablement.
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